• Les Sud-Africains durant l'hymne
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International

Afrique du sud : les fleurs du maul

Les ballons portés et le jeu au pied d’Elton Jantjies seront les principaux atouts des Springboks face aux australiens.

Vous ne pouvez pas l’avoir oublié. C’était au Stade de France, au mois de novembre 2018. Un match au scénario fou, imperdable pour les Bleus, et pourtant bel et bien évanoui (26-29) après des arrêts de jeu interminables, et moult rebondissements. Mais ce qu’on n’a peut-être pas assez relaté, ce jour-là, c’est bien la démonstration de force réalisée par les Springboks dans ce money time, capables de pousser les Bleus à la faute à deux reprises sur leurs mauls, puis de conclure à deux reprises leurs pénaltouches par le talonneur Mbonambi, un premier essai refusé précédant celui de la gagne…

Un succès fondateur, à en croire le sélectionneur Rassie Erasmus, qui le rappelait à nos confrères sud-africains voilà quelques semaines. "Ces dernières saisons, les Springboks ont voulu se mettre à la page de ce qui se pratiquait partout dans le monde, et j’étais d’accord avec ça. Seulement, il n’est pas impossible que nous soyons allés dans un certain excès. Nous avons aussi une culture de jeu, une identité qu’il s’agit de respecter. Ce match contre la France nous a permis de nous souvenir que sur certains fondamentaux, nous avons des qualités à faire valoir, et cela me semble très intéressant d’expérimenter ces formes de jeu lors du prochain Rugby Championship. "

Vieilles ficelles

En clair ? Pour cette ouverture du tournoi, on peut attendre des Springboks face à l’Australie qu’ils usent de leurs plus vieilles ficelles. À savoir, dans un premier temps, le jeu au pied d’Elton Jantjies pour faire cavaler le troisième rideau australien (qui plus est désormais privé de son meilleur élément, Israel Folau) et essouffler le pack des Wallabies, en comptant en outre sur les effets de l’altitude et du décalage horaire. Et dans un deuxième temps, compter sur la puissance des avants pour valider les temps forts près des lignes.

Le genre de stratégie pour laquelle leur mêlée, et surtout l’arme des ballons portés devraient bien constituer les premiers atouts des Sud-Africains, conscients que ces aspects du jeu ne sont pas franchement une priorité culturelle chez les Wallabies, plus coureurs et portés sur le jeu au sol. D’autant plus logique qu’en l’absence d’une majorité de titulaires, qui ont d’ores et déjà rejoint la Nouvelle-Zélande pour préparer convenablement le match de la semaine prochaine, les Springboks n’ont globalement pas les moyens de proposer autre chose…

Changement de stratégie pour les blacks

Réducteur, vous dites ? Il y a forcément de ça. N’empêche que le calendrier ultra-resserré de ce Rugby Championship oblige naturellement les équipes à prendre de pareils risques, à l’image des All Blacks qui se sont volontairement passés d’une majorité des joueurs des Crusaders pour leur déplacement en Argentine. On salive d’ailleurs, à ce titre, au sujet du prochain Nouvelle-Zélande-Afrique du Sud, pour lequel les deux équipes s’affronteront au grand complet, et constituera une répétition générale du grand choc qui les opposera pendant la Coupe du monde.

Un choc qui sera autrement révélateur, semble-t-il, des grandes tendances à attendre de la Coupe du monde. N’empêche qu’il y aura bien un match à négocier pour les Springboks avant cela, au sujet duquel le centre Jesse Kriel affirmait que les Sud-Africains le préparent "avec autant de sérieux qu’un test contre les Blacks. " En espérant, au bout des 80 minutes, recevoir les fleurs du maul comme les bénéfices d’une assurance tous risques. Avant de passer à autre chose…

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