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Super Rugby

Mo'Unga - Diaz Bonilla : la nuit des seconds couteaux

Doublures de luxe en sélection, le Néo-Zélandais Richie Mo’unga et l’Argentin Joaquin Diaz Bonilla auront l’occasion samedi de frapper fort et de bousculer la hiérarchie, dans la dernière ligne droite avant la Coupe du monde…

Ils s’appellent Richie Mo’unga et Joaquin Diaz Bonilla, et présentent trois points communs : celui d’évoluer au poste de demi d’ouverture, de disputer une finale de Super Rugby samedi, et d’être pourtant considérés comme des doublures dans le cadre de leur sélection. Trois similitudes auxquelles on pourrait facilement en ajouter une quatrième : à savoir qu’ils sont nombreux, parmi les observateurs les plus avisés de leur pays, à réclamer que les deux hommes deviennent les meneurs de jeu titulaires de leur équipe nationale, devant les monstres sacrés Beauden Barrett et Nicolas Sanchez. Et il va sans dire qu’en réalisant une grande finale, les deux hommes présenteraient un argument de poids, à quelques semaines d’un Rugby Championship déguisé en matchs de préparation pour la Coupe du monde…

Impensable ? On serait en droit de le penser pour Joaquin Diaz Bonilla, éternelle doublure de Nicolas Sanchez. Sauf que ce dernier réalise, à l’âge de 30 ans, rien moins que la saison de sa vie. Libéré de la concurrence, ce dernier se révèle même sous la houlette de Gonzalo Quesada un stratège de très haut niveau, celui par lequel les Jaguares ont quitté l’étiquette d’équipe "joueuse mais naïve" pour devenir une formation plus clinique, donc efficace…

Diaz Bonilla, un novice de 30 ans

Davantage porté sur la gestion que son prédécesseur (quand bien même ses quatre saisons passées sur le circuit mondial à VII en font un attaquant estimable, à la précision de passe chirurgicale), bon buteur, "Tito" s’avère en outre protégé à l’extrême par ses coéquipiers, qui l’exposent le moins possible sur les situations défensives. Une donnée d’autant plus importante que dans le contexte intimidant de Christchurch, les Jaguares devront avant tout ne pas s’exposer. Et qu’à ce titre, la froideur de Diaz Bonilla comptera double…

Reste que ce dernier aura affaire à forte partie, avec un Richie Mo’unga qui sait pertinemment qu’en cas de succès des siens, sa candidature sera examinée de très près par Steve Hansen. Programmé pour succéder à Dan Carter (il honorera sa 57e titularisation en autant de matchs depuis quatre ans), celui qui a déjà remporté à deux reprises le Super Rugby en 2017 et 2018 vient tout juste de surclasser son concurrent Beauden Barrett en demi-finale, en faisant valoir une capacité égale à animer le jeu (une de ses inspirations ayant fait rien moins que basculer le match à un moment critique, lorsqu’il contre-attaqua dans ses 5 mètres un ballon que 99 % des ouvreurs au monde auraient botté en touche), tout en présentant des garanties supplémentaires dans tous les registres du jeu au pied. À commencer par les tirs au but…

Mo’unga, privé de Crotty

Des atouts de nature à interpeller le sélectionneur des Blacks, bien conscient que la réussite au pied de Barrett constitue l’unique talon d’Achille de sa formation… Si bien qu’après un troisième sacre consécutif, on voit mal ce qui pourrait empêcher Mo’unga de ravir la place de numéro un à Barrett. D’autant plus qu’en l’absence de son habituel lieutenant Ryan Crotty au centre du terrain, Mo’unga a l’occasion de prouver qu’il peut définitivement endosser le costume du patron, dernière réserve régulièrement posée à son encontre. Cela étant dit, la nuit des seconds couteaux peut commencer…

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