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    Auch (Fédérale 3) DDM NEDIR DEBBICHE / DDM NEDIR DEBBICHE
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Fédérale 3 : Focus sur les demi-finales

Courbevoie - Saint-Marcellin : 

Courbevoie 

Cette équipe de Courbevoie, taillée pour manœuvrer dans les grands espaces, a enfin réussi à toucher son potentiel en phase finale, après deux saisons noires marquées par des échecs notoires. Deux fois favorite pour la montée en fédérale 2 lors des deux derniers championnats, elle s’était ratatinée à deux reprises sur son terrain au moment de conclure. Cette saison, elle n’a pas manqué la troisième occasion contre Villars-les-Dombes, et depuis ce passage réussie vers la division supérieure, elle a lâché ses chevaux. Son quart de finale contre Sarcelles l’a bien montré. Ce leader dominant qui avait dicté sa loi jusqu’à présent, a subi pour la première fois de la saison. Sur les fondamentaux, sur le déplacement, Courbevoie a pris une belle dimension contre son rival francilien. « Ce fut l’un de nos grands matchs de la saison, l’a apprécié l’entraîneur Dominique Rose. Mais je reste persuadé que nous pouvons faire mieux encore. Nous avons laissé des points en route. Je crois que nous pouvons encore nous améliorer, et il le faudra. Nous allons disputer une demi-finale contre un adversaire qui a été champion de France honneur il y a deux ans. Voilà une équipe très soudée qui se présente face à nous, et si nous voulons lui imposer notre rugby, il faudra toucher notre justesse. »

Au grand complet

L’effectif de Courbevoie n’a pas déploré de perte au tour précédent. Il devrait même récupérer les deux « expulsés de Villars-les-Dombles », le trois-quarts Victor Croze et le second ligne Rodrigue Vasseur. Comme il en a l’habitude, Dominique Rose ne donnera son équipe que ce soir à ses joueurs. Autour des incontournables Thomas Bournac, le centre et capitaine, ou Geoffrey Baajard, l’ouvreur et buteur, il devrait procéder à deux ou trois roulements par rapport au quinze de départ aligné contre Sarcelles. « Nous sommes tellement contents d’être là, a commenté Thomas Bournac. Nous travaillons ce projet de jeu depuis trois ans et dès que nous parvenons à le respecter, nous parvenons à nous exprimer assez librement. Nous avons mangé notre pain noir pendant deux ans. C’est du bonheur ». À noter : Dominique a annoncé à ses joueurs après la monte qu’il les quitterait à la fin de la saison, pour consommer sa retraite après quarante années d’entraînement. Aller en finale et lui dire au revoir, c’est aussi un peu l’objet de cette rencontre.

Saint-Marcellin

Pour la deuxième fois en trois ans, le Saint-Marcellin Sports (SMS) se retrouve dans le dernier carré du championnat de France. En 2017, le SMS était allé au bout, décrochant le bouclier Honneur après sa victoire (38-17) face à Mussidan. « La saison en Honneur nous a donné envie d’y retourner, explique l’entraîneur Frédéric Giovale. Nous savions que le challenge en Fédérale3 était beaucoup plus compliqué. L’année dernière, nous étions tombés un peu les armes à la main contre Nantua (en seizième de finale aller-retour, 29-21, 17-37, N.D.L.R.). Cette année, nous voulions finir premiers de notre poule et essayer de monter. » Missions accomplies. Premiers de la poule 5, les Isérois ont réalisé un parcours sans accroc en phase finale, même si plusieurs matchs ont été compliqués. Après avoir battu Pézenas en 32e de finale, ils ont décroché la montée en Fédérale 2 contre Thuir (11-8, 26-18). Un niveau qu’ils n’avaient plus atteint depuis 15 ans. En huitième de finale, menés de neuf points à un quart d’heure de la fin par Arpajon-Veinazès, ils sont parvenus à renverser la situation pour finalement l’emporter (31-28).

Saint-Marcellin (Fédérale 3)
Saint-Marcellin (Fédérale 3) - Sylvie Chapre

Un jeu ambitieux

Face à Annecy, en quart de finale, les joueurs de Frédéric Giovale et Laurent Gonnet ont cette fois-ci maîtrisé les débats (24-3). « Malgré l’enjeu, nous essayons de continuer à avoir un jeu un peu ambitieux, indique Frédéric Giovale. Nous essayons de prendre des risques. Jusqu’à maintenant, nous avons tellement eu l’habitude des paquets d’avants énormes que nous n’avions pas trop le choix non plus mais derrière nous avons des joueurs qui ont du talent et de l’expérience. Cela correspond plus à notre huit de devant qui n’est pas massif. Pendant quatre-vingts minutes, nous arrivons à maintenir un certain rythme et le banc est important chez nous. »
En demi-finale, un beau défi attend le SMS contre Courbevoie, qui n’a perdu qu’une fois, à Auxerre (3-17), le 27 janvier dernier, en 28 rencontres cette saison. « Maintenant nous sommes au pied du mur, dixit l’entraîneur saint-marcellinois. C’est la dernière étape à franchir pour aller en finale. […] C’est un super challenge. À vrai dire, peu importe l’adversaire en face, nous allons nous envoyer. »

Belvès - Auch : 

C’est ce qu’on appelle, ici sans exagération un petit Poucet. Belvès et ses 1400 habitants, situés dans le cœur du Périgord noir, sont représentés en demi-finale de Fédérale 3. « Pour un village pareil, c’est exceptionnel, reconnaît l’entraîneur Christophe Bramery. Même pour le Périgord noir qui voit deux montées avec Sarlat. » Pourtant ça n’est pas vraiment une surprise : premier de sa poule avec 13 points d’avance, le Stade belvésois faisait partie des candidats sérieux à l’aube de cette phase finale. « Cela fait trois saisons que l’on échoue aux portes d’une montée, raconte le coprésident Serge Orhand. C’était l’objectif de début de saison, et il est atteint. Mais comme on dit, l’appétit vient en mangeant et jouer une finale est un objectif naturel pour des joueurs comme pour des présidents. »

David et Goliath

Face à cet Ovni se dresse l’ogre de la division, le déchu RC Auch qui a lui aussi terminé la phase préliminaire en tête avec plus de dix points d’avance sur le second. « On se sent comme tous les clubs affrontant Auch cette saison, avoue le coprésident. Une équipe avec un palmarès époustouflant, contre nous et nos zéros titres, si ce n’est un titre national de Troisième Série (rires) ! » Pas un problème pour l’entraîneur, sûr des forces de son groupe : « Toute notre saison s’est reposée sur notre organisation collective. Il faudra prendre à tout prix des points sur nos temps forts et bien défendre. » À propos de l’adversaire, on détient peu d’informations puisque les deux équipes ne se sont jamais affrontées. « On ne connaît Auch que de nom évidemment », poursuit Christophe Bramery. « On imagine naturellement un écart de potentiel entre deux clubs de tailles très différentes, rebondit Serge Orhand. Mais à ce stade, toutes les équipes se valent plus ou moins. » Finalement la dimension humaine ne serait-elle pas la force de ce club ? « C’est une difficulté pour la gestion des joueurs dans un territoire qui perd démographiquement d’année en année, répond le dirigeant. Mais c’est une force dans la motivation, oui. » Une saison déjà très réussie qui pourrait devenir historique pour ce petit village.

Auch 

Après avoir décroché une deuxième montée en deux ans, le risque de décompression était réel du côté des Auscitains qui viennent d’enchaîner deux longues saisons pour reconstruire le club. Il n’en est rien puisque les Gersois « ont sorti leur plus gros match de l’année en quart de finale, selon l’entraîneur Grégory Menkarska. Enfin, pendant soixante minutes. Après nous avons eu vingt minutes avec beaucoup de déchets dans notre jeu. C’est à l’image de notre saison. Pour aller en finale, nous savons qu’il faudra maintenant être parfaits pendant quatre-vingt minutes. »
Face à un adversaire qui a perdu le même nombre de matchs qu’eux pendant la phase régulière (trois), les Auscitains ne veulent pas laisser passer leur chance de disputer une finale, d’autant plus que les sacrifices ont été nombreux pour ce groupe depuis les premiers matchs en Honneur la saison dernière. « On a envie de se récompenser après tant de boulot, poursuit l’ancien pilier. Un Bouclier, on s’en rappelle toute une vie et c’est important bien sûr pour les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs, mais c’est aussi une récompense pour tous nos proches, nos familles, nos amis et tous les gens qui viennent au stade. L’engouement autour du club est là. Nous ne pouvons pas le galvauder, même si nous n’avons pas le vécu des autres clubs toujours en course. »

Couzier espéré

Après la qualification acquise dimanche dernier, les joueurs ont vite basculé sur la confrontation face à Belvès, en privilégiant la récupération et les soins puisque la saison commence à être longue et les petits bobos s’accumulent. Mais la possibilité d’inscrire une première ligne au palmarès du tout jeune RCA est une source de motivation supplémentaire, d’autant plus qu’ils étaient nombreux à être présents lors du titre de champion de France Espoirs de Fédérale 1 quelques jours avant la mort du FCAG.
Même si l’équipe victorieuse en quart de finale ne devrait pas connaître de changement, les Auscitains vont espérer le retour de l’expérimenté Frédéric Couzier, qui a joué pendant sept saisons au niveau professionnel, pour épauler les autres anciens Anthony Lagardère et Aurélien Sourrouille

Midi Olympique
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