• Darricarrere :  "Se mettre en mode phase finale"
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Entretiens

Darricarrère : « Se mettre en mode phase finale »

À l’aube d’une demi-finale, David Darricarrère est revenu sans filtre sur le faux pas face aux Pumitas et aborde la suite de la compétition.

Quelques jours après la rencontre, comment expliquer une telle déroute face à l’Argentine ?

David Darricarrère : Nous avons été défaillants dans la conservation du ballon, pris dans les rucks et dans les duels par manque d’agressivité. Nous avons franchi, mais jamais fini les coups. Ils étaient beaucoup plus rapides que nous sur tous les points de rencontres, nous avons été très faibles.

Les joueurs ont-ils fait preuve d’un excès de confiance ?

D.D. : Nous avions bien averti et prévenu les garçons. Pourtant, nous sommes passés totalement à côté de notre première mi-temps et de notre entame de match, c’était catastrophique. Nous n’avons fait preuve d’aucune ressource mentale pour contrer les Argentins. À l’issue de la rencontre, nous avons essayé de remettre les choses à l’endroit et forcément, ça passe par des discours assez durs. Malgré tout, nous finissons premiers de poule. Quand tu vois que la Nouvelle-Zélande, l’Irlande et l’Angleterre ne sont pas qualifiées, tu te dis que c’est une compétition très relevée. Être dans ce dernier carré c’est déjà bien, mais si on ne donne pas une meilleure image en demi-finale ce ne sera pas complètement abouti.

Prochain objectif, vite basculer sur l’Afrique du Sud.

D.D. : Il faut que ce groupe prenne conscience de l’importance du match qui arrive. Il faut enfin rentrer psychologiquement dans de vraies phases finales et se mettre véritablement en mode phases finales. Nous devons rentrer sur le terrain comme si nous jouions le match le plus important de notre carrière. Je ne pense pas que chaque joueur de rugby puisse se targuer d’avoir joué une demi-finale de Coupe du monde dans sa carrière. Les joueurs doivent croquer à plein des dents là-dedans et s’y investir à 200 %. Maintenant, tous les compteurs sont remis à zéro. Il n’y a plus de calculs à faire, il ne reste plus qu’à gagner les matchs. C’est une approche un peu différente, sur le contenu nous nous devons d’être bien meilleurs.

La dimension mentale sera-t-elle une des composantes fondamentales dans l’approche d’un tel évènement ?

D.D. : Il faut que tout le monde élève son niveau de jeu. Si on reste à ce niveau-là, on ne passera pas c’est certain. Une prise de conscience collective doit se produire et tous les joueurs doivent élever leur niveau d’exigence pour tenter de les battre.

Sentez-vous le groupe capable d’aller au bout ?

D.D. : Un match de rugby reste un match de rugby. Il ne reste plus que deux rencontres pour être champions du monde. Ce sera un match dur, certes, mais je pense sincèrement que nous avons le potentiel pour montrer une meilleure image de nous-mêmes et produire quelque chose de différent. Désormais, il n’y a plus que des très gros morceaux si tu souhaites aller au bout. Face aux Springboks, ça va être très difficile car ils sont en pleine confiance.

Thomas Saint-Antonin
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