• Après Rio, Stephen Parez veut revivre l’expérience des jeux Olympiques à Tokyo en 2020
    Après Rio, Stephen Parez veut revivre l’expérience des jeux Olympiques à Tokyo en 2020 Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique / Patrick Derewiany
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Tournoi de Colomiers

Parez : les fruits de la passion

Ancien grand espoir du rugby à XV, ce "Puciste" passé brièvement par le Racing a soudainement basculé au VII à 18 ans. Six ans après, ce pionnier s’est affirmé comme un cadre de la sélection, à force de travail mais aussi grâce au plaisir.

L’insouciance dans le regard va de pair avec la simplicité du propos : "Je ne connais pas mes stats, franchement, mais ce que je sais, c’est que je me suis régalé cette année." Stephen Parez, 24 ans, vit la plus belle saison de sa déjà longue carrière à VII, avec vingt-cinq essais à son actif — série en cours — et une participation des plus actives à la progression des Bleus.

Incontestablement, le demi de mêlée a franchi un cap en 2019. Le compliment vient de Jérôme Daret, son entraîneur : "Stephen est en progression totale. Il a bien compris son rôle, que ce soit offensivement ou défensivement. Il est en train de gagner la maîtrise du tempo, les changements de rythme. Il s’approprie les choses, les capitalise. Cela fait rayonner l’équipe. " L’intéressé relativise, en toute humilité : "Les trois premières années, je faisais essentiellement des passes, j’en oubliais même de jouer des duels. J’avais la responsabilité d’animer, ça me mettait peut-être une barrière inconsciente. Peut-être que je suis plus libéré, que j’anticipe plus les coups… J’ai en tout cas eu un questionnement sur mon jeu pour voir comment je pouvais me perfectionner et jouer plus intelligemment. C’est un travail que le staff m’a poussé à faire." Au fil des voyages et des galères, l’enfant du PUC s’est élevé parmi les meilleurs demis de mêlée de sa discipline. Un joli clin d’œil du destin, en souvenir de ce passé, où le maillot floqué du numéro 9 s’était refusé à lui. Au cœur de ses jeunes années, auréolées d’un grand chelem dans le Tournoi 2014 avec les Bleuets : "à la base, j’avais une formation d’ailier mais, pour passer pro, je cherchais à étoffer mon bagage en jouant à la mêlée. Le Racing était le seul club qui était disposé à me prendre à ce poste en équipe espoirs et peut-être en équipe une. Mais au final, je suis resté toute l’année à l’aile. Ça ne s’est pas bien passé. " Une porte était en train de se fermer pour l’international jeunes. Une autre s’est ouverte, progressivement : "Dans le même temps, j’étais au pôle France. À l’époque, France VII développement faisait appel aux moins de 20 ans. Il y a eu une vague de blessés et on m’a sollicité." Le premier de ses innombrables tours du monde venait de débuter : "Je me suis tout de suite éclaté : les stades pleins à Hong-Kong, le fait de pouvoir courir dix mètres avec le ballon… Vous savez, je suis un peu hyperactif, alors ça me correspondait bien. "

Après les JO 2020, un retour au XV me botterait bien

Le coup de foudre se révèle réciproque entre l’explosif aspirant et les entraîneurs de la discipline en quête de potentiel : "Quand j’ai eu l’opportunité de passer en contrat, j’ai rompu avec le Racing, alors qu’il me restait un an." Devenant ainsi un des pionniers de l’odyssée à VII, à contre-courant de la ruée vers cet eldorado nommé Top 14 : "J’avais 18 ans à ce moment-là. Entre jouer le championnat espoirs et partir faire des tournées de dingue pour affronter des pros, il n’y avait pas photo. Je me suis laissé embarquer. C’était pour parfaire ma formation, au début. à VII, il faut la passe des deux côtés, de la précision, de la vitesse, savoir jouer ses duels… En plus, je me suis retrouvé à la mêlée. Ça m’allait encore mieux. Je me suis dit que si je revenais à XV, j’aurais ce bagage technique de numéro 9, même s’il y a des différences entre les deux pratiques. J’ai mis le XV de côté à ce moment-là." Et le Puciste de sourire : "Bon, six ans après, je suis encore là. Les JO ont été un vrai atout pour continuer. J’ai trouvé ce challenge énorme à relever. " En 2016, Stephen Parez est récompensé de son choix : il participe à la plus grande compétition sportive au monde, dispute six matchs, inscrit deux essais. Trois ans après, il compte les jours et les échéances le séparant de Tokyo pour ressentir de nouveau cette émotion : "Quand c’est dur, je pense aux JO", sourit-il. Au regard de sa progression et de la dynamique enfin positive de la sélection, le rendez-vous nippon peut marquer le sommet de cette tumultueuse aventure en bleu.

Si la France s’invite à l’événement, Stephen Parez fêtera son vingt-sixième anniversaire sur place. Le 1er août, le jour des finales. Drôle de coïncidence… Le demi de mêlée se trouvera alors à la croisée des chemins : "Après les JO 2020, j’avoue que le XV, ça me botterait bien. Quand j’ai commencé le rugby, mon rêve, c’était le XV de France. Ça reste le rêve et un objectif super intéressant. Après, je ne connais pas le niveau. En tout cas, je ne ferme pas de portes. Car Paris 2024, ce sera inexplicable aussi."

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