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Entretiens

Rodier : "Ce n’est pas le fruit du hasard"

Rappelez-nous votre parcours ?

Christophe Rodier (entraîneur principal d’Issoire) : J’ai débuté le rugby à l’âge de 8 ans à Issoire. J’y ai joué jusqu’à 22 ans. Puis pour des raisons de travail j’ai rejoint le club de Montaigut-Besse comme emploi-jeune. J’ai eu la chance de travailler dans les écoles du secteur, ce qui m’a donné le goût de l’animation. Je me suis donc formé et j’ai poursuivi avec un brevet d’état de rugby. Je suis ensuite parti à l’ASM. J’ai entraîné les catégories jeunes. Je garderai en souvenir les deux finales Crabos dont celle gagnée en 2010 face à Bayonne. J’ai ensuite entraîné les Reichel puis les Espoirs avant de revenir l’année dernière à Issoire au centre d’entraînement.

Vous venez de remporter le titre de champion de France de Fédérale 2. Qu’avez-vous ressenti au coup de sifflet final ?

C’est inexplicable. C’est à la fois un sentiment de satisfaction et de joie intense. J’étais d’autant plus heureux que ce titre je l’ai gagné dans mon club de cœur et de formation. C’est aussi très gratifiant car ça valide les méthodes de travail de tout un staff mais également la politique menée depuis plusieurs années par le club et son président Claude Pojolat. En quelques secondes il y a plein de choses qui ont défilé dans ma tête.

 

Quel est selon vous le vecteur de la réussite issoirienne ?

Quand on est champion, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le travail d’une année et de bien plus. Un groupe cela ne se formate pas en une saison. Il faut d’abord les joueurs qui s’y prêtent, avec le bon état d’esprit. Il faut de la rigueur, de l’investissement et de la continuité dans ce que l’on fait. Cela veut dire une bonne politique de recrutement, de formation et d’intégration des jeunes. Il n’y a pas de place pour la chance. Sur un match peut-être. Pas sur une saison et encore moins sur plusieurs. Il ne faut oublier pas qu’Issoire était encore en Honneur en 2013.

La Fédérale 1 n’était pas forcément l’objectif de ce début de saison. Encore moins le titre…

Le premier objectif du championnat était de faire mieux que l’an passé. Donc légitimement, au vu de notre début de saison nous avons visé la première place. Et puis, au fil des mois, nous nous sommes installés aux commandes de la poule. Il nous fallait un nouveau challenge. Tenter de monter en Fédérale 1 devenait une évidence. Une fois la montée acquise, nous avions deux solutions. Soit de profiter encore un peu des phases finales, soit d’aller au bout. Nous avons donc réuni les joueurs qui ont choisi d’aller chercher le bouclier. Mais attention, pour la petite histoire, ce n’est parce que l’on veut que l’on peut. Il a fallu redoubler d’efforts et continuer à travailler.

Hormis bien entendu le titre, quels ont-été les moments intenses de ces phases finales ?

Le premier tour à Peyrehorade a été un moment particulier où on était en droit de se poser plein de questions. Il y a eu aussi l’émotion et le stress en toute fin de partie à Orthez avec notamment un dernier quart d’heure très difficile. Mais on repart avec seulement un petit point de retard et beaucoup de certitudes. Plus largement, toutes nos fins de matchs ont été éprouvantes. Celle de Pamiers également où notre adversaire tape le poteau et nous laisse la victoire. On aurait sans doute préféré gagner avec quinze points d’avance, mais la saveur n’aurait pas été la même.

À Rumilly aussi il y a eu beaucoup de suspens. Comment avez-vous vécu cette fin de match ?

Quand on prend ce dernier essai en toute fin de rencontre, j’ai d’abord pensé aux gars, à tous nos supporters, aux dirigeants, à tous ces anciens joueurs qui avaient fait le déplacement, à tout ce travail réalisé depuis des mois par les joueurs. Je n’ai pas eu d’autre pensée. Et puis sur le coup d’envoi, j’ai eu le sentiment que ce n’était pas terminé. Je savais que les joueurs ne lâcheraient rien. Cela a été leur marque de fabrique sur toute la saison. Il y avait zéro raison pour que cela change. Et là quand on récupère la pénalité, je savais que l’on serait champion.

Éric Bayard
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