• Ce lundi soir à 20 h 30, les Tricolores devront faire preuve d’une extrême solidarité pour surmonter l’obstacle sud-africain. Photo Walter Gasparini
    Ce lundi soir à 20 h 30, les Tricolores devront faire preuve d’une extrême solidarité pour surmonter l’obstacle sud-africain. Photo Walter Gasparini Walter Gasparini - Walter Gasparini
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Coupe du Monde

Le point d’ogre

Face à leurs responsabilités, les Bleuets vont tenter d’écrire leur histoire à l’encre indélébile face à un des grands favoris de la compétition. Cette fois-ci, pas le droit à l’erreur sous peine de dire définitivement adieu à un doublé historique.

N’ayons pas peur des mots, c’est une véritable montagne qui se dresse face aux Bleuets lors de cette demi-finale de Coupe du monde. Seule équipe encore invaincue, l’Afrique du Sud fait figure d’épouvantail après avoir évincé les All Blacks de la compétition. "Comptablement, il y a les Sud-Africains et les autres. Si on fait un peu d’histoire, on se rend vite compte qu’ils sont toujours présents dans le dernier carré des championnats du monde, c’est une nation forte des moins de 20 ans, c’est indéniable." Le décor est planté et Sébastien Piqueronies sait d’ores et déjà à quoi s’attendre.

Destruction et pragmatisme

Dans le plus pur style sud-africain, le jeu des Springboks est basé sur un engagement de tous les instants, une dimension physique démentielle et une efficacité redoutable. Bien conscient que ses protégés ne disposent pas des mêmes atouts que leurs adversaires, le manager tricolore livre déjà une des clés de la rencontre pour tenter de contrecarrer les plans du rouleau compresseur du tournoi : "Nous n’avons pas du tout les mêmes arguments qu’eux, c’est une équipe très solide devant avec un triangle arrière rapide. Ils sont capables de produire un jeu très direct et puissant en avançant à coup sûr. Ils utilisent les moindres espaces avec des joueurs de duel très rapides. Il faudra d’abord s’opposer fortement sur le premier temps de jeu pour pourquoi pas espérer récupérer un maximum de ballons qu’il faudra exploiter intelligemment."

Du brutal en perspective sur la ligne de front, un âpre combat, sans quoi les tenants du titre seront priés de rentrer au pays plus tôt que prévu. Gagner cette ligne d’avantage, voilà le cheval de bataille des jeunes sud-africains auquel les Français devront répondre. Pas flamboyant me diriez-vous ? Mais diaboliquement efficace. Aucune place ne sera laissée à l’improvisation dans la quête d’un ticket pour la grande finale. L’entraîneur adjoint des Bleuets, David Darricarrère, connaît parfaitement les qualités des Springboks : "C’est une équipe ultra-physique avec un jeu très simple mais clinique. Ils créent des brèches et jouent souvent dans l’avancée, c’est une équipe hyper dangereuse avec une très belle conquête notamment en mêlée fermée." Vous l’aurez compris, l’équipe qui parviendra à prendre le dessus sur les fondamentaux ne sera pas loin de la vérité ce lundi soir.

Rendez-vous avec l'histoire

C’est un défi immense qui attend la bande à Arthur Vincent sur la pelouse synthétique du Racecourse Stadium de Rosario. En aucun cas les Bleuets ne devront renier leurs principes, renoncer à leurs envolées remplies de fougue et à la prise de risque caractéristique d’un panache à la française parfois mis au placard ces dernières années. Comme le dit si bien le manager de cette équipe : "Nous nous apprêtons à jouer l’ogre de la compétition, l’indestructible, l’invincible, mais ça nous va bien. On va pouvoir s’étalonner." Une façon pour lui de se débarrasser d’une pression néfaste et de protéger ses hommes à l’orée d’un tel événement.

Mais pourquoi tant d’excitation ? Parce que tout un pays est désormais prêt à basculer dans l’ivresse. Tout le rugby français n’attend qu’une chose, célébrer ses jeunes talents et conquérir un deuxième sacre planétaire de rang. Bien évidemment, la chaussée jusqu’au trophée paraît assez glissante. Qu’à cela ne tienne, l’allégresse de l’année passée ne demande qu’à refaire surface.

Thomas Saint-Antonin
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