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XV de France

Accoceberry : « L’ordre se dessinera pendant la préparation »

Avez-vous été interpellé par l’identité des sélectionnés au poste de demi de mêlée ?

Guy Accoceberry : Non, pas vraiment, leur sélection relève d’une certaine logique. Concernant Antoine Dupont et Baptiste Serin, on se situe dans la continuité de ces dernières saisons. Ce sont deux jeunes joueurs et avec eux, on peut en outre préparer l’avenir. On peut ensuite imaginer que Morgan Parra aurait pu faire partie de la liste, mais au vu de la gravité de sa blessure, il était difficile de l’imaginer compétitif pour la préparation. Du coup, le choix s’est porté sur Maxime Machenaud dans le rôle du demi de mêlée d’expérience. Cela relève d’une vraie logique même si, au vu de sa saison, je pense que Sébastien Bézy aurait aussi mérité de faire partie de la liste.

À vous entendre, avant de prendre des joueurs, Jacques Brunel et son staff auraient plutôt sélectionné des profils…

G.A. : Oui, et je trouve ça plutôt bien. J’ai lu les propos récents d’Olivier Magne, qui aurait été partisan de sélectionner des joueurs du même profil, arguant que c’est ce que font les Blacks avec Aaron Smith et TJ Perenara, ce qui permet à l’équipe de jouer toujours de la même manière. Mais justement, ce sont les Blacks ! Une équipe qui maîtrise son rugby, et qui cherche à l’imposer. En ce qui concerne le XV de France, nous n’avons pas de fonds de jeu, pas d’organisation offensive digne de ce nom. À partir de là, faire le choix de trois profils de joueurs différents pour adapter sa stratégie à l’adversaire ne paraît pas une mauvaise idée.

Les bonnes performances de Maxime Machenaud en 2018 ont été avancées pour justifier sa sélection. Cela vous a-t-il convaincu ?

G.A. : Je ne pense pas que ce soit un bon argument. Si c’était le cas, Mathieu Bastareaud n’aurait pas été laissé à quai, ce ne sont donc pas les mêmes critères qui ont été adoptés. Au moment de justifier la sélection de Maxime, je ne l’aurais pas présenté comme ça. Je me serais contenté de dire qu’au vu de son expérience du très haut niveau et de son profil, il est censé apporter ce que Morgan Parra aurait pu apporter, et voilà, fin de l’histoire…

Baptiste Couilloud partait-il de trop loin pour accrocher une place ?

G.A. : Il a été gravement blessé et même s’il est plutôt bien revenu en fin de saison, ces cas sont toujours très compliqués à gérer… Baptiste a un peu le même profil qu’Antoine Dupont, un joueur très tonique capable de faire des différences, avec peut-être une meilleure capacité à faire jouer ses partenaires. Mais à mon sens, il partait d’un peu loin. Pour rebattre les cadres, il aurait peut-être fallu qu’il dispute une finale en plus de la demie. Malheureusement pour lui et pour son équipe, ça n’a pas été le cas.

Identifiez-vous d’ores et déjà une hiérarchie entre les trois concurrents ?

G.A. : C’est difficile d’en dégager un si tôt. Mon petit protégé, c’est bien sûr Baptiste Serin, celui que je trouve le plus complet à la main, au pied, dans la vision du jeu et la stratégie. Il a en outre l’avantage de la jeunesse, ce qui peut permettre de préparer l’après 2019… Mais après, il faut reconnaître qu’il n’a pas fait une super fin de saison, et qu’il n’a pas la même habitude des matchs de haut niveau que ses concurrents. À mon sens, même si Antoine Dupont a pour lui l’argument de la forme du moment, ils partent aujourd’hui tous sur la même ligne, et la hiérarchie se dessinera pendant la préparation. Pendant trois ou quatre mois, les Bleus vont travailler à reconstruire un système offensif, et je pense que c’est celui qui l’appréhendera le mieux pendant les matchs de préparation qui sera désigné numéro un.

Seuls deux ouvreurs figurent parmi la liste des 31. Cela semble signifier qu’un des demis de mêlée sera considéré comme polyvalent… Lequel, à votre avis, entre Dupont et Serin ?

G.A. : S’il devait y en avoir un, pour moi, ce serait Baptiste Serin qui me semble avoir le meilleur jeu au pied. Même s’il faut convenir qu’Antoine Dupont a réalisé de très bonnes partitions à ce poste lorsqu’il a été à l’occuper dans le contexte très particulier du Stade toulousain. Quoi qu’il en soit, ce ne serait pas vraiment leur rendre service à l’un ou à l’autre que de les faire jouer à ce poste-là. Ou alors, il faudrait les y installer pendant la préparation, mais je ne pense pas que ce soit l’idée… Je sais bien que Morgan Parra a réussi à basculer d’un poste à l’autre en pleine Coupe du monde 2011, mais ce n’était pas le même rugby. D’ailleurs, au niveau international, personne ne parvient aujourd’hui à alterner entre les deux postes… Le jeu a beaucoup trop évolué.

Aucun demi de mêlée ne figure parmi les six suppléants. Cela vous interpelle-t-il ?

G.A. : Non, j’avoue que je n’y avais pas prêté attention. Il y a déjà trois demis de mêlée, donc même s’il y a un blessé, il en reste toujours deux. Le seul cas problématique serait qu’un joueur se blesse pendant la préparation mais je pense que si c’était le cas, le staff des Bleus aurait encore le droit d’en piocher un hors de la liste des suppléants.

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Les commentaires (1)
CasimirLeYeti Il y a 2 mois Le 26/06/2019 à 22:21

Machenaud est pris pour son jeu au pied, son expérience et son classicisme mais il aura du mal à faire la maille avec tous les avions de chasse sélectionnés ; Bezy était le bon 3ème larron avec un jeu entre celui de Dupont et celui de Serin et puis les gens ont la mémoire courte, ont-ils déjà oublié que c'est un excellent buteur, régulier dans l'exercice