• Depuis trois semaines, les Varois ont repris le chemin de l’entraînement et mettent les bouchées doubles pour ne pas revivre une saison empreinte de morosité. Et être d’attaque dès la reprise du Top 14 qui ne s’annonce pas des plus simples avec deux réceptions. Photo RCT
    Depuis trois semaines, les Varois ont repris le chemin de l’entraînement et mettent les bouchées doubles pour ne pas revivre une saison empreinte de morosité. Et être d’attaque dès la reprise du Top 14 qui ne s’annonce pas des plus simples avec deux réceptions. Photo RCT
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Top 14

Toulon a toutes les cartes en main

Après une année de transition, le RCT attaque la saison avec l’ambition de réintégrer le Top 6. Cela, avec une nouvelle politique en phase avec les aspirations de Patrice Collazo, le manager varois.

"Parfois, ça fait du bien d’aller dans le mur. Histoire de remettre les choses en ordre et surtout de replacer le club au centre de tout." Tour à tour, Patrice Collazo et Juan Martin Fernandez Lobbe ont tenu ces propos la saison passée. Une saison tumultueuse, comme souvent sur la rade, mais qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, a apporté de la stabilité. "Le plus important, c’est le club. Il faut (re) créer l’identité club. Que je sois là, ou que tel joueur soit là, ce n’est pas important. En cela, j’adhère complètement au discours de Patrice Collazo. Il m’a apporté cela. Je vais passer pour un crétin mais c’est vrai, je n’étais pas dans cette logique. Il m’a fait changer d’avis. L’important, c’est l’institution", nous confiait Mourad Boudjellal, en écho aux sorties de ses entraîneurs. Le RCT 2019-2020 s’est donc construit sur ces bases-là. Pour cela, il a fallu solder le passé, dire adieux à des monstres sacrés, comme Guilhem Guirado et Mathieu Bastareaud, revoir la politique de recrutement et surtout se tourner vers les minots.

Objectif Top 6

Une jeunesse dorée, triomphante la saison passée avec le titre de champion de France espoirs, des succès sur scène internationale avec six Toulonnais dans le groupe sacré champion du monde en Argentine avec les moins de 20 ans. La génération Wilkinson, qui est tombée dans le rugby quand l’Anglais ravivait la flamme rouge et noire. Le matériel était là, comme cela a souvent été le cas à Toulon, club formateur par nature, mais il manquait le bâtisseur pour (re) construire. En cela, Patrice Collazo n’a pas dérogé à sa réputation, donnant leur chance aux minots, à un moment où il était important d’avoir sur le terrain des joueurs attachés à leur club. Les Gros, Carbonel, Cottin, Moretti, Ory et Setiano ont mis leur cœur sur le terrain. Donnant raison à leur coach. Cette année, Collazo devrait continuer en ce sens, profitant de l’expérience acquise par ces jeunes, tout en allant chercher d’autres talents. Pour cela, il a même modifié l’organigramme du club. "Les espoirs et leur staff seront pleinement intégrés au groupe, le but est de sortir le plus possible de jeunes", plaidait-il à la reprise.

Collazo apparaît comme le patron. Seul, il a présenté son effectif, son staff et les objectifs. "Nous visons le top 6. Après, c’est aux joueurs de s’approprier la chose en fonction de leur investissement, de leur travail et de ce qu’ils souhaitent faire de cette saison", martelait l’ancien Rochelais. La Challenge Cup, avec une finale à Marseille, est également dans les têtes, notamment celle de Mourad Boudjellal qui souhaite accrocher ce titre manquant au palmarès varois. Cela se fera avec un effectif chamboulé mais avec des joueurs choisis par leur coach. Arrivé sur le tard lors du précédent exercice, Patrice Collazo n’avait pas vraiment eu la main sur les joueurs à sa disposition. Cette fois, c’est le cas. "C’est un groupe extrêmement rajeuni avec plus de polyvalence par rapport à l’an passé. Nous avons peut-être un peu moins de puissance mais beaucoup plus de vitesse derrière, devant il y a plus de stabilité", analysait-il. Les staffs techniques et physiques ont également été modifiés tout comme le corps médical.

Alors qu’il faudra attendre encore un an avant de profiter des nouvelles structures, le RCT a pris un sérieux virage. Toulon en deviendrait presque sage. Mais attention, "Ici tout est différent", comme le veut le slogan du club. Mourad Boudjellal reste toujours imprévisible. Si l’arrivait de Bernard Lemaitre comme actionnaire du club a "un peu stabilisé" l’homme fort du RCT, selon ses propres mots, il assure tout de même "être toujours aussi fou" ! Et une nouvelle saison blanche, sans phases finales, pourrait réveiller le diable qui sommeille tranquillement pour l’instant.

Fabrice MICHELIER
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