• Yannick Bru, ici à la tête de l’entraînement, ne parle pas encore de maintien mais souhaite déjouer les pronostics en évitant la rélégation immédiate souvent promise aux promus. Photo Pablo Ordas
    Yannick Bru, ici à la tête de l’entraînement, ne parle pas encore de maintien mais souhaite déjouer les pronostics en évitant la rélégation immédiate souvent promise aux promus. Photo Pablo Ordas
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Revirement de la jurisprudence à Bayonne

Excités à l’idée de jouer en élite, les Bayonnais ont conscience de l’ampleur de la tâche qui les attend. À l’image des promus souvent condamnés à l’avance. Mais l’équipe de Yannick Bru a mis tous les atouts de son côté.

Yannick Bru s’est gardé de prononcer le mot "maintien". Pas question encore d’aborder les objectifs de la saison. Il a simplement évoqué l’attitude qu’il attend de ses joueurs. "Bien figurer. Bien figurer c’est montrer une attitude, une compétitivité de l’équipe. Montrer qu’on a notre place à ce niveau. Humilité ne veut pas dire manque d’ambition. On attendra bien plus tard dans la saison avant d’utiliser certains termes." Comme le maintien ? Avons-nous relancé. "Exactement. On va rester réaliste sans manquer d’ambition", a-t-il rétorqué (à lire en entier sur Rugbyrama.fr).

Bayonne, si l’on se réfère aux antécédents, se trouve dans une situation bien inconfortable, logé à l’enseigne des clubs de Pro D2 qui doivent préparer leur montée en un mois. Car il n’était pas du tout dans les plans des Basques de retrouver l’élite cette saison, contrairement à d’autres. "Le train de l’Aviron est en avance !", a précisé d’emblée le manager.

Alors, forcément, l’exemple de Perpignan revient en pleine face. Tous les clubs de Pro D2 sont-ils condamnés d’avance ? Grenoble a cédé lui aussi non sans résister. Si le syndrome existe, Yannick Bru n’hésite pas à aller plus loin dans la sémantique. "La jurisprudence Perpignan fonctionne mais je pense que la jurisprudence Bayonne a fonctionné aussi ! Le fait d’être monté et redescendu après une saison difficile a provoqué quelque chose dans la psychologie de nos gars." Est-ce pour cette raison que les joueurs, notamment ceux présents la saison passée, sont revenus déjà très préparés ? En tout cas leur degré de forme a ravi le staff. "Avec Ludo Loustau, poursuit le manager, on est en train de traiter l’évaluation de retour de vacances et cela n’a rien à voir avec les résultats de l’année dernière, avec les mêmes joueurs. Il y a eu une progression importante, du travail, beaucoup de sérieux." La prise de conscience est donc bien réelle. Et le travail de recrutement s’est adapté pour aller vers un revirement de la "jurisprudence".

Des revanchards et un défi physique

Les renforts ont été ciblés sur des postes spécifiques et, à la fois, sur des profils psychologiques. "On a fait des paris !", précise le patron du rugby bayonnais. Budget oblige aussi. Si le temps a été compté pour trouver des joueurs, le choix n’a pas été, non plus, pléthorique. Deux constantes ont guidé les responsables bayonnais. "On a essayé de s’entourer de compétences souvent étrangères mais toutes marquées par l’envie de relever pour elles un nouveau challenge parce qu’elles ont été déçues, parce que leurs dernières expériences ne se sont pas passées comme prévu. On a donc pris des revanchards comme Camara, Hingano, Alofa, Luamanu, Ruru, Galarza, Monribot, qui viendront s’intégrer dans l’état d’esprit de l’année dernière." Sans oublier le défi physique, deuxième volet et pas des moindres. "On avait une équipe très mobile, joueuse, mais qui manquait de densité. C’est pourquoi nos recrues, devant comme derrière, vont amener du punch, de la densité, de la présence physique." Si le terme "maintien" n’est pas encore sur les lèvres de Yanick Bru, le mot "montée" n’avait jamais, non plus, la saison dernière, fait partie de son vocabulaire…

Edmond Lataillade
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