• Sevens - Jean-Pascal Barraque (France 7)
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Tournoi de Colomiers

Barraque : "Faites-vous plaisir mais soyez méchants, aussi !"

Le fer de lance des Bleus se projette sur le défi du week-end et évoque sa nouvelle dimension en sélection.

Comment sentez-vous les troupes à l’approche de cette échéance décisive ?

La dynamique est bonne avec la confiance qui a encore été engrangée grâce à la victoire à Moscou et à notre fin de saison, plus généralement. À partir de Vancouver, tous nos résultats ont été positifs. Ce que j’avais peur, c’était que cette finale soit un coup d’un jour et que ça ne se confirme pas par la suite. Mais même à Singapour où l’on ne passe pas les poules, on gagne le Trophy. L’équipe a pris confiance et elle réussit ce qu’elle tente. Ce qui fait notre force, désormais, c’est que ce groupe ne lâche pas. Les adversaires savent que l’on est "casse-couilles ". Gagner à Colomiers nous permettrait de valider cette belle saison par une qualification olympique et nous éviterait la galère des repêchages.

Comment l’équipe a-t-elle inversé la dynamique ?

On peut parler de déclic après Las Vegas, oui. Ça nous était déjà arrivé de finir derniers mais il y a eu un électrochoc cette fois. Nous sommes allés boire un verre tous ensemble. Il y a eu une explication et les messages sont passés pour tous. Ça ne servait à rien de se mettre la tête au fond du seau. À VII, tu peux vite rebondir. Ce moment nous a libérés pour la suite.

Au point que la France fait figure de favoris, pour ce TQO ?

Je ne sais pas si nous sommes favoris. Peut-être… Ce que je sais, c’est que nous avons réalisé un gros travail à Moscou en battant deux fois l’Irlande et une fois l’Angleterre. Les Anglais, qui sont assez pragmatiques d’ordinaire, ont même commencé à s’énerver entre eux. Ils avaient presque leur équipe type, en plus. Mentalement, ils sont moins sereins face à nous que par le passé. C’est plaisant de voir ces réactions.

Que représentent pour vous les jeux Olympiques ?

C’est fort, assurément. Quand j’entends ceux qui y étaient à Rio, je prends conscience de l’ampleur de la compétition. C’est le plus gros événement sportif au monde, tout simplement. C’est pour ça que la France se doit d’y être. C’est notre mission. Si l’on veut faire partie des meilleures nations, il faut de toute manière participer aux JO.

Vous avez pris encore plus d’importance dans le groupe cette année en devenant capitaine. Comment l’avez-vous vécu ?

Les entraîneurs m’ont nommé capitaine à partir de l’étape de Vancouver. Ça s’est bien passé. J’en remercie le groupe. C’est grâce à nos performances si je le suis encore. J’aborde ce rôle tranquillement. Je demande juste aux garçons d’être pleinement investi une fois qu’ils sont sur le terrain. Je veux qu’ils y soient libérés. Si tu ne prends pas de plaisir, maintenant, ce n’est pas quand tu vas arrêter le rugby que tu en auras. Je leur dis donc : "Ne vous prenez pas la tête, il faut en profiter à fond. " Pour le reste, je ne suis pas très strict sur ce qui se passe en dehors : il faut dire que je suis le premier à faire des blagues, à déconner…

Est-ce que votre discours sera identique avant ce week-end ?

Il sera un peu plus fort, cette fois, vu l’enjeu : "Faites-vous plaisir mais soyez méchants aussi." Il y a de belles nations en face : l’Irlande, l’Angleterre et l’Espagne, surtout. Si l’on peut montrer dès la 1re journée que l’on est présent, si on peut mettre un pet au moral à la concurrence, ce serait une bonne chose. Autant être agressifs dès le début pour se mettre dans les meilleures conditions.

Cette saison, vous avez terminé meilleur marqueur des Bleus sur le circuit mondial et vous avez été élu dans l’équipe type à Vancouver. Avez-vous passé un cap à VII ?

Ce que j’ai dit au staff, ce que je veux, c’est être le meilleur à mon poste. Et pas forcément en France. Je veux être le meilleur de toutes les équipes. Je donne tout et je ne réfléchis pas. Je me soucie moins de mes stats qu’avant : je donne même des essais tout faits à mes partenaires. Je me prends moins la tête, de manière générale. Peut-être que la vie de famille m’a un peu posé : j’ai eu un garçon et j’attends une petite fille. Elle va peut-être arriver lors du TQO d’ailleurs.

Finalement, c’est le VII qui vous aura apporté la plénitude alors que vous étiez un grand espoir à XV…

J’avais participé à mon premier tournoi en 2012. J’avais remercié Pomarel pour cette opportunité : "Grâce à toi, j’ai retrouvé le plaisir." La dernière saison à La Rochelle ne s’était pas bien passée. Je suis très content de mon aventure, j’y ai la liberté que j’aime tant. Et puis, j’ai l’occasion de jouer des finales et de gagner des tournois, comme cette année à Elche et Moscou. J’espère que ça va continuer sur cette lancée l’année prochaine. Après, mon contrat arrivera à sa fin. On verra après pour le futur.

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