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    Drancy (Fédérale 2) Photo DR / Photo DR
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Fédérale 2 : Focus sur les demi-finales

Drancy - Rumilly : 

Drancy 

Les Drancéens devront composer sans leur troisième ligne centre et capitaine Julien Lescarboura, touché à l’épaule au tour précédent contre Villefranche-sur-Saône. C’est un coup assez dur. En dehors de ses qualités propres, le fils de Jean-Patrick, l’ancien ouvreur international, figurait aussi l’un des rouages historiques de ce groupe qui s’était hissé en demi-finale de Fédérale 3, il y a quatre ans. Ils sont encore une petite dizaine de cette épopée qui figurent toujours dans l’équipe. Chemin faisant, ayant progressé chaque saison dans la hiérarchie de leur nouvelle division, les Drancéens se retrouvent donc à nouveau dans le dernier carré, mais cette fois dans la peau d’une équipe que personne et pas même ses membres, n’attendait à ce niveau de compétition.

Par le chas d’une aiguille

Qualifiés deuxièmes de poule, mais devenus premiers, par le fait de l’inéligibilité de leur leader Marcq-en-Barœul, ils avaient profité d’un parcours favorisé pour obtenir le gain de la montée en Fédérale 1. En quart de finale, alors que tout semblait perdu, lorsque Villefranche a passé la ligne et pris les commandes à la 79e minute, les Franciliens ont obtenu une dernière pénalité alors que leurs adversaires se congratulaient déjà. Leur buteur Simon Perrod a poursuivi son sans-faute des quarante mètres et ils sont passés par le chas d’une aiguille. Leur histoire collective est assez rocambolesque, riche, et d’une certaine manière, elle s’éteindra à la fin de la saison. Leur entraîneur Jimmy Delhayes qui les conduit depuis quatre ans, a décidé de passer la main. « Ce serait pas mal de finir tous ensemble sur une finale », dit celui qui a déjà gagné ce bouclier en tant que joueur avec le club de Bobigny en 2002. Ce département de la Seine-Saint-Denis figure déjà sur la carte des champions de la division. « Je nous crois tout à fait capable de renverser les pronostics une nouvelle fois, pense Julien Lescarboura, qui regardera cela depuis les tribunes. Ce collectif ne lâche rien. Nous n’avons rien à perdre et une finale à aller chercher. Ce n’est pas comme il y a quatre ans, lorsque nous avions subi la pression du résultat. Nous sommes outsiders, et contents de l’être. » 

Rumily

En s’imposant (35-15) contre Châteaurenard le 9 juin, Rumilly s’est offert un billet pour les demi-finales. Une très belle performance des Haut-Savoyards qui avaient obtenu leur montée en Fédérale 1 après s’être défaits en huitièmes de Fréjus-Saint-Raphaël (13-14, 26-8). « Nous avons fait preuve de solidarité en défense et de beaucoup de maîtrise dans le jeu contre Châteaurenard, apprécie l’entraîneur Sébastien Decarre. Cette maîtrise, c’est ce qui ressort de nos derniers matchs. Les mecs sont calmes. Dimanche dernier, les Provençaux sont revenus un peu au score à un moment, nous subissions, étions fatigués, mais nous n’avons pas lâché. Nous arrivons de mieux en mieux à maîtriser nos temps faibles et à scorer quand nous avons le ballon, que ce soit au pied ou à la main. »

Rumilly (Fédérale 2)
Rumilly (Fédérale 2) - Phillipe Gervasoni

« UN GROUPE QUI VIT SUPER BIEN »

Cette force de caractère, cette envie de ne pas céder un pouce de terrain et cette cohésion caractérisent le collectif rumillien. « Nous avons construit un groupe avant de construire une équipe sur le terrain », dixit Sébastien Decarre. Un groupe qui n’a pas envie de s’arrêter si près du but. « Les mecs ont vraiment envie d’aller chercher quelque chose, confie le technicien. Nous avons un groupe qui vit super bien. J’ai l’impression que cette saison a duré deux ou trois ans avec les blessures, des rebondissements, des matchs gagnés sur la fin ou d’autres un peu plus compliqués. Nous vivons une belle aventure humaine cette année. Nous avons envie d’aller au bout. » Il faudra d’abord passer l’obstacle drancéen. Une formation qui reste sur un succès face à Villefranche-sur-Saône, acquis au forceps (29-27). « De ce que nous savons, c’est une équipe qui joue. Elle n’est pas en demi-finales par hasard. Elle a aussi cette caractéristique de ne rien lâcher et du caractère, puisqu’elle est allée chercher la victoire sur une dernière pénalité à la fin, décrit Sébastien Decarre. Nous allons plus nous concentrer sur nous et sur la façon dont nous avons envie de continuer à mettre notre jeu en place et à bien maîtriser les choses plutôt que voir comment notre adversaire veut jouer. Ce sera à nous de tenir le ballon. Si nous y parvenons, ce sera déjà une bonne chose. »

Pamiers - Issoire : 

Pamiers 

Pamiers réalise une saison exceptionnelle et s’autorise à rêver de toucher le bouclier de Fédérale 2 alors que cette saison devait être une phase de transition, comme se plaît à l’expliquer le manager Benoît Marfaing : « Nous avons eu un budget réduit cette année. Du coup, on a travaillé sur l’état d’esprit. On a trouvé de la cohésion et ça a marché, les gars ont réalisé un exercice complet qui nous mène à deux marches du bonheur. L’objectif de rallier la Fédérale 1 la saison prochaine est atteint. Depuis les huitièmes, nous croquons dans du bonus. »
N’allez pas croire pour autant que toute la saison des Apaméenens s’est écrite au plus-que-parfait. Les hommes de Benoît Marfaing ont dû traverser des moments de doute, au creux de l’hiver, lorsque leur rendement a considérablement chuté. « Nous avons eu une intersaison apaisée qui nous a permis de commencer à travailler très tôt. On a pu s’offrir une bonne préparation physique. Les joueurs étaient affûtés très tôt dans la saison et cela nous a permis de réaliser un départ canon. On a eu un coup de mou en hiver mais nous avions un peu d’avance, on a pu gérer. Et les retours de blessure nous permettent aujourd’hui d’être en très bonne forme pour affronter les matchs couperets. »

La clé du mental

Bourreau des Tarnais de la division (Pamiers a éliminé tour à tour Gaillac et Mazamet), les hommes de Benoît Marfaing vont désormais croiser le fer avec une formation auvergnate qu’ils ne connaissent pas. « Très honnêtement, c’est peut-être mieux de ne pas savoir à qui nous avons à faire. Cela va nous permettre de nous concentrer sur nous », souligne Marfaing. Pour remporter ce duel, les Appaméens pourront compter sur leur pack « dense et mobile », qui leur permet de « s’adapter à la stratégie de l’adversaire ». La vraie question, au fond, est de savoir comment la jeune équipe de Benoît Marfaing va pouvoir gérer ce match : « Une des clés de la rencontre se situe sans doute dans la dimension mentale. Ce sera sans doute un match très serré comme toujours en phase finale, il n’y aura pas 40 points d’écart. Saura t-on gérer les temps forts et faibles ? »
Les Appaméens réussiront-ils à renverser la montagne auvergnate ? Réponse dimanche

Issoire 

Depuis neuf mois, Issoire roule sur la Fédérale 2 et détruit tout sur son passage. « Facile » vainqueurs de la poule 8, qui comptait pourtant de sacrés clients, les Auvergnats ont écarté des bastions séculaires de ce jeu lors de la phase finale. Peyrehorade, Orthez ou Mauléon n’ont pas pesé lourd face à l’Armada de la banlieue de Clermont. L’infernale machine auvergnate aura t-elle encore assez de carburant dans son moteur pour s’offrir le scalp de Pamiers ? Claude Pojolat, l’emblématique président issoirien, a envie de croire en les capacités de son équipe d’aller au bout de l’aventure, tout en sachant qu’à ce stade de la compétition rien ne sera facile : « Nous sommes très heureux de la saison que nous effectuons, place d’emblée l’homme fort des Auvergnats. Beaucoup d’équipes aimeraient être à la place d’Issoire aujourd’hui, dans le dernier carré de la compétition. Les quatre équipes restantes ont mérité leur place et toutes ont des arguments à faire valoir. »

Issoire (Fédérale 2)
Issoire (Fédérale 2) - Photo DR

Issoire se prépare à se jeter dans une bataille âpre contre une équipe inconnue : « Nous n’avons jamais affronté Pamiers et nous ne savons rien de cette formation. Mais nous sommes bien sûrs qu’elle affichera un haut niveau de performance. Même si nous ne les avons jamais joués, Pamiers, ça parle aux connaisseurs du rugby. C’est une terre mère de ce jeu et je suis bien certain que cette opposition se jouera sur des détails. »

Toutes les équipes ont leur chance

Maintenant que la montée est actée, le reste de l’histoire appartient aux joueurs. Claude Pojolat explique : « Le club et ses dirigeants soutiendra les joueurs quoi qu’il arrive maintenant. Nous sommes avec eux et s’ils vont chercher le titre ce sera fabuleux. Autant ne pas se mentir : s’arrêter là, si près du but, serait un crève-cœur. Ce titre serait la récompense du travail engagé par tout un groupe et son encadrement. » Et ne parlez pas à Claude Pojolat d’un éventuel statut de favori : « Les Appaméens ne sont pas en demi-finale pour rien. Comme les deux autres équipes engagées dans l’autre partie du tableau, ils ont sans doute de très belles qualités pour en être là. Il n’y a plus d’équipe favorite, les quatre toujours en course ont leur chance.» 

 

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