• Focus sur les quarts de finale de Fédérale 2
    Focus sur les quarts de finale de Fédérale 2 PATRICK DEREWIANY / PATRICK DEREWIANY
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Fédérale 2

Fédérale 2 : Focus sur les quarts de finale

Ce week-end verra s'affronter les 8 équipes encore en lice pour remporter le titre de Champion de France de Fédérale 2. Retour sur les quatre affrontements.

Mauléon - Issoire


Cela devait arriver : la collision entre les deux meilleures équipes des poules 7 et 8 aura lieu, dimanche, à Saint-Médard-de-Mussidan. Le choc promet de faire des étincelles entre deux formations qui ont survolé leurs phases régulières respectives, dominant complètement leur rugby et leurs adversaires, auxquels ils n’ont laissé que des miettes. Une main-mise qui s’est poursuivie lors des deux précédents tours de phase finale, où Mauléonais et Issoiriens ont parfaitement géré leurs deux double-réceptions ; éliminant coup sur coup Orléans et Salles pour les Souletins et Peyrehorade et Orthez pour les Auvergnats. Place maintenant aux matchs secs sur terrain neutre, ces rencontres où tout peut arriver. Ces deux équipes ambitieuses seront déchagées de toute pression au moment de se rencontrer, toutes deux ayant d’ores et déjà obtenu ce qu’elles étaient venues chercher en lançant leurs exercices : la montée en Fédérale 1. Alors qu’il est acquis depuis le tour précédent que Mauléonais et Issoiriens évolueront bien en élite amateur en 2019-2020, les dirigeants laissent leurs joueurs présider à la destinée de leurs saisons, comme le confiait Claude Pujolar, le président issoirien : "Bien sûr, nous voudrions aller le plus loin possible, et pourquoi pas remporter le titre. Mais nous ne faisons pas une fixation là-dessus. Les joueurs ont rempli le contrat en gagnant le droit de jouer en Fédérale 1 la saison prochaine. à partir de maintenant, chaque match remporté est un bonus, une sorte de cerise sur le gâteau…" Les Mauléonais, quant à eux, sont peu ou prou dans le même état d’esprit.

Deux équipes qui se ressemblent

"L’objectif, c’était la montée, avoue sans ambages Benat Queheille, président de Mauléon. L’objectif étant atteint, on devient de plus en plus gourmands ! Chaque semaine, on se demande pourquoi ne pas faire un tour de plus ? On connaît Issoire, ils nous ont battu l’an passé en phase finale, en Première et en Bélascain ! C’est une équipe qui nous ressemble un peu car ils misent sur leur formation. Mais ils bénéficient en plus d’un plus grand budget eu bassin rugbystique auvergnat." À qui la demie ? Réponse samedi en début de soirée !

 

Pamiers - Mazamet

 

Cela peut paraître un tantinet obsolète à l’heure de l’Occitanie, mais on a presque envie de parler de "derby midi-pyrénéen" tant ces deux protagonistes du grand huit se connaissent de longue date. Et il s’en est même fallu d’un rien pour que les retrouvailles se fassent du côté de Villefranche-de-Lauragais, un club de la même poule que celle des Ariégeois et des Tarnais !

Sur les bords du Thoré justement, Daniel Rouanet, le président qui se languit d’une épopée aussi grandiose que celle du printemps 1985, espère bien que les protégés de "Manu" Ettien et David Aliès ne vont pas s’arrêter en si bon chemin : "La montée, c’est très bien, mais un titre comme celui obtenu à l’époque en Groupe B, ça serait encore mieux !" Bien dans le moule local fait de modestie et de pragmatisme, ladite tête de liste mazamétaine ne prend pas pour argent comptant les deux victoires obtenues lors de la phase régulière aux dépens des tombeurs de Coarraze-Nay et de Gaillac : "L’ascendant psychologique ? Je n’y crois pas. Les compteurs sont remis à zéro, à plus forte raison sur une rencontre à élimination directe, et il faudra être à 120 % pour l’emporter."

Remettre le bleu de chauffe

Une estimation qui correspond d’ailleurs à l’avant-dernière prestation des Appaméens du bon président Sannac : "Le match aller face à Gaillac ? Disons que nous avions des choses à nous faire pardonner, à commencer par le fait de descendre du bus à l’heure, pas comme au tour précédent !" explique Benoît Marfaing. L’ancien sociétaire de Nevers reste très humble : "Autant l’accession peut correspondre à un aboutissement dans la mesure où il fallait entreprendre un travail de structuration, autant il n’est pas question de se projeter prématurément sur la Fédérale 1. Un match de phase finale juste après une coupure demande que l’on repasse en mode compétition, sachant qu’un adversaire solide devant et mobile derrière nous attend", poursuit celui qu’épaulent Matthias Llédos et Patrick Mirosa. Et qui, sans surprise, met très volontiers en exergue "l’esprit d’équipe". On vous l’assure, montagne noire ou piémont pyrénéen, la tradition immémoriale, ça a du bon.

 

Drancy - Villefranche-sur-Saône

 

Le dépôt de bilan de Strasbourg et l’inéligibilité de Marcq-en-Barœul, ces deux équipes de Villefranche-sur-Saône et de Drancy ont su en profiter pleinement. Devenus leaders de leur poule par le jeu des deux défections, elles ont tiré profit de la situation avantageuse des matchs retours à disputer sur leurs terrains lors de la phase finale, pour maîtriser leur passage en Fédérale 1. Cette promotion qui n’était pas forcément leur objectif en début de saison, est devenue une opportunité qu’elles ont saisie. Les Drancéens l’ont construite sur un travail entrepris depuis quatre années sous la conduite de leur entraîneur Jimmy Delhaye. Les joueurs de Villefranche-sur-Saône, deux fois sauvés sur tapis verts avant de terminer à la septième place de leur groupe la saison dernière, ont ressuscité d’un coup, par le fait d’un recrutement clinquant.

Retour de Yann Salles ?

Leur charnière composée de Fabio Da Silva et Sébastien Bouillot aux commandes, avec le talonneur Maxime Frey en pointe, et le deuxième ligne Yohan Charlon derrière lui, voilà quatre anciens joueurs de Pro D2 et de Fédérale 1 qui ont relevé le niveau général de l’équipe jusqu’à lui donner la confiance qui l’anime aujourd’hui. "Nous avons vu tous les autres joueurs monter leur niveau de jeu à leurs côtés", raconte l’entraîneur des avants Xavier Montméat. Et voilà comment le troisième ligne Baptiste Valençin, débarqué d’Annemasse en Honneur, est devenu un titulaire en puissance dans le sillage d’un collectif complètement revigoré. Villefranche-sur-Saône a gagné ses matchs en variant son jeu, ce qui n’était pas forcément le profil de ce collectif culturellement davantage porté sur l’affrontement. Il devra composer avec une formation drancéenne qui pareillement, depuis une saison, a modifié son champ d’action. "Même si nous n’avons pas réalisé un grand match à la maison pour passer contre Beauvais, les joueurs sont animés d’un bel appétit, dit Jimmy Delhaye. J’espère que la montée dorénavant obtenue, nous allons être capables de lâcher les chevaux et de jouer notre jeu." Du côté de Villefranche, le troisième ligne Yann Selles devait dans la semaine essayer de revenir après trois mois d’absence. À Drancy, on sera au complet.

 

Rumilly - Châteaurenard

 

Quel que soit le camp, le discours a été le même au soir des huitièmes de finale retour, le 26 mai dernier : "Maintenant on va jusqu’au bout !" Cette date et cette échéance, Provençaux et Haut-Savoyards les avaient cochées, au nom d’une ambition parfaitement assumée. À "Châto", le groupe était porté par une motivation particulière née de sa volonté de rendre hommage à son manager, Daniel Saubier, disparu à l’automne. À Rumilly, quelques semaines après avoir adopté un nouveau nom, celui de Rugby Club Savoie Rumilly, on avait décidé de ne plus avancer caché et d’afficher clairement un objectif de montée. Châteaurenard et Rumilly ont déjà atteint leur but en retrouvant la Fédérale 1. C’est l’esprit libre, avec le sentiment du devoir accompli, mais aussi la même détermination à ne pas s’en contenter que les deux clubs peuvent se lancer dans la course au titre.

"Châto" invaincu

Les Provençaux se présentent à l’amorce de l’ultime ligne droite en étant invaincus dans cette phase finale après les doublés réalisés face à Saint-Priest et Gruissan, alors que Rumilly, après avoir écarté Agde en remportant les deux manches, s’est incliné à l’aller à Saint-Raphaël. Le duel opposera ainsi deux leaders de poule, sachant que depuis quelques années la poule 3, dont est issue Châteaurenard, a été grande pourvoyeuse de champions, le dernier en date étant Bédarrides. Avec le camp vauclusien, Simon Carrier, aujourd’hui capitaine des Maraîchers, avait décroché ce titre la saison dernière et il rêve forcément d’un doublé pour ajouter au palmarès du RCC après les titres de 1992 et 1994 en groupe B. Du côté rumillien, la référence à l’histoire du club n’a pas manqué d’être faite également, ce dernier samedi, lors d’une journée au cours de laquelle les "anciens" du club ont célébré les titres conquis en Troisième division (1983), Deuxième division (1986) et Première division groupe B (1988).

Mais au-delà de cette référence à l’histoire de leur club, les deux groupes trouveront d’autres motivations en abordant les quarts de finale. D’un côté comme de l’autre la saison est déjà réussie, l’objectif ciblé a été atteint. Il reste une belle aventure à partager sans autre pression que le désir de la prolonger...

Midi Olympique
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