• Thomas Ramos (Toulouse) contre Clermont lors de la finale de Top 14
    Thomas Ramos (Toulouse) contre Clermont lors de la finale de Top 14 Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

La réponse de Ramos

Vivement critiqué après sa performance en demi-finale contre La Rochelle, le demi d’ouverture international Thomas Ramos, fort de la confiance du staff toulousain, a su puiser les ressources nécessaires pour répondre présent.

Son sourire rayonnant et sa sérénité apparente illuminent cette salle de presse du Stade de France à la lumière blafarde. Il est plus de minuit dans la nuit de samedi à dimanche et Thomas Ramos est un jeune homme heureux. Son bonheur, c’est évidemment d’avoir soulevé son premier bouclier de Brennus. "La première finale que j’ai vue à la télé, c’était Toulouse-Clermont en 2001, raconte-t-il alors. J’avais dit à mon père, à six ans : "Je veux faire ça."" Pourtant, il aurait très bien pu rater ce rendez-vous. En souffrance à Bordeaux lors de la demi-finale, la question de sa présence a longtemps brûlé les lèvres. Face aux Rochelais, l’entrée en jeu de Sébastien Bézy et le repositionnement d’Antoine Dupont à l’ouverture avaient permis aux joueurs de la Ville rose de débloquer une situation jusque-là cadenassée.

Trois jours plus tard, lors d’un point presse organisé à Ernest-Wallon, Ugo Mola n’a pas franchement répondu aux interrogations, simplement a-t-il dit connaître la composition de son équipe "depuis samedi soir". Coup de bluff ou management hors pair ? Sans doute un peu des deux, mon capitaine. Ugo Mola est habile, fin connaisseur de la nature humaine et de la sphère médiatique. Avec cette déclaration, il a envoyé un message positif à son jeune ouvreur, lui permettant de faire le plein de confiance. Seulement, même si Mola et son staff ont très vite tranché en faveur de la titularisation de Ramos pour défier l’ASM Clermont-Auvergne, quelques doutes subsistaient vraiment au soir de la qualification.

Une transversale tentée puis une partie maîtrisée

Dans l’intimité du Novotel, jouxtant le Matmut Atlantique de Bordeaux, le manager toulousain et son staff se sont posés la question du retour de Zack Holmes. Ce dernier, en proie à des douleurs aux adducteurs depuis plusieurs semaines, aurait pu éventuellement postuler pour le Stade de France. Une seule condition à sa présence : jouer sous infiltration, ce que l’Australien a catégoriquement refusé dès le lendemain de la demi-finale. C’est pourquoi, très vite, Mola et son staff ont rassuré Ramos. "Le staff m’a très vite montré que j’allais rejouer à ce poste et j’ai eu de quoi me préparer assez tôt", a confirmé l’ouvreur après la victoire finale. Au point de surjouer un peu trop en début de rencontre. Au lieu d’inscrire les points qui lui tendaient les bras sur une pénalité, il a préféré tenter un coup de poker en tapant une grande transversale en direction de Yoann Huget. "Toeava se faisait soigner, explique-t-il, et j’ai vu Raka positionné comme si on allait taper la pénalité. Alors, j’ai tenté, mais ça n’a pas marché. On met quand même les trois points, deux ou trois minutes après. Si on ne tente pas ce genre de choses dans ce style de match, on est un peu bridé. C’est ce qui fait notre force, je crois, d’avoir un petit grain de folie. On avait parlé de marquer des points très vite, je pense que le staff s’est gratté les cheveux quand on a fait cette action."

Et peut-être aussi lorsqu’il a envoyé ce coup de pied de renvoi directement en touche (14e). Heureusement, Thomas Ramos, en garçon intelligent, a su se reprendre et se révéler décisif. C’est lui notamment qui a bonifié une passe de Jérôme Kaino, pas franchement potable, conduisant ensuite au deuxième essai d’Huget. Et Ramos de conclure : "Avant, je regardais les finales à la télé. Là, c’est un rêve de gosse qui se réalise."

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