• Même s’ils ont semblé un peu moins fringants qu’à leur habitude, les partenaires de Jackson Hemopo ont quand même gratifié le public de quelques gestes spectaculaires. Photos Gaspaphotos
    Même s’ils ont semblé un peu moins fringants qu’à leur habitude, les partenaires de Jackson Hemopo ont quand même gratifié le public de quelques gestes spectaculaires. Photos Gaspaphotos
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International

Des Blacks loin de leur niveau face aux Pumas

Vainqueurs en Argentine, les double champions du monde sont encore en rodage. Attention, les Springboks débarquent ce week-end à Wellington…

Voici quelques jours, le deuxième ligne international du Stade français Yoann Maestri (65 sélections) donnait une grande interview à Midi Olympique. L’ancien Toulousain, familier du rugby international, y racontait notamment : "Il y a quatre ans, les All Blacks avaient une équipe extraordinaire et, à mes yeux, bien meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui. Je ne suis pas sûr que Richie McCaw, Ma’a Nonu et Dan Carter aient été remplacés. Franchement, ils étaient intouchables en 2015." Sur le coup, on avait eu du mal à croire à ce que disait le capitaine des Soldats roses. Et puis ? La première sortie de l’année des doubles champions du monde lui a en partie donné raison. Non pas que les Néo-Zélandais soient devenus mauvais. Après tout, le sélectionneur Steve Hansen s’appuie toujours sur les meilleurs rugbymen de la planète, des athlètes accomplis servis par une technique individuelle sans faille : les déviations en touche de Brodie Retallick ou les coups d’envoi millimétrés de Beauden Barrett sont autant d’aspects du jeu de rugby que sont aujourd’hui incapables de maîtriser - du moins pas à cette vitesse, cette altitude ou ce degré de précision -Tricolores, Irlandais ou Anglais. Malgré tout, le collectif semble moins bien huilé qu’il y a quatre ans, à l’époque où les stars à 100 sélections que citait Yoann Maestri étaient les grands patrons de l’équipe de Steve Hansen. À Buenos Aires, les champions du monde en titre ont parfois perdu leurs nerfs, surjouant même une grande partie de la deuxième période…

En danger face aux Springboks ?

Est-ce à dire que les All Blacks ne sont plus favoris à leur propre succession ? Certes pas. Mais cette équipe de Nouvelle-Zélande, battue par l’Irlande et les Springboks l’an passé, n’est pas passée loin de l’accident industriel à Buenos Aires et avance vers le Japon moins sereine qu’elle ne l’était quatre ans plus tôt. Pardon ? Vous nous trouvez grossiers, alarmistes ? Vous avez peut-être raison. Après tout, ce match en Argentine était le premier que disputaient les coéquipiers de Sam Cane cette saison. Sans une bonne partie de leurs Crusaders - le maître à jouer Kieran Read, le géant Sam Whitelock, la clé de voûte de la mêlée, Owen Franks - il est aussi plutôt normal que les Néo-Zélandais aient subi plus qu’à l’habitude, face à des adversaires ne les ayant jamais battus dans toute l’histoire du rugby.

Et puis, ce déplacement en Amérique du Sud n’aura pas été vain pour tout le monde : Ardie Savea, surpuissant, a remué de la viande à Velez Sarsfield ; le centre Ngani Laumape a également fait très mal aux défenseurs argentins (lire ci-contre) ; Brodie Retallick et Sam Cane furent au niveau qu’on leur connaît quand le futur Palois Ben Smith, bien que tranchant balle en mains, montra ses limites dans le jeu aérien, un secteur où son concurrent Jordie Barrett lui est clairement supérieur.

À deux mois du coup d’envoi du Mondial japonais, il n’y a donc pas encore le feu à la maison noire et il va de soi qu’au fil des semaines, les Blacks monteront en puissance. Dominés pendant près d’une heure par les Pumas, les Néo-Zélandais ont pourtant conscience que le match de samedi, face à des Springboks très fringants, s’annonce, passez nous l’expression, diablement casse-gueule…

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