• Heyneke Meyer (Manager du Stade français). Photo Stade.fr
    Heyneke Meyer (Manager du Stade français). Photo Stade.fr
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Entretiens

Meyer : "Ce débat sur les Sud-Africains me rend fou !"

L’ancien gourou des Springboks recrute-t-il trop de joueurs sud-africains ? L’identité "stadiste" est-elle en danger ? Heyneke Meyer se défend, sans langue de bois…

Qu’avez-vous retenu de votre première année en France ?

J’ai découvert que le Top 14 était une compétition exigeante, probablement la plus exigeante de la planète. Récemment, le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus a d’ailleurs pris les Toulousains Rynhardt Elsdadt et Cheslin Kolbe pour préparer la Coupe du monde. En Super Rugby, on joue tous les ballons mais on défend moins férocement. Le Top 14, c’est ce qui se rapproche donc le plus de l’univers du rugby international. Et c’est la raison pour laquelle les moins de 20 ans tricolores viennent d’enchaîner deux titres de champion du monde.

Que manquiez-vous dans votre squad ?

On a démarré la saison avec une très grosse mêlée. Après ça, trois de nos joueurs (Herrera, Alo-Emile, Fisi’Ihoi) sont partis en tournée d’automne, on a perdu le fil et notre force en mêlée. Nous manquions donc de profondeur à ce poste, c’est la raison pour laquelle Béthune, Vaotoa, Futeu ou Mavinga nous rejoignent aujourd’hui. En deuxième ligne, je nous ai aussi trouvés trop juste. Hugh Pyle est à nouveau prêt, Pierre-Henry Azagoh (Massy, N.D.L.R.) nous fera du bien et Hendré Stassen occupera aussi le poste. Nous avions besoin d’un finisseur et Sefa Naivalu nous rejoint dans ce but. Quant au jeune Joris Segonds, il est excellent et je suis heureux d’avoir pu le souffler au Racing ! (rires) Mais c’est un deuxième centre, un numéro 13, que je cherchais absolument parce que Gaël Fickou était jusqu’ici le seul à pouvoir occuper le poste. Avec le polyvalent Ruan Combrinck (arrière et centre), nous possédons désormais ce profil.

Quelle sera l’organisation de votre staff ?

J’ai beaucoup appris de cette première saison et je souhaite désormais m’occuper de l’animation offensive. Ricardo Loubscher sera en charge des trois-quarts, Pieter de Villiers et Dewald Senekal des avants.

En signant trois Sud-Africains, Hall, Mapoe et Combrinck, n’avez-vous pas peur de la réaction des gens ?

Ce débat sur les Sud-Africains me rend fou. C’est un faux procès ! Quand je suis arrivé au Stade français, il y avait sept Sud-Africains, MacLeod, Mostert, Bosman, Van der Merwe, Steyn, Burden, Alberts… Après le Mondial (Mapoe, Alberts et Steyn sont jokers Coupe du monde), ils ne seront plus que deux, Hall et Combrinck !

Mais…

(il coupe) A-t-on fait ce procès au manager de Pau (Mannix) parce qu’il faisait venir des Néo-Zélandais ? A-t-on dit quelque chose aux Clermontois quand ils ont pris Paige et Engelbrecht, deux joueurs que j’ai coachés aux Bull, en jokers Coupe du monde ? Ça m’agace parce que ça ne correspond pas à la réalité et je peux vous jurer que dans quatre ans, le souhait du docteur Wild sera exaucé : nous jouerons avec 90 % de Jiff formés au club.

Le sujet est sensible…

Oui ! Avec Alo-Emile, Naivalu, Pyle et Gray, j’ai plus d’Australiens dand le squad que de Sud-Africains ! Pourquoi ne me parle-t-on que de mes compatriotes ? Dernièrement, Fabrice (Landreau) m’a proposé Juandré Kruger et j’ai dit non parce que je savais que les gens nous seraient encore tombés dessus. Quand Jesse Kriel (centre des Springboks) et Malcolm Marx (talonneur des Springboks) m’ont dit être intéressés pour nous rejoindre, j’ai également mis mon veto ! Vous savez quoi ? Eben Etzebeth est comme un fils pour moi et si j’avais insisté un peu, j’aurais pu aussi le faire signer ici. Mais je n’ai pas voulu. Parce que le but, ce n’est pas de faire une franchise sud-africaine à Paris.

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