• Coupe du Monde U20 2019 - Les Bleuets sur le toit du monde
    Coupe du Monde U20 2019 - Les Bleuets sur le toit du monde Gaspafotos / Gaspafotos
Publié le / Modifié le
Edito

Génération de la gagne

L'édito d'Emmanuel Massicard... Ils l’ont fait ! Les gamins de Piqueronies et Darricarrère ont remporté leur deuxième titre de champion du monde d’affilée, samedi en Argentine. Catégorie moins de 20. C’est l’âge où l’on gagne souvent dans l’anonymat par la grâce d’une farandole de potes qui s’aiment pour l’éternité. Voilà qui vous pose des bonshommes. Et qui dégage sacrément l’horizon tricolore pourtant complètement bouché depuis des mois. Pour ne pas dire des années.

Confidence pour confidence, c’est une sacrée nouvelle après la déconfiture du XV de France dans le dernier Tournoi et les invraisemblables péripéties qui, en suivant, ont agité le staff en coulisses avec l’accouchement dans la douleur de l’appel de Jacques Brunel à son ami Fabien Galthié. Une sacrée bonne nouvelle pour le rugby français tout entier alors que le foot féminin est en passe de remporter le défi du cœur à l’occasion de la Coupe du monde qui se joue actuellement dans l’Hexagone. Avouez quand même que nos Bleuets ont eux aussi de la gueule. Un capital sympathie à faire pâlir d’envie n’importe quel annonceur et autant de talent qu’un Baby Black biberonné du côté d’Auckland ou de Wellington. La pelouse n’est pas forcément plus verte ailleurs…

Pour tout vous, dire, nous avons sacrément envie de croire en eux comme en leurs prédécesseurs, les pionniers de 2018. Le désir féroce de leur laisser le temps de grandir et de mûrir, l’occase de se planter pour mieux se relever, de prendre -pourquoi pas- la grosse tête avant de déchanter… Le temps, enfin, de conquérir le pouvoir et d’éclairer la destinée du rugby français.

C’est sans doute trop demander d’un coup à ces gamins qui ont encore tant de choses à apprendre et pourtant c’est bien ce qu’il nous faut aujourd’hui porter comme ambition sur le chemin de la reconquête tricolore. En s’appuyant sur le dispositif des "Jiff", l’élan de cette jeunesse décomplexée a réveillé le Top 14 avant d’incarner un changement radical dans l’approche du jeu pour retrouver ce qu’il nous manquait de vitesse, de culot et de jeu dans les espaces. Certainement que les nouvelles règles du plaquage et les sanctions accrues pour les "coupeurs de têtes" ont contribué à libérer les bras (pratique pour faire des passes) et l’esprit d’entreprendre.

Oui, nous avons envie de penser que cette génération de la gagne symbolisée par Louis Carbonel mérite d’avoir sa chance au plus haut niveau. Et de pouvoir prétendre à porter l’étendard tricolore, en club comme en sélection, pour succéder à tous ces Bleus qui n’ont rien gagné et qui portent sur l’étiquette de la "loose".

De Gros à Geraci en passant par Coville, Ntamack, Vincent, Woki, Tauzin, Beria, Laporte, Joseph ou Zegueur, cette drôle de bande mérite ce brin de confiance supplémentaire que l’on accorde aux stars étrangères souvent recrutées à prix d’or quand on ne voit chez nos gamins qu’un simple potentiel à confirmer et des salaires toujours trop élevés à verser.

Ces Bleuets qui valent de l’or savent gagner. Ils l’ont prouvé en doublant la mise initiale avec un drôle d’aplomb, au bout d’une saison qui leur avait apporté la reconnaissance générale. Il faut croire qu’ils ne sont pas rassasiés. Surfons donc sur la vague et profitons de l’aubaine pour voir plus loin, plus grand, plus haut. Pour 2023, évidemment. Et pourquoi pas dès demain…

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir