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Afrique du Sud - Australie : Bizarre, ce match...

Entre une équipe sud-africaine faisant délibérément tourner son effectif et des Australiens récemment choqués par une agression, cette première rencontre du Rugby Championship s’annonce bizarre à bien des titres...

Pour tout dire, ce match à Johannesburg interpelle. Afin de survivre à ce Rugby Championship resserré en trois journées, le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus a ainsi décidé de mettre en place une stratégie qui, après tout, se défend : samedi soir, à l’Ellis Park, ce sont les réservistes Springboks qui affronteront les coéquipiers de Will Genia et Michael Hooper dans ce premier round de la compétition ; la plupart des stars de l’effectif sud-africain (Marx, de Allende, Le Roux, Kolbe, Diantyi...), elles, ont quitté leur pays natal mercredi afin de rejoindre Wellington, où elles affronteront les All Blacks la semaine suivante. Si l’on en croit nos confrères sud-africains de Sport24.com, Rassie Erasmus devrait d’ailleurs procéder de la même façon lors du prochain Mondial japonais : dans leur poule, les Springboks "A" affronteront l’Italie puis la Nouvelle-Zélande, quand les réservistes auront pour mission de vaincre le Canada et la Namibie.

Comprenez donc que cet Afrique du Sud — Australie perd un tantinet de saveur sans la charnière Handré Pollard — Faf de Klerk, l’une des meilleures au monde. Malgré tout, le peuple d’Afrique du Sud croit dur comme fer à l’association de bienfaiteurs Jantjies & Jantjies, laquelle démarrera le Test de ce week-end. Si Elton Jantjies, le fantasque ouvreur des Lions de Jo’burgh, est désormais identifiable aux yeux du grand public, son jeune frère Hershel, actuellement demi de mêlée des Stormers, est en revanche totalement méconnu. Rapide, vif, culotté, il pourrait constituer avec son aîné une charnière inédite, alléchante et à bien des égards spectaculaire.

Mzwandile Stick, l’entraîneur des trois-quarts sud-africains, expliquait à ce propos en conférence de presse : "Une telle combinaison serait nouvelle mais si vous regardez Hershel et Elton de plus près, vous remarquerez que leurs styles de jeu sont identiques. Sincèrement, je reste persuadé que les frères Jantjies sont plus que complémentaires et pourraient constituer une belle alternative à Faf De Klerk et Handré Pollard, dans les mois et les années à venir." Poussés par les 60 000 personnes de l’Ellis Park, boostés par les liens du sang et cette épopée familiale à bien des titres originale, Elton et Hershel Jantjies devront répondre à l’attente placée en eux, mettre le feu au terrain et laisser l’histoire inchangée : pour mémoire, les Australiens n’ont en effet plus gagné à l’Ellis Park de Johannesburg depuis 1963, soit cinquante-six ans !

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Une vie, ça n’a pas de prix

Alors, les Wallabies sont-ils néanmoins capables de signer un exploit historique ? Difficile à dire. Dans le camp de Michaël Cheika, la semaine n’a pas été idyllique et, passé la bonne nouvelle du retour de l’enfant prodige James O’Connor, les Wallabies ont dû faire face à une histoire extra-sportive pour le moins rocambolesque et qui, selon les termes de plusieurs joueurs australiens, a longtemps hanté le squad. Les faits ? Les voici : alors qu’ils avaient organisé un dîner entre "gros" dans un restaurant situé à cinquante mètres de leur hôtel de Johannesburg, les avants australiens étaient alors agressés par un individu, dans la rue. Celui-ci, après avoir arraché le téléphone portable des mains du pilier des Reds Taniela Tupou, se réfugiait alors dans une voiture qui l’attendait non loin de là avant de déguerpir. Blessé au bras en essayant de rattraper le malfaiteur, le Taniela Tupou, très choqué, se résignait à rejoindre sa chambre et faire le deuil de son objet high-tech.

Présent lors de l’affaire, le talonneur des Rebels Jordan Uelese expliquait cette semaine aux journalistes : "Il faut imaginer ce que donne à voir une réunion de dix types de 120 kg qui sortent du restaurant. C’est intimidant, non ? Quand on a été attaqué, je me suis dit : "Waouh, ces mecs-là n’ont peur de rien ! Tout est possible dans ce pays !" Cette histoire est juste incroyable parce qu’avant que cela ne survienne, je me disais justement que je ne pouvais être plus en sécurité qu’avec ces mecs-là autour de moi…" Touché dans sa chair, le paquet d’avants des Wallabies, s’il refuse de stigmatiser un pays qui les avait jusque-là toujours bien accueillis, promet néanmoins un beau retour de flammes aux rugbymen sud-africains, samedi soir. Face à la presse, le solide Jordan Uelese poursuit ainsi : "Après avoir été un peu choqués, on s’est tous repris en mains et notre meilleure réponse, nous la donnerons sur le terrain de l’Ellis Park ce week-end. à froid, je me dis néanmoins qu’on a tous très bien réagi sur ce coup-là. Il n’aurait servi à rien de les poursuivre et de se battre. Ces gens-là étaient probablement armés. Un téléphone, ça se change. Une vie, ça n’a pas de prix. "

DUZAN Marc
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