• L’ailier sud-africain S’busiso Nkosi a rattrapé ses errements défensifs en inscrivant un essai en fin de match. Photos MaxPPP
    L’ailier sud-africain S’busiso Nkosi a rattrapé ses errements défensifs en inscrivant un essai en fin de match. Photos MaxPPP
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International

Solides, ces Springboks !

Malgré les absences de très nombreux titulaires, les Sud-Africains ont fait forte impression à Johannesburg, samedi…

Au crépuscule de ce premier match de Rugby Championship, on en vient à penser que cette équipe d’Afrique du Sud sera tout sauf un cadeau au Mondial japonais. Quel match, nom de Zeus ! Et quelle performance, de la part d’une formation pourtant privée d’une douzaine de titulaires potentiels ! Dominateurs dans quasiment tous les secteurs de jeu, bien plus inspirés balle en mains qu’ils ne le furent lors de leur funeste tournée d’automne et culottés comme jamais, les Springboks n’ont pas vraiment laissé à l’Australie le temps d’y croire. Dès lors, posons-nous la question : quel peut être donc le rendement de cette équipe, lorsqu’elle accueillera en son sein quelques stars du Super Rugby ? Pour mémoire, le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus avait avant ce match décidé de se passer des services de Faf De Klerk, Handré Pollard, Damian De Allende, Cheslin Kolbe, Frans Malherbe, Franco Mostert, Willie Le Roux ou Malcolm Marx, tous envoyés une semaine plus tôt à Wellington, histoire d’absorber au mieux le décalage horaire avec la Nouvelle-Zélande, où les Boks affronteront dans cinq jours les All Blacks. En outre, et cela n’a rien d’anecdotique, les Sud-Africains avaient également dû faire une croix sur leur capitaine Siya Kolisi et la révélation de la saison dernière, le remuant ailier Aphiwe Diantyi. De toute évidence, si les coéquipiers d’Eben Etzebeth parviennent à maintenir un tempo aussi élevé jusqu’au Mondial, ils pourraient bien s’avérer plus que dangereux pour les doubles champions du monde néo-zélandais, qu’ils retrouveront dans leur "poule de la mort" au Japon…

Mais en tout état de cause, cette victoire bonifiée face aux Wallabies va aussi donner au patron Erasmus de sérieuses migraines, dans les jours et les semaines à venir.

Ils ont rebattu les cartes !

D’abord, la supposée doublure de Faf De Klerk, le tonitruant Herschel Jantjies, a amené à cette équipe sud-africaine le dynamisme dont elle pouvait parfois manquer (lire ci-contre) et se replace dans la course en vue de la Coupe du monde. Par ailleurs, le meilleur gratteur de la planète rugby (le troisième ligne de Bath Frans Louw), à l’origine d’un turn-over décisif en première période, a prouvé à l’Ellis Park de Johannesburg qu’il restait une référence, tout comme le géant Lood De Jager : après avoir effectué un Mondial 2015 époustouflant, le deuxième ligne des Bulls a connu une longue traversée du désert, laissant l’hyperactif Franco Mostert occuper la place laissée vacante aux côtés de l’intouchable Eben Etzebeth. De Jager, qui rejoindra Sale la saison prochaine, a démontré à l’Ellis Park qu’il n’était pas loin d’avoir retrouvé son meilleur niveau et la force de pénétration qui avait été la sienne. Entre le fantasque Elton Jantjies et plus classique Handré Pollard, le duel reste évidemment très serré, d’autant plus que la complémentarité entre les deux Jantjies (Herschel et Elton ne sont pas frères) saute aux yeux. Enfin, il est impossible de passer sous silence la performance de Pieter-Steph Du Toit, surpuissant dans les impacts, précieux en touche et renversant en défense. Selon toute vraisemblance, il devrait former avec Siya Kolisi une remarquable paire de flankers en Asie. Alors, a-t-on enterré trop vite l’Afrique du Sud ? Les Springboks se sont-ils samedi replacés parmi les grands favoris au titre suprême ? On le jurerait, oui…

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