• Les Bleuets n’ont jamais inquiété des Pumitas à domicile sûrs de leurs forces et très dominateurs au sol.
    Les Bleuets n’ont jamais inquiété des Pumitas à domicile sûrs de leurs forces et très dominateurs au sol. Walter Gasparini - Walter Gasparini
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Coupe du Monde

Qualification miraculeuse pour les Bleuets

Pour le dernier match de poule, les Bleuets se sont lourdement inclinés face aux argentins. Ils ne doivent leur qualification qu’à un coup du destin.

Pas invités. Mercredi, face à des Argentins déchaînés devant un public acquis à leur cause, les Bleuets, vite réduits à quatorze après le carton rouge de Sacha Zegueur pour un placage haut (10e) n’auront tenu qu’une poignée de minutes avant de craquer. Battus dans les duels, surclassés dans l’agressivité, les coéquipiers d’Arthur Vincent, qui parlait même de « colère » après la rencontre, ont montré un faible visage qui ne leur était pas connu jusqu’alors. Une prestation résumée par le manager, Sébastien Piqueronies, lucide : « On a perdu contre une équipe qui a mieux joué que nous, en ratant autant de plaquages, en étant aussi défaillants sur le jeu au sol comme dans les duels on ne peut pas prétendre à gagner ce match. C’est une défaite logique face à des Argentins dominateurs. »

Les Bleuets loin de leur niveau

Logique tant l’Argentine a dominé son sujet. S’ils n’avaient d’autre choix que de l’emporter avec un bonus offensif pour se hisser en demi-finale, les Pumitas l’ont fait avec la manière. Également réduits à quatorze pour un carton rouge à l’encontre de l’ailier Isgro, puis à treize pendant dix minutes, ces derniers ne baissaient pas de régime et continuaient de mettre une féroce intensité. Il y avait bien une classe d’écart avec les Français : « Le groupe a un niveau supérieur mais la réalité est qu’il a joué à un piètre niveau aujourd’hui, on n’a pas su se hisser à leur niveau d’agressivité et de précision. »
À mi-parcours et alors que la victoire semblait déjà bien loin, les Bleuets n’avaient d’autres choix que de décrocher un bonus offensif pour conserver quelques chances de qualification. Après Joseph (43e) et Taofifenua (52e), tout juste sortis du banc, c’est le Toulousain Matthis Lebel en fin de rencontre (75e) qui venait offrir le point de l’espoir à son équipe.

L’essai de l’espoir...

Hors sujet pendant toute la partie, les Tricolores parvenaient tout de même à glaner un précieux point, faisant une nouvelle fois preuve d’un fort état d’esprit : « Je suis intimement convaincu que mon groupe a des ressources et un état d’esprit fabuleux. Pour preuve, ils s’arrachent pour récupérer le bonus offensif à la fin, ils n’ont pas lâché », confessait le manager qui poursuivait même : « Dans les vestiaires, je leur ai dit qu’aujourd’hui on a mérité ce qui nous était arrivé, qu’on avait perdu un match de rugby face à des Argentins bien plus agressifs et qu’ils méritaient donc de gagner. Mais je leur ai aussi dit que j’étais fier qu’ils soient allés chercher ce bonus offensif à la fin et que ça allait peut-être nous laisser le droit d’attendre un miracle. »

Et quelques heures plus tard, le miracle évoqué eut lieu. Dans un duel de cadors, l’Afrique du Sud battait la Nouvelle-Zélande (25-17), ne laissant aucun point aux All Blacks qui terminaient donc la phase préliminaire avec dix points soit un de moins que les Français.

Qualifié in extremis en tant que meilleur second, le XV de France ira donc en demi-finale où il retrouvera l’équipe sud-africaine, invaincue et première au classement général. Passé ce coup de pouce des Springboks, les « lucky losers » devront se métamorphoser pour gravir cette montagne. « Il me tarde lundi pour réévaluer tout le monde », disait Piqueronies après la rencontre face à l’Argentine. Alors à lundi messieurs.

Léo-Pol Platet
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