• Pro D2 - Nicolas Nadau (entraîneur principal de Biarritz)
    Pro D2 - Nicolas Nadau (entraîneur principal de Biarritz)
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Pro D2

Nadau : "Je sens une équipe qui a faim"

Arrivé il y a quelques semaines à Biarritz, alors qu’il avait mis le rugby de côté, Nicolas Nadau évoque les raisons qui l’ont poussé à rejoindre la Côte basque et du jeu qu’il voudra mettre en place.

Comment êtes-vous arrivé à Biarritz ?

Tout simplement par un appel du club qui m’a sollicité, courant mai. J’étais parti dans un autre projet de reconversion professionnelle. J’avais mis le rugby entre parenthèses. J’avais lancé une société qui est dans le courtage en travaux et qui s’appelle « Illico Travaux ». Mais j’ai senti une dynamique d’un club qui se lance dans une construction d’un projet sur du long terme avec, derrière, des investisseurs et une volonté des collectivités de s’inscrire dedans. Et puis la destination en soi est vraiment très sympa pour un choix familial.

Vous serez entraîneur principal. Quel sera votre champ d’action ?

Il est essentiellement sur le projet de jeu et sur le management de mes staffs et de mon équipe. On me donne l’étiquette d’entraîneur principal parce que c’est important dans un groupe qu’il y ait une hiérarchie, mais je travaillerai avec Shaun Sowerby qui ne sera pas qu’un adjoint. Nous aurons des échanges au quotidien et nous prendrons les décisions à deux. Après, évidemment que quand il faudra trancher, c’est vers moi qu’on se retournera, je me prépare à ça. Mais j’insiste vraiment sur le fait que nous irons à deux sur nos prérogatives. Je sais faire ce genre de choses. Un duo doit être fort pour que l’équipe soit plus forte. Si je suis seul ou que je ne partage pas, nous ne serons pas dans la construction de l’équipe. Ce n’est surtout pas ce que je veux. Je veux réussir sportivement.

Connaissiez-vous Shaun Sowerby ?

Pas du tout. Il était arrivé en France en 2004 et nous nous étions rencontrés sur les dernières années où je jouais encore en Top 14. Nous avons eu cette chance que le club nous choisisse tous les deux. Aujourd’hui, nos familles sont encore de leurs côtés. Les entraînements ont commencé depuis maintenant trois semaines. Le club nous a proposé que l’on se mette en colocation pendant ces trois semaines. Tous les jours, nous nous retrouvons donc tous les deux à travailler sur le projet, l’évolution, les hommes et ça nous a fait gagner du temps sur la connaissance de l’autre.

Quelles seront vos philosophies de jeu ?

Nous voudrons être très précis sur les phases de ruck et sur nos lancements. Dans notre jeu, la prise de décision va être importante. Je crois que Biarritz a beaucoup d’éléments lui permettant de dire qu’il ne faut pas se cantonner juste à un cadre. Bien sûr, il y en aura un qui sera posé, mais nous voudrons pousser les joueurs à aller chercher beaucoup plus, pour qu’ils se fassent plaisir sur des phases de contre-attaques et dans l’initiative.

En termes de management, à quoi ressemblera la méthode Nadau ?

Si elle est à Tarbes, elle est dans le participatif. Si elle est à Carcassonne, elle est dans le directif. C’est une méthode qui va plutôt être adaptée aux personnes face à moi. Elle sera beaucoup dans le partage et dans l’échange avec les staffs, avec qui nous avons passé des moments de convivialité dernièrement. Il faudra que l’on ait envie de venir à l’entraînement, qu’on y apporte de la gaieté.

Comment jugez-vous l’effectif ?

Je suis très, très agréablement surpris sur le côté joueur de notre équipe. Nous sommes arrivés tardivement, mais Matthew Clarkin et Jean-Baptiste Aldigé ont très bien travaillé sur l’homogénéité de l’effectif, pour que le groupe soit bien équilibré. Je sens une équipe qui a faim. En général, quand on arrive à la préparation, on est tous très orientés sur le fait d’être « fit ». Là, nous sommes déjà dans les échanges de rugby et on sent, dans ceux-ci, des joueurs qui ont très envie d’être en place pour aller chercher des situations de liberté, maintenant que le cadre est là. Pour démarrer, je trouve que ce côté très enthousiaste est un élément très important. 

Pablo Ordas
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