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International

Argentine : Quatre points, un monde

Si proches d’arracher la victoire en fin de match, les Pumas restent fanny face à la Nouvelle-Zélande. Ont-ils, pour autant, frappé un grand coup ? Pas si sûr…

L’Argentine n’a jamais battu la Nouvelle-Zélande de toute son histoire. Rien d’infamant à cela. Il y a peu, l’Irlande était dans le même cas, avant de triompher à deux reprises lors des tournées de novembre (2016 et 2018). Les Gallois n’ont plus terrassé les All Blacks depuis 1953, les écossais n’y sont jamais parvenus et, chez les autres nations majeures, seules la France, l’Angleterre, l’Australie et l’Afrique du Sud peuvent se targuer d’y parvenir, plus ou moins régulièrement. Les Pumas, eux, s’en étaient approché une fois : le 2 novembre 1985, ils avaient arraché le match nul (21-21). Pour le reste, une série de défaites (28) dont la dernière ce samedi, à Buenos Aires en ouverture de leur Rugby Champioship (20-16).

Une occasion de gâchée

Les Argentins, pourtant, se sont approchés comme rarement de leurs maîtres. Dans un match globalement brouillon, pollué de nombreux en-avant, ils se voyaient crucifiés juste avant la pause par une interception de Retallick, qui filait seul aplatir l’essai du break (20-9). Au terme d’un deuxième acte où ils ont dominé, les hommes de Mario Ledesma pouvaient pourtant nourrir des regrets. Une frustration que l’essai logiquement refusé à De la Fuente, à un quart d’heure de la fin pour un passage en touche de Moyano sur la dernière passe, ne fera qu’amplifier.

Mais alors, ces Argentins sont-ils réellement sur les talons des Néo-Zélandais, sur la valeur pure ? Ce n’est pas si simple. D’un côté, Steve Hansen avait fait le choix de se priver de ses Crusaders, récents vainqueurs du Super Rugby. Soit douze joueurs, tous titulaires en puissance, dont Kieran Read et Sam Whitelock. Rien que ça. Dès lors, c’est une équipe franchement remaniée qui s’était présentée en Argentine.

De l’autre, Ledesma avait fait le choix inverse : maintenir la confiance à ses Jaguares, pourtant sur le pont il y a encore deux semaines en finale du Super Rugby, justement face aux Crusaders. Seulement deux "Européens" s’étaient immiscés dans le XV de départ : Nicolas Sanchez (Stade français) et Juan Figallo (Saracens). L’option de la continuité n’a pas suffi. Une occasion de gâchée tant ces All Blacks, particulièrement maladroits, semblaient prenables.

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