• Coupe du Monde U20 2019 - Entré en jeu à la 51e minute de jeu, le centre Julien Delbouis a inscrit l’essai du bonus pour les Bleuets.
    Coupe du Monde U20 2019 - Entré en jeu à la 51e minute de jeu, le centre Julien Delbouis a inscrit l’essai du bonus pour les Bleuets. Walter Gasparini - Walter Gasparini
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Coupe du Monde

Jokers de luxe

Larges vainqueurs du Pays de Galles, les Tricolores ont pu s'appuyer sur un banc de touche XXL. La clé d'un succès bonifié inestimable dans la course aux demi-finales.

Bien malin celui ou celle qui pourrait cocher le nom des quinze titulaires en vue d’une éventuelle demi-finale. Stratégie prodigieuse, formidable coaching ou gestion millimétrée, appelez ça comme vous le vous voulez, cette équipe de France bénéficie avant tout d’un effectif cinq étoiles.

Immense par sa qualité, ce groupe aux vertus insoupçonnées fut salué par son entraîneur David Darricarrère à l’issue de la rencontre : « Nous avons un groupe de vingt-huit joueurs capables de rentrer à tout moment et d’amener à l’équipe. Nous sommes satisfaits par rapport à la rentrée de tous les garçons. » Un discours partagé et martelé par le manager des Bleuets, Sébastien Piqueronies : « Nous sommes très heureux d’avoir treize garçons de cette qualité sur le banc, c’est le luxe de cette compétition. Cela nous permet de procéder à un coaching précis, ce qui amène forcément une plus-value. » Sereins et sûrs de leur force malgré un premier acte brouillon, « nous avons fait preuve de beaucoup d’intentions mais beaucoup de déchet finalement. Nous ne sommes pas arrivés à mettre notre jeu en place, un petit peu excités par la rencontre, il a fallu poser tout ça à la mi-temps », David Darricarrère et son staff sont restés fidèles à leurs principes, un large turnover avec la rentrée de joueurs chevronnées et abonnés aux joutes du Top 14. Des entrées en jeu qui ont transfiguré le jeu des Bleuets notamment dans la finition, péché mignon d’une formation résolument offensive, philosophie prônée par Sébastien Piqueronies. Ce dernier justifie un choix osé, mais gagnant : « C’est la raison pour laquelle nous construisons notre feuille de match ainsi, nous essayons d’avoir le plus d’homogénéité pour démarrer et des forces individuelles pour le finir. Je ne vous cache pas que c’est une chance. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses joueurs lui ont rendu la pareille, sur les quatre essais inscrits, deux l’ont été par des remplaçants.

Delbouis comme un symbole

Au vu de la rencontre, difficile d’imaginer les partenaires du trois-quarts parisien empocher le point du bonus offensif. Pourtant, impossible n’est pas Français. Qui plus est grâce à l’apport du stadiste dans un rôle de perforateur, une alternative aux qualités techniques du toulonnais Antoine Zeghdar. Faisant preuve d’une détermination incroyable, tout en puissance, Julien Delbouis parvenait à valider le travail de tous ses petits camarades en franchissant la ligne malgré trois Gallois sur le dos. Bilan ? Une seconde victoire bonifiée en autant de rencontres. Un objectif atteint une nouvelle fois grâce à une profondeur de banc phénoménale. Le principal intéressé restait calme et humble quant à sa performance : « Notre but était de les faire flancher, nous avons vu qu’à la mi-temps ils étaient cramés et c’est à ce moment-là que nous avons accéléré. Mon entrée n’était pas forcément prévue, c’était surtout par rapport à l’état de fraîcheur. Nous avons tout donné, nous souhaitions absolument aller chercher ce bonus et nous avons réussi. Je suis très content pour l’équipe. » Un état d’esprit loué par son manager : « Ils sont allés se la chercher. Ils n’ont rien lâché jusqu’au bout, ça démontre un certain trait de caractère. » À l’aube d’une rencontre décisive face aux Pumitas, comment démêler le vrai du faux, l’info de l’intox, dans une équipe où les remplaçants se sont fait une place au soleil.

Thomas Saint-Antonin
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