• "Nous sommes trop tendres"
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Entretiens

Wessels : « Nous sommes trop tendres »

Après avoir tant promis, les Rebels de Melbourne ont connu une nouvelle terrible désillusion dans la course aux phases finales du Super Rugby. Pour la deuxième année consécutive, les Rebels se sont plantés sur leur dernier match après avoir eu toutes les cartes en main pour se qualifier. L’entraîneur, David Wessels a confié sa Deception après la lourde défaite face aux Chiefs (8-59).

Comment expliquez-vous cette défaite ?

David Wessels : Je tiens d’abord à féliciter les Chiefs qui ont fait un superbe match. Après, ils marquent trois ou quatre essais en capitalisant sur nos erreurs et, à partir de là, on court après le score, on essaye de relancer de tous les coins du terrain… Un truc que nous n’avons jamais su faire. On force notre jeu, on pousse des passes qui ne devraient pas être faites. Cette fin de saison montre que l’on ne mérite sans doute pas de jouer les phases finales, un point c’est tout.

Justement, votre début de saison fut particulièrement prometteur avec cinq victoires lors de vos sept premiers matchs. Lors du deuxième bloc, vous ne gagnez que deux matchs sur huit, une baisse de forme évidente…

D.W. : Après notre bon début de saison, je vous aurais dit que nous étions dans le bon chemin et que nous faisions de gros progrès. Mais, dès que les choses sont devenues plus dures et que ça tournait contre nous, nous avons perdu nos marques. C’est triste à dire. Ce n’est pas la réponse qu’on attend de joueurs professionnels. Il ne sert à rien de s’apitoyer sur notre sort. Il faut absolument nous battre pour sortir de ces situations difficiles. Et je crois que l’on n’a jamais pu faire ça de manière consistante. Il faut bâtir sur cette continuité dans le groupe et le compléter avec des "gagneurs", des joueurs pour qui la victoire prime sur tout.

Y’a-t-il des points précis à travailler ?

D.W. : L’une des principales causes vient d’une certaine faiblesse mentale qui a envahi le groupe : nous sommes trop "tendres". Ça commence bien sûr par moi. Quand nous sommes confrontés à des situations difficiles, nous sommes incapables de prendre les bonnes décisions notamment face à des adversaires qui nous imposent un gros défi physique. Nous avons alors eu tendance à tomber dans du grand n’importe quoi. On a pu le constater en première mi-temps ce soir (vendredi N.D.L.R.) quand nous concédons trois essais sur des ballons que nous perdons et nous n’avons jamais pu nous en remettre.

Comment comptez-vous y remédier ?

D.W. : Mon rôle d’entraîneur est de peaufiner ce groupe. Il faut prendre les bonnes décisions sur la base de ce qui est bon pour le groupe et pas ce qui est bon pour les individus. Le sport professionnel est impitoyable et ma performance en tant que coach va être mise sous les feux des projecteurs et c’est normal. Comment est-ce qu’on s’améliore ? Est-ce qu’il faut que l’on se focalise sur nos qualités de leadership ? Est-ce que l’on doit revoir l’intensité des entraînements pour que l’on ne se retrouve pas dans des situations comme celle-là ? Comment est-ce qu’on incite les joueurs à se remettre en question plus encore que maintenant, en incitant plus de concurrence et plus de dureté pour éviter ces moments de faiblesse mentale et seulement parler de malchance ? Dans le même temps, vous voyez des mecs comme Isi Naisarani qui a tout donné. Il peut sortir la tête haute. Il y a eu plein de bonnes performances sur la saison mais, dans le même temps, cette faiblesse mentale dans le groupe est inacceptable. Il me faut changer ça pour pouvoir grandir en tant que groupe.

Jacques Broquet
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