• Dans le sillage d’un Hendrik Roodtge  intenable dans le défi physique et les combats du sol, les Lyonnais espèrent bien déjouer les pronostics pour faire tomber l’ogre clermontois.
    Dans le sillage d’un Hendrik Roodtge intenable dans le défi physique et les combats du sol, les Lyonnais espèrent bien déjouer les pronostics pour faire tomber l’ogre clermontois. Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Lyon : L'outsider sera armé

Le Lou n’avance pas dans cette demi-finale en victime expiatoire. Porté par d’immenses joueurs et une fraîcheur physique indéniable, le club d’Olivier Ginon est tout près de disputer sa première de championnat depuis 1933... 

Il y aurait tant de choses à dire, au sujet de cette équipe lyonnaise, de retour en Top 14 depuis seulement trois saisons et enchaînant à Bordeaux une deuxième participation consécutive aux phases finales. Commençons donc par celle qui mérite, de notre point de vue, le plus de lumière : l’alignement en touche. Depuis que Karim Ghezal, bientôt au chevet du XV de France, en a la paternité, la plateforme lyonnaise fait des miracles. « La touche du Lou est une merveille d’organisation, confiait dimanche dernier le directeur sportif du Racing 92 Yannick Nyanga. Les sauteurs changent souvent, les mouvements ne sont jamais les mêmes et surtout, les joueurs lyonnais s’adaptent toujours très bien à l’organisation d’en face. L’alignement du Lou, c’est un poison qui fait douter nombre de talonneurs. »

Samedi dernier, à Gerland, les tours de contrôle lyonnaises ont à ce point fait douter les Montpelliérains et leur jeune talonneur, Youri Delhommel, que l’alignement héraultais perdit quatre ballons dans le « money time », soit dans les cinq dernières minutes. Et à Lyon, quand Julien Puriccelli ne sévit pas en altitude, c’est son compère Dylan Cretin qui s’en charge avec la même efficacité, ou presque. De fait, la chance de Clermont sera, ce week-end, de pouvoir compter sur l’expérimenté Benjamin Kayser, justement considéré comme le meilleur lanceur du championnat.

Couilloud pleine bourre

Ces jours derniers, l’actualité lyonnaise a également été marquée par le retour en forme olympique de Baptiste Couilloud, le numéro 9 des Bleus (trois sélections). Éloigné des terrains pendant six mois en raison d’une fracture de la malléole, le prodige a retrouvé la compétition en avril dernier et depuis, n’en fini pas de monter en puissance.

Baptiste Couilloud (Lyon)
Baptiste Couilloud (Lyon) - Icon Sport

Considéré par beaucoup d’observateurs comme le meilleur demi de mêlée de France avec le Toulousain Antoine Dupont, le jeune Lyonnais (22 ans) est une immense plus-value pour l’équipe de Pierre Mignoni. Faisant peser un danger constant autour des rucks, joueur explosif, solide sur ses jambes et capable de tuer un match sur une seule accélération, il sera très certainement en lutte avec Baptiste Serin et Morgan Parra, au moment de désigner les compères d’Antoine Dupont pour le Mondial japonais.

 

La dernière finale était en 1933

Contrairement à la saison dernière, c’est finalement une équipe lyonnaise armée, complète, en forme et par extension redoutable qui s’avance donc à Bordeaux, pour affronter l’ASMCA. Au sujet de ce derby régional, l’opposition qui avait débuté sur le marché des transferts devient donc purement sportive. Pour mémoire, le Lou avait ces derniers temps beaucoup attaqué l’effectif clermontois, recrutant tour à tour Clément Ric, Raphaël Chaume, Jean-Marcelin Buttin ou Noa Nakaitaci, lequel avait longuement hésité à quitter l’Auvergne, cédant finalement à des dirigeants lyonnais plus généreux que les caciques de l’ASMCA. De ce que l’on sait, la guerre entre les deux clubs s’était également poursuivie sur le dossier Charlie Ngatai, les Clermontois ayant jeté un œil au profil du All Black, lequel avait finalement choisi de s’installer dans la capitale des Gaules.

Qui est in, qui est out…

Passée la querelle économico-commerciale, le Lou et Clermont se croisent désormais sur un tout autre terrain et, si l’on en croit la dernière performance de Lyon face aux Montpelliérains, rien ne dit que l’ASMCA est aussi supérieure qu’on aurait pu le croire au départ. Conscients que la fraîcheur physique avait été leur problème majeur en fin de saison dernière, les Lyonnais, écartelés en 2018 par les Héraultais à ce stade de la compétition, arrivent aujourd’hui sur les bords de l’Atlantique armés d’une dimension physique n’ayant rien à envier aux présumés cadors du championnat, qu’ils soient clermontois ou toulousains. Cela va-t-il suffire ? Peut-on imaginer ces Lyonnais, balayés en Champion’s Cup mais plus que sérieux en Top 14, faire tomber le champion de France 2017 ? Doit-on croire que le Lou, vice-champion de France en 1931 puis champion les deux années suivantes, revienne au premier plan après avoir passé autant d’années au purgatoire ? Il est toujours permis de rêver…

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