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Entretiens

Mathieu Bonello : "Le plaisir doit rester au centre"

MATHIEU BONELLO - Entraîneur des avants de Massy L’ANCIEN TALONNEUR DE CASTRES ET ENTRAÎNEUR DE LAVAUR A DéBUTé SON TRAVAIL à MASSY.

Joueur de Gaillac puis de Castres, et reconverti entraîneur à Lavaur, vous avez passé l’intégralité de votre carrière dans le Tarn. Pourquoi le quitter pour Massy ?

Justement parce que je ne m’étais jamais expatrié. Je sais que cela a tendance à se perdre aujourd’hui, mais j’aime beaucoup la fidélité. C’est pourquoi j’ai pu vivre toute ma carrière professionnelle au même endroit. Mais j’ai ressenti le besoin de sortir de mon cocon et de me fixer des objectifs dans un endroit où je maîtriserai moins de choses.

Pour combien de temps avez-vous signé à Massy ?

Pour deux ans.

À Lavaur, votre duo d’entraîneurs a rencontré beaucoup de succès, avec le gain d’un titre de champion de France. Quelle est votre approche de votre métier ?

Je suis dans la lignée de ceux qui pensent que le bien vivre ensemble est une donnée essentielle. Mon management s’attache à préserver le rugby comme une chose passionnelle. Nous avons tous grandi depuis l’école de rugby, et nous en faisons notre métier, mais le plaisir doit rester au centre.

Vous avez entamé votre cycle à Massy par la décision de faire repeindre par les joueurs la salle de vie et la salle de musculation. Cela fait-il partie de ce que vous appelez le "bien vivre ensemble" ?

Oui, d’une certaine manière. Il fallait le faire, et si nous avions dû patienter jusqu’à la fin du processus de l’intervention des services techniques de la ville, nous aurions débuté la saison sans que cela soit fait. Il m’a semblé plutôt adéquat de demander aux anciens joueurs du club, qui étaient là avant les recrues, de se charger de ce travail. Les joueurs n’ont pas signé pour devenir peintre, mais il faut avancer vite et tous ensemble. Il faut vivre notre aventure avec intensité.

Quel jeu pensez-vous mettre en place avec votre co-entraîneur Jean-Baptiste Dimartino ?

En tant qu’entraîneur des avants, il faut être honnête, je ne vais pas abandonner mes standards. Je viens d’un pays où le jeu d’avants est primordial. Je suis porté sur la possession de la balle et son utilisation à partir de certaines exigences. Je n’accepterai pas que nous ne soyons pas dominateurs dans certains domaines identifiés. Clairement, nous allons travailler la base avant de nous épanouir. Nous ne grillerons pas les étapes. Propos recueillis par G. C.

Guillaume Cyprien
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