• TQO de Colomiers - Pierre-Gilles Lakafia, Paulin Riva et Jean-Pascal Barraque avaient bien du mal à cacher leur déception.
    TQO de Colomiers - Pierre-Gilles Lakafia, Paulin Riva et Jean-Pascal Barraque avaient bien du mal à cacher leur déception. Midi Olympique - Midi Olympique
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Rugby à 7

Tokyo, si près, si loin : du côté des hommes

Les hommes et les femmes ont connu des fortunes identiques ou presque lors des tournois de qualification olympique, samedi et dimanche : en finissant deuxièmes et troisièmes, ils ont manqué la qualification directe mais auront une dernière chance lors d’épreuves de repêchage organisées en juin 2020. Retour sur les performances du week-end dernier et projection sur une saison prochaine ô combien décisive pour la discipline.

1. Tournoi qualificatif olympique : quel bilan ?

France VII n’a donc pas atteint son objectif : les Bleus ambitionnaient de se qualifier directement pour les JO via ce tournoi. Jérôme Daret, le premier, espérait mieux mais l’entraîneur relativise : « Sur le résultat, je suis déçu, comme les joueurs. Mais même si notre dynamique était bonne, j’ai toujours dit que les Anglais étaient favoris et ce n’était pas une posture : ils sont médaillés d’argent, cinquièmes mondiaux et ont plus d’expérience… » Effectivement, sur le papier, le dénouement s’inscrit dans une forme de logique. Les regrets portent sur le déroulement de la finale, le rendez-vous largement manqué face à des Anglais sans pitié (31-7).Jusqu’alors, les Bleus avaient assuré l’essentiel avec, au passage, une victoire décisive face à l’Irlande en demi-finales (19-12).Avant de craquer, brutalement : « Dès le coup d’envoi, nous avons manqué de précision et de maîtrise. Les Britanniques, très opportunistes et malicieux, en ont profité. C’est dommage car malgré l’entame ratée, nous avons une occasion de revenir à 21-14. Puis il y a cette faute bête et Dan Norton nous assassine dans la foulée. » « Les Anglais étaient plus forts mais n’ont pas joué contre une France au top de sa forme, déplore Jonathan Laugel. Nous avons déjoué sur cette finale, c’est ce qui est le plus gênant. »

Les Tricolores pouvaient aussi regretter de ne pas avoir disposé de toutes leurs forces vives pour ce défi crucial : « Les blessures ont perturbé malgré tout : Stephen Parez et Rémi Siega avaient été touchés la première journée et n’étaient pas en pleine possession de leurs moyens, Tevite Veredamu était en reprise… » La présence de Gabin Villière, révélation de la saison mais forfait pour ce tournoi, aurait aussi pu se rendre précieuse. Après avoir disputé deux finales du circuit mondial et remporté deux tournois européens, France VII conclut une saison positive sur une note mitigée avec cette deuxième place et le billet pour le tournoi de repêchage. Jean-Pascal Barraque enrage, quelque peu : « Finir comme ça, c’est triste mais nous avons encore une chance de nous rattraper. » 

2. Repêchages : mode d'emploi

La France devra donc attendre juin 2020 et le tournoi de repêchage pour savoir s’il participera ou non aux JO. Le lieu et la date de l’épreuve ne sont pas encore arrêtés. Seule la moitié des adversaires est connue : outre l’Irlande (3e à Colomiers), le Brésil, le Chili, la Jamaïque et le Mexique concourront. Le tableau sera complet après les trois derniers tournois qualificatifs d’Océanie (7-9 novembre), d’Afrique (8-9 novembre) et d’Asie (23-24 novembre). Au sein de cette compétition hétérogène, les principaux rivaux des hommes de Jérôme Daret devraient être les Irlandais, dominés 19 à 12 en demi-finales à Colomiers, et les Samoa ou l’Australie selon le dénouement des qualifications de la zone Océanie. « Que ce soit les Samoa ou l’Australie, nous les avons déjà battus. Ce sera à notre portée dans tous les cas », avance l’entraîneur. Avec le recul, il relativise ce contretemps sur la route de Tokyo : « C’est peut-être un moindre mal. ça va nous inciter à continuer à construire et à progresser. Cela peut en plus être une super préparation aux JO. » L’objectif ultime. Dimanche dernier, même après la désillusion finale, les joueurs n’avaient pas perdu leur ambition : « Le but, c’est la médaille d’or. » La Grande-Bretagne, via l’Angleterre, est donc devenue la huitième nation qualifiée pour les jeux Olympiques, aux côtés du Japon, des Fijdi, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande, de l’Afrique du Sud, de l’Argentine et du Canada. Les Bleus pourraient être les derniers qualifiés, in extremis : « Ce sera le seul but de la saison.Nous avons une bonne équipe, on se doit d’y être », annonce Jean-Pascal Barraque.

3. La saison prochaine

Pour les Bleus du VII, la reprise est fixée au 26 août. Pour cette prochaine saison charnière, on reprendra les mêmes ou presque : « Le groupe sera stable dans les grandes lignes par rapport aux derniers tournois. Parmi les contrats fédéraux, il y a Paul Bonnefond qui part à Vannes et Alexandre Lagarde à Dijon. Nous sommes en train de finaliser les autres contrats. Il y aura encore seize à dix-huitéléments à notre disposition. » Les joueurs en fin de contrat ont majoritairement prolongé, à l’image de Rémi Siega, désormais lié jusqu’en 2021, quand les cadres (Parez, Barraque, Valleau) sont encore engagés. L’intégration de joueurs de Top 14 -deux par club sont étiquetés VII d’après la convention- constitue une des équations majeures pour l’encadrement : « J’espère que l’on arrivera à bien travailler avec les clubs pour se renforcer ponctuellement et arriver à mettre davantage de concurrence. Cette année, on a utilisé trente-deux joueurs. » Parmi les joueurs attendus, le néo-Toulonnais Gabin Villière, selon ses disponibilités, et PaulBonnefond devraient être sollicités épisodiquement. Après trois mois de préparation physique et stratégique, les choses sérieuses débuteront à Dubaï, du 5au7 décembre : « L’objectif sur le circuit mondial sera de rester dans le top 8, voire de gagner quelques places. Si l’on peut batailler pour se positionner entre la quatrième et sixième place, ce serait énorme en termes de progression. Le meilleur classement de la France a été septième. » Cette saison devra préparer au mieux les Bleus à l’échéance attendue par tous : le tournoi de repêchage pour les JO : « Ce groupe doit emmagasiner encore plus de vécu, jouer d’autres finales pour avoir plus de maturité. » 

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