• Les joueurs de l'équipe de France se prépare pour la Coupe du monde organisée au Japon
    Les joueurs de l'équipe de France se prépare pour la Coupe du monde organisée au Japon FFR / FFR
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Edito

Ne le dites à personne

L'édito d'Emmanuel Massicard... Surtout, ne le dites à personne. La Coupe du monde de rugby 2019 a débuté. Non pas l’événement qui se déroulera au Japon en septembre et octobre prochains, mais celle du XV de France qui a débuté sa préparation derrière les grilles du CNR. L’objectif est clair : huit semaines et trois matchs amicaux doivent permettre aux Bleus de rivaliser avec l’Argentine en match d’ouverture, le 21 septembre. Après ? Il sera temps de penser à l’Angleterre (12 octobre) et d’imaginer se qualifier pour les quarts de finale en évitant alors d’avoir à subir la plus magistrale des humiliations si d’aventure le parcours des hommes de Guirado devait s’arrêter en phase de poule. Mais n’y pensons pas et, surtout, croisons les doigts : il reste l’été pour bâtir les fondations d’un miracle.

Depuis lundi, huit joueurs encadrés par le staff tricolore le plus pléthorique de toute l’histoire du rugby français ont commencé à suer dans l’anonymat le plus total. Merci les filles du football pour l’ombre salvatrice, c’est une aubaine en période de canicule…

Toute plaisanterie mise à part, la préparation au Mondial s’est ouverte en catimini. Loin des micros et des caméras. Loin du public et de sa ferveur si précieuse pour apporter ce supplément d’âme qui donne du corps aux grandes épopées sportives.

En fait, tout se passe encore comme si notre sport n’avait pas besoin de sa vitrine et des joueurs qui la composent (dont les moins de 20 ans qui sont double champions du monde) à l’instant de reconquérir les cœurs et les parts de marché abandonnés depuis quelques années.

Tout se déroule même comme si le rugby français était à l’aise avec sa réalité, comblé par son statut et flatté de par la concurrence : il figure à la neuvième place en termes de licenciés (313 000 en 2018), entre la gymnastique et la natation. Loin des deux millions de licences du foot… Loin, surtout des ambitions d’un sport qui rêvait de concurrencer le ballon rond, dopé par un championnat national qui pèse 97 millions d’euros en droits télévisuels.

Mais comment en vouloir aux Bleus et à leurs communicants, eux qui avancent masqués après une saison ratée. Ils n’ont pas de quoi fanfaronner. Et certainement toutes les meilleures raisons du monde d’aller bosser en silence - comme ils disent désormais - en quête d’un physique à toutes épreuves et déterminés à retrouver la maîtrise d’un rugby international qui leur a échappé. Vaste chantier mais, finalement, rien de nouveau sous le soleil.

Ce défi ressemble à celui de toutes les équipes de France en préparation d’une Coupe du monde. Le physique d’abord. Et, parfois, le physique tout court comme en 2015 avec les watt-bikes devenus stars de l’été, quand Philippe Saint-André s’était imaginé pouvoir renverser l’ordre établi sur le seul critère de la puissance physique… C’est oublier qu’il s’agit là du minimum syndical respecté par l’ensemble des candidats au titre mondial, régulièrement départagés par leur maîtrise collective et par le talent de leurs individualités. Le Mondial a commencé. Puissent les Bleus de Brunel, Galthié, Elissalde, Bonnaire, Brunoet Labit se trouver sur le bon chemin. 

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