• Mêlée entre Toulouse et La Rochelle lors de la demi-finale de Top 14
    Mêlée entre Toulouse et La Rochelle lors de la demi-finale de Top 14 Patrick Derewiany / Midi Olympique -
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Top 14

Une mêlée mal payée

Supérieurs dans l’épreuve de force collective, les Toulousains ne sont toutefois pas parvenus à concrétiser leur domination au score, à l’image de cette série de mêlées stériles de la fin de la première mi-temps.

La scène avait tout pour constituer un tournant de cette demi-finale, juste avant la sirène de la première période. On parle ici, bien sûr, du choix « couillu » sinon discutable de Jerome Kaino de snober une tentative de pénalité facile sous les poteaux rochelais, alors que le score n’était que de 7-6. Et pour choisir quoi, s’il vous plaît ?

Une mêlée, qui plus est négociée avec Cheslin Kolbe en position de numéro 8 et Kaino d’ouvreur. La fameuse combinaison fomentée voilà quelques mois pour surprendre le Leinster en demi-finale de Champions Cup, non utilisée sur le coup, avant d’être dévoilée au grand jour au cours d’un match sans suspense contre Pau ! Tout pour écrire une drôle d’histoire, donc. Sauf qu’avant de penser à un lancement de jeu après mêlée, encore faut-il la disputer. Et là, on peut dire que le bât a franchement blessé…

L’arbitrage en question

Pourquoi ? D’abord parce que l’arbitrage de M. Gaüzère laissa, sur le coup, franchement à désirer. Placé en difficulté par Charlie Faumuina, Dany Priso ne fut ainsi jamais sanctionné lorsqu’il relevait systématiquement la tête. Cela tandis que de l’autre côté, Uini Atonio cherchait à faire tourner la mêlée de la droite vers la gauche, de façon à annihiler la pression toulousaine tout en empêchant Kolbe de lancer Kaino… « Vous aurez remarqué qu’en position de numéro 8, Cheslin Kolbe a eu une conduite de balle remarquable ! » nous glissait Ugo Mola dans un sourire. On l’avait remarqué, oui. Tout comme on remarqua que, face au manque de sévérité de M. Gaüzère, Jerome Kaino prit sur lui d’annuler la combinaison et de retrouver son poste de numéro 8 sur la troisième mêlée…

Sauf que, pour le coup, le Néo-Zélandais se montra moins agile avec ses pieds que Cheslin Kolbe, permettant à Tawera Kerr-Barlow et à sa troisième ligne de subtiliser le ballon juste avant la mi-temps. De quoi conclure ce long temps fort avec zéro point, donc, et susciter une immense frustration dans les rangs stadistes à la pause… « Sur le moment, j’ai craint qu’on ait manqué de respect au jeu, avouait Mola. Mais à un moment, ce sont les joueurs qui sont sur le terrain et prennent les décisions. Il faut avoir les c… pour cela. C’était un choix, il était mauvais, mais heureusement la mi-temps est vite arrivée derrière. On a pu rapidement l’évacuer, tant mieux. »

Travail de sape

Et ne pas céder au doute à ce moment crucial de la partie, ainsi que nous le glissait dans un sourire William Servat. « Les gars n’ont pas été payés cette fois, mais cela ne remettait pas en cause la qualité de notre travail. Il s’agissait de se montrer patient, de se rappeler les choses positives que nous avions réalisées. À commencer par la belle solidarité que nous avons démontrée. » Les faits sont d’ailleurs là pour en attester, avec cette superbe poussée collective qui permit aux avants toulousains de récupérer la boulette de Thomas Ramos à la 29e minute, et son renvoi botté directement en touche.

Un travail de sape certes (encore) non récompensé par ce même Ramos sur la pénalité suivante bottée des 50 mètres, mais qui marqua forcément les corps rochelais et pesa de tout son poids après l’heure de jeu, au moment de permettre au banc toulousain de plier le match dans le money-time. Le grand mérite des Stadistes ayant en outre été de conserver toutes leurs introductions et un niveau de performance tout à fait correct malgré le coaching, et l’entrée en jeu d’une première ligne Castets-Marchand-Van Dyk plus mobile sur le papier. Peut-être le plus grand motif de confiance en vue de la finale à venir…

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