• En créant une fondation en faveur des grands blessés du rugby, Albert Ferrasse a accompli l’un des actes les plus significatifs de son exceptionnelle carrière.
    En créant une fondation en faveur des grands blessés du rugby, Albert Ferrasse a accompli l’un des actes les plus significatifs de son exceptionnelle carrière. Photo DR -
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Un «musée» Albert Ferrasse ?

A l’initiative de la Fondation que l’ex président de la FFR a créée, un lieu consacré au grand dirigeant du sport français pourrait être édifié.  

Dans le sempiternel débat qui oppose toujours partisans et opposants d’Albert Ferrasse, le Cnosf a tranché en élevant de son vivant l’ex président de la FFR au rang des plus grands dirigeants du sport français. Pas sûr cependant que cela suffit à éclairer les contours d’une personnalité finalement méconnue du grand public et à convaincre les «complotistes ». Gros pardessus, cigares XXL, monarchie absolue, les clichés ont la vie dure. Ils devraient pourtant s’effacer quand défile le parcours étourdissant d’Albert Ferrasse : Le joueur, champion de France et remplaçant en équipe nationale. L’arbitre de la finale 1959 puis le président de la CCA ; Le dirigeant, président en 1963 du SUA auréolé de deux Brennus en 1965 et 1966 ; président du comité du Périgord-Agenais de 66 à 68 ; président de la FFR de 1968 à 1991 avec trois grands chelems au palmarès en 1977, 1981 et 1987. Sans parler la langue de Shakespeare, rappelons-nous sa célèbre phrase : « J’admire les Anglais mais je ne les aime pas », Albert Ferrasse fut deux fois président de l’IRB en 1980 et 1987 ce qui lui valut de remettre le premier trophée Webb-Ellis au capitaine des All-Blacks David Kirk vainqueur de la France. Enfin, il présida la FIRA de 1989 à 1997.

On lui doit aussi notamment le développement des écoles de rugby qu’il a rendu obligatoires, la création des comités départementaux, des sections sports études et l’intégration à la FFR du rugby féminin. À l’échelle planétaire, il pesa de tout son poids pour la création de la première Coupe du monde et posa les jalons de l’intégration du rugby au J.O. Mais c’est en contribuant auprès de son ami Danie Craven, président de la fédération Sud-Africaine, à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud qu’Albert Ferrasse a acquis une véritable stature internationale… Et politique. Immense !

Le vif intérêt des élus

Cette carrière unique justifierait bien un musée qui serait plus précisément un lieu vivant, branché sur l’actualité du rugby national et hors de nos frontières. Les visiteurs et chercheurs de vérité auraient alors la possibilité de se faire une idée objective de la profondeur du sujet ferrassien. Quel autre lieu que le site agenais du feu comité du Périgord-Agenais, aux portes d’Armandie, pourrait accueillir un espace public dédié à la mémoire de l’immense dirigeant. Rappelons qu’en 1990, sensible aux conditions de vie difficiles des grands blessés du rugby très peu indemnisés, Albert Ferrasse a créé pour eux, avec quelques amis, la Fondation éponyme qui leur vient en aide matériellement et financièrement au quotidien. Héritant au décès de son président en 2011, de ses biens ayant un lien avec le rugby, la Fondation aujourd’hui présidée par Jacques Laurans se devait de faire œuvre utile.

Ainsi germa l’idée d’un espace public consacré à la vie de l’homme et à son œuvre. Dès la première réunion de présentation du dossier, Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen et président de l’agglo, et Denis Solivérès l’excellent Directeur des services des deux institutions, se sont montrés très attentifs. Auprès d’eux, Robert Gimbert acteur de l’ombre du rugby agenais s’est investi dans le rôle précieux d’accélérateur de particules. Le vif intérêt que portent les élus à ce « très beau projet » selon le maire enthousiaste, se manifeste par la présence autour de la table des discussions préalables des forces vives locales : services techniques de la ville, Office de tourisme, musée d’Agen et ligue Nouvelle Aquitaine. Fin 2017, Jacques Laurans avait lancé un message : « Nous sommes tous, à des degrés divers, des successeurs d’Albert Ferrasse… Mais cela se mérite ! Sachons nous montrer dignes de cet héritage ! » Que nous pourrions (re) découvrir bientôt. 

Gérard PIFFETEAU
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