• Le troisième ligne rochelais surclassé a éclaboussé ce Mondial de son enthousiasme et de son talent. Photo Gaspafotos
    Le troisième ligne rochelais surclassé a éclaboussé ce Mondial de son enthousiasme et de son talent. Photo Gaspafotos
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France -20 ans

Casque d'or junior

Plaqueur infatigable et technicien hors pair, le jeune troisième ligne rochelais s'est révélé lors du mondial argentin.

Son visage juvénile ne vous dit sûrement pas grand-chose, son nom ne procure guère plus d’informations quant à ses aptitudes rugbystiques. Pourtant, tous les adversaires qui ont croisé sa route lors de ce championnat du monde se souviendront de son incroyable activité. Depuis le début de la compétition, son casque jaune rayonne aux quatre coins du terrain et fait resplendir ce maillot floqué du numéro six. Un profil étonnant (1,92m ; 90 kg) pour un troisième ligne, et détonnant par son activité et son héroïsme. à seulement dix-huit ans, Matthias Haddad-Victor a éclaboussé de son talent la demi-finale face aux Baby Boks et marqué au fer rouge ses vis-à-vis, un à un, plaquage après plaquage. Doté d’une habileté bluffante, il faut aller chercher quelques années en arrière pour comprendre ce bagage technique au-dessus de la moyenne pour un joueur de son âge et de son poste. Formé à l’ouverture d’abord, puis à l’arrière lors de ses années vannetaises entre 2013 et 2016, le garçon n’a été repositionné en troisième ligne qu’en Crabos chez les Maritimes. Des prérogatives qui font de ce jeune homme un élément fort des Bleuets, un profil novateur qui vient parfaitement compléter une troisième ligne de fort tonnage avec les présences du Toulousain Thibaut Hamonou et du Racingman Jordan Joseph. Assurément un joueur à part.

Généreux et attachant

Outre des qualités techniques certaines, un secteur a hissé ce joueur au rang de véritable leader du groupe sur le terrain, la défense. Avec une technique de plaquage géniale consistant à prendre ses adversaires le plus bas possible, il n’a cessé de repousser les assauts adverses depuis la première journée face au Pays de Galles, époque ou il n’était que remplaçant. Vite, très vite ses performances ont plaidé sa cause et lui ont attribué une place de titulaire indiscutable chez les champions du monde en titre. Auteur de 27 plaquages en trois rencontres, il est aujourd’hui l’un des fers de lance d’une équipe quasiment imbattable lorsqu’elle domine son sujet défensivement. Humble, réservé et presque gêné au moment de livrer ses impressions sur ses prestations en Argentine : "au rugby, on ne défend jamais seul. Il y a une multitude de joueurs qui défendent avec toi. C’est collectivement que je défends bien car sans mes coéquipiers, je n’aurais jamais été aussi performant." Matthias Haddad-Victor épate par sa simplicité en toutes circonstances. Une attitude singulière pour un garçon dont la façon d’être et de s’exprimer dénotent dans un environnement toujours plus aseptisé. Un vent de fraîcheur venu de l’Atlantique.

Thomas Saint-Antonin
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