• L’ailier savoure, il vient de remporter la finale de Top 14 et va soulever dans quelques minutes le Bouclier tant convoité
    L’ailier savoure, il vient de remporter la finale de Top 14 et va soulever dans quelques minutes le Bouclier tant convoité Patrick Derewiany / Midi Olympique -
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Top 14

Huget : un doublé pour l’histoire

L’ailier international a décroché son premier Bouclier de Brennus en réussissant le premier doublé en finale du Top 14. Une belle revanche pour celui qui avait décidé de revenir à Toulouse à l’été 2012 pour gagner des titres.

Il ne s’en cachait pas. Yoann Huget était obnubilé par le Bouclier de Brennus. Une quête aussi bien collective que personnelle pour l’ailier toulousain qui n’avait disputé que deux matchs avec les Rouge et Noir lors du titre de 2008, avant de s’exiler pour mieux revenir à l’été 2012. Quatre ans loin de chez lui pour faire ses classes avant d’être accepté dans une armada toulousaine capable de l’amener au Stade de France. C’était sans compter sur sept ans de disette. Cet exil l’a façonné, l’a aidé à devenir le joueur aux 58 sélections. Il a d’ailleurs pris soin de bien ajusté le foulard de la Pena Baiona avant de passer devant les télévisions. "Une dédicace pour un autre club champion de France qui a beaucoup compté pour moi. C’est un petit clin d’œil."

Pour mieux aussi se souvenir du chemin parcouru depuis son premier match avec les pros en 2005 face à… Clermont, des sacrifices, des frustrations. Il a tellement rêvé de cette première finale qu’il ne voulait pas laisser passer cette occasion. "J’ai fermé les yeux la nuit dernière et je m’imaginais revenir au Capitole avec le Bouclier. Je ne voyais pas d’autre issue. Je ne m’imaginais pas marquer, je voulais simplement que le groupe gagne. J’étais prêt à signer pour faire mon plus mauvais match de la saison et remporter le Brennus." Cela n’a pas été le cas, heureusement pour le Stade toulousain.

Premiers essais toulousains en finale depuis 2008

Il a survolé la rencontre, lui qui était promis à l’enfer face au phénomène Alivereti Raka que certains voudraient voir en Bleu à sa place. Il a marqué cette finale de son empreinte et pas seulement parce qu’il a inscrit un doublé, le premier dans une finale de Top 14, mettant ainsi fin au paradoxe du Stade toulousain qui avait remporté ses trois dernières finales sans inscrire le moindre essai (2010 en Coupe d’Europe, 2011 et 2012 en Top 14). Yoann Huget a été décisif dans les airs, récupérant deux ballons sur la tête de son adversaire direct auquel il assenait aussi un beau tampon pour mieux marquer son territoire. Bien sûr, les aigris et les haters, comme on dit aujourd’hui, n’ont pas manqué de rappeler que n’importe qui aurait pu aller aplatir en bout de ligne, que Cheslin Kolbe avait fait le travail en amont. Cela reviendrait à dire que Jonah Lomu n’avait aucun mérite à marcher sur ses adversaires.

Pour ces deux petites courses de quelques mètres seulement qui ont permis au Stade de prendre le score en première période, puis de créer enfin un écart plus conséquent en seconde, Yoann Huget sait tout le travail invisible qui doit être fait, aussi bien au quotidien que les jours de match. À genoux, les yeux brillants au coup de sifflet final, il a pu encore une fois le mesurer : "Je suis allé voir ma femme tout de suite. Il peut m’arriver d’être dur à la maison. J’essaie de me donner les moyens de réussir et ça ne marchait pas trop collectivement depuis mon retour au Stade toulousain. C’est bien évidemment la victoire d’un collectif mais aussi une victoire un peu personnelle. J’ai envie de la savourer avec ma famille et mes amis."

La voix oscille entre excitation et trémolos, laissant filtrer l’émotion du moment. "C’est tellement bon ! Les Toulousains, les supporters s’aperçoivent que c’est difficile de venir au Stade de France et de gagner. Je ne sais pas si on va revenir de sitôt, mais on a un groupe de qualité et j’espère que l’on revivra des moments comme ça. Vous ne savez pas combien de fois j’ai imaginé monter ces marches. Elles étaient tellement longues mais ça fait tellement de bien." La roue va-t-elle définitivement tourner pour Huget ? Il le saura mardi. Lui qui a manqué les deux dernières Coupes du monde, espère maintenant voir son nom sur la liste de Jacques Brunel.

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