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Rugby Championship

Extérieur nuit ?

Amputée de huit Crusaders (dont six avants), la défense des Blacks risque de souffrir à Buenos Aires, face à des Pumas qui ont flairé l’aubaine.

Aurait-il été exagéré de voir en cet Argentine-Nouvelle-Zélande une revanche de la finale du Super Rugby, qui opposé les Jaguares aux Crusaders voilà quinze jours ? Sans doute. N’empêche que compte tenu de la nature profonde des équipes-types susceptibles de s’affronter (en gros, 90 % des Jaguares face au pack des Crusaders), il n’aurait pas non plus été absurde d’imaginer les Pumas tirer des leçons de ce dernier match. Le truc ? C’est que les Blacks et leur sélectionneur Steve Hansen ne l’ont logiquement pas entendu de cette oreille, en retenant au pays les héros de Canterbury (Kieran Read, Sam Whitelock, Codie Taylor, Owen Franks, Joe Moody, Matt Todd, Richie Mo’unga et Jack Goodhue) pour mieux préparer le grand match de la semaine prochaine face à l’Afrique du Sud. De quoi modifier la donne, et penser que les All Blacks chercheront à évoluer différemment que d’habitude ? Certainement pas. Reste que, sans leurs Crusaders, les All Blacks seront logiquement moins forts dans la circulation des avants en défense, ainsi que dans leur capacité à monter très vite pour étouffer l’adversaire et se nourrir en ballons de turnover.

l’occasion ou jamais pour les pumas

De quoi doper les espoirs des Argentins, bien conscients qu’ils n’ont probablement jamais été aussi proches de l’ogre Tout-Noir ? À l’évidence, d’autant que lors du dernier Super Rugby, les Jaguares ont vaincu à la régulière trois des cinq provinces néo-zélandaises. De quoi se décomplexer et avancer confiants en leur rugby, d’autant qu’en finale du Super Rugby face aux Crusaders, les Argentins n’ont manqué leurs occasions que de très peu…

Voilà pourquoi on peut s’attendre à ce que, poussés par leur public de Velez Sarsfield, les Pumas se jettent à corps perdu dans un rugby qui leur correspond, fait de possession. D’abord parce qu’entre les contre-attaquants hors-pair qu’aligneront les Néo-Zélandais et la faible inclinaison de l’ouvreur Nicolas Sanchez pour le jeu d’occupation, on imagine mal les Pumas se risquer à un jeu d’occupation qui est le point fort historique des Néo-Zélandais. Ensuite parce que cette équipe all black new-look manquera forcément de repères en défense, contrairement aux Crusaders.

L’avertissement de ian foster

La clé, à ce titre, consistera pour les Argentins à se sortir de la pression exercée par le premier rideau néo-zélandais, et passera par une (re) prise de la profondeur suffisante pour parvenir à alerter les flèches sur les extérieurs que demeurent les Moroni, Boffelli, Moyano, Orlando, et on en passe… Autant de joueurs susceptibles de gagner leurs duels, et d’exploiter les éventuelles errances du néophyte Sevu Reece, que les Néo-Zélandais ont bien évidemment identifiés. "Ces joueurs-là ne sont ni les plus grands ni les plus lourds, mais ils jouent très juste collectivement et ont d’excellents appuis, estimait dans la semaine l’entraîneur des trois-quarts Ian Foster. Contre eux, il ne s’agira pas de se lancer à l’aveuglette pour leur couper les extérieurs, plutôt de les contrôler et de bien travailler à l’intérieur, pour couvrir un éventuel crochet. Si les gars parviennent à bien se déplacer et surtout à bien communiquer entre eux, on devrait pouvoir rattraper les coups. il s‘agira de bien garder nos structures. "

Plus facile à dire qu’à faire, à l’évidence. Les Chiefs ont payé pour l’apprendre, en demi-finale du Super Rugby. De quoi logiquement alerter le troisième ligne Sam Cane, qui portera les galons de capitaine ce week-end, et réduire à néant l’effet de surprise. Suffisant pour éviter une défaite historique, samedi soir ? C’est encore à voir…

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