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Super Rugby

Jaguares : Orlando magique

Meilleur marqueur de son équipe cette année avec huit essais, Matias Orlando est le symbole de ces Jaguares qui ont galéré, se sont endurcis et qui rayonnent désormais dans l’hémisphère Sud.

"S’il y a un joueur qui symbolise l’évolution des Jaguares, c’est bien Matias Orlando assurément. " Entraîneur du San Isidro Club et mémoire vivante du rugby argentin, Sebastián Perasso établit un parallèle, évident à ses yeux, entre l’émergence de la franchise et la progression du trois-quarts centre de 27 ans : "Les plans de développement et le contact du haut niveau ont façonné un joueur d’élite. Il est beaucoup plus complet, beaucoup plus fort et beaucoup plus rapide. Il a gagné en qualités techniques et est devenu un véritable meneur grâce à toute la confiance accumulée. Il gagne aussi plus de duels, franchit davantage les défenses, marque plus d’essais…" Le tableau se veut on ne peut plus élogieux.

Le gamin de Huirapuca était jusqu’à présent perçu comme un joueur fiable, régulier mais au rendement offensif plutôt quelconque. En trente-neuf sélections, il a marqué à cinq reprises et il avait compilé sept essais en une quarantaine d’apparitions sur ses trois premières années de Super Rugby. Cette année, il a basculé dans une nouvelle dimension en s’affirmant comme une force de frappe redoutable balle en main. Ses statistiques personnelles ont flambé : avec huit réalisations en seize rencontres, dont deux en demi-finale, il se trouve être le meilleur marqueur des siens, juste devant Ramiro Moyano. Vendredi dernier, au terme du succès retentissant face aux Brumbies, Matias Orlando en croyait à peine ses yeux : "Si l’on m’avait dit ça au début de l’aventure, je ne l’aurais pas cru, j’aurais pensé que c’était un rêve. Il faut profiter pleinement de ces moments de bonheur." La récompense de tant d’efforts et de sacrifices : "Au cours des saisons passées, il y a eu tout un tas de bonnes et de mauvaises expériences qui m’ont sans aucun doute beaucoup fait grandir."

"Pas un défi impossible"

Le cas singulier de Matias Orlando se conjugue au pluriel avec ces Jaguares partis de rien en 2015 et désormais parvenus au sommet : "Ce qui arrive à notre équipe, ce n’est rien d’autre que le fruit de quatre ans de travail, bien au-delà de tout ce qui a été consenti depuis le mois de janvier, poursuit le centre, capé en mai 2012, après une expérience à VII. Nous avons travaillé plus dur que les autres pour y parvenir. Tout ce vécu, c’est ce qui rend notre état d’esprit si spécial, ce qui fait que notre collectif est aussi uni. " Le meilleur reste peut-être encore à venir pour les Jaguares : "Je suis content de ce que nous avons accompli jusqu’à présent mais nous n’en sommes qu’à la moitié de cette saison."

2019 peut devenir une année mémorable pour le rugby argentin. Avec, dans un premier temps, la conquête du titre de Super Rugby chez les rois de l’hémisphère, samedi, à Christchurch : "Les Crusaders ont toujours l’étiquette de favoris, ils le prouvent année après année. Mais ce n’est pas un défi impossible pour autant. Tout le monde va en Nouvelle-Zélande pour gagner ce titre et, pour cela, il faudra être meilleurs qu’eux sur quatre-vingts minutes. C’est une très belle opportunité." Une première occasion de décrocher un trophée avant de basculer sur un défi encore plus excitant pour Matias Orlando et la majorité de ses partenaires : la Coupe du monde au Japon. Pour l’occasion, les Jaguares se transformeront en Pumas. Encore plus mordants, assurément…

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