• Depuis son arrivée à Montpellier, l’ancien Rochelais Xavier Garbajosa, au centre, observe beaucoup. Même s’il a déjà beaucoup d’idées sur ce qu’il veut mettre en place dans l’Hérault, il ne compte pas renier le passé du MHR. Photo Théo Navarro
    Depuis son arrivée à Montpellier, l’ancien Rochelais Xavier Garbajosa, au centre, observe beaucoup. Même s’il a déjà beaucoup d’idées sur ce qu’il veut mettre en place dans l’Hérault, il ne compte pas renier le passé du MHR. Photo Théo Navarro
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Saga Montpellier

Montpellier : révolution de velours

Barragistes l’an passé, grâce à une folle remontada opérée après un hiver chaotique, les Héraultais veulent conserver leur état d’esprit, tout en faisant encore évoluer leur rugby. Le défi de Xavier Garbajosa, nouveau manager du MHR.

L’homme aurait pu choisir d’incarner d’emblée une rupture, pour affirmer ses nouveaux galons de numéro un (pour la première fois de sa carrière) mais Xavier Garbajosa (contrat de quatre ans) est trop intelligent pour tomber dans le piège de l’orgueil : "On sait qu’il y a eu du changement mais il s’est fait dans la continuité. On va consolider le travail qui a été fait avec Vern Cotter parce que c’est important. Nous avons vu la dynamique de cette équipe en fin de saison qui, malgré tout, s’est qualifiée Elle a montré à tout le monde la vraie image d’un état d’esprit, d’une vraie équipe." Habile, le Toulousain ne crache pas sur l’héritage de son successeur, investi lui dans ses missions de directeur du rugby loin des terrains. Et compte surfer sur la belle dynamique pour conserver l’équilibre trouvé

Confiant mais pas arrogant, il préfère mettre en avant ses adjoints plutôt que sa méthode, au moment d’évoquer le nouveau fonctionnement de son staff, dont il incarne avec son ami Pierre-Philippe Lafond (coach des avants), les deux seuls "vrais" changements : "Nous nous sommes un peu regardés, un peu sentis et j’ai pu comprendre et déceler un peu de crainte de leur part. C’est normal, ils attendaient de voir comment on allait fonctionner. Le but est de pouvoir leur laisser un maximum de liberté et d’autonomie dans un cadre qui doit être le mien. Nous avons la chance d’avoir Nathan (Hines, responsable de la touche, N.D.L.R.), Ian (Wass, jeu au sol) et Julien (Tomas ; assistant trois-quarts), qui connaissent les troupes. Maintenant, mon but est d’enrichir un petit peu cela, avec mes croyances, mes idées et mes conceptions."

Ses credo : l’institution et les jeunes

Alors, quelles sont ses convictions ? Garbajosa met l’institution club et la formation au-dessus de tout : "L’image rendue par les garçons a été importante en fin de saison. Il y avait une vraie hégémonie, une véritable force collective avec un mélange entre les étrangers, les anciens et les jeunes. Cela fait partie de mon modèle puisque je suis né et élevé dans un club (Toulouse) où la formation était importante et où l’institution était au-dessus de l’échiquier. Notre centre formation est hypercompétent et je souhaite toujours avoir cette passerelle avec lui. Je souhaite qu’on ait des joueurs issus du cru et éduquer à la "mamelle" montpelliéraine, à l’ADN du club."

Une identité renforcée et des objectifs toujours élevés : "Il ne faudra pas repousser de la main les opportunités qui pourraient se présenter : jouer un quart de finale, peut-être à la maison, et disputer une demi-finale. Et pourquoi pas gagner quelque chose. Dans un club comme Montpellier, les objectifs sont tous les ans de se qualifier. Je ne pourrais donc pas imaginer faire moins bien. Le club est aussi revenu en Champions Cup et on va jouer crânement notre chance."

Passionné, travailleur acharné, entier et "éternel insatisfait", il a déjà commencé à poser son empreinte sur son groupe. Comment ? En lui faisant vivre l’enfer depuis le 10 juillet. Une préparation physique draconienne, ciblée sur la répétition des courses et des sprints, alliée à un travail rugbystique sous haute fatigue. Et dès le premier entraînement avec ballon lundi, les Héraultais bossaient déjà sur les préceptes offensifs…

Car, au fond, la mission prioritaire du manager sera de faire évoluer le jeu du MHR, à l’image de celui qu’il a construit durant cinq saisons à La Rochelle. Il sera très attendu sur ce point et se montre confiant sur la capacité de son groupe à s’adapter mais préfère rester prudent : "Il faut se servir à bon escient des qualités de chacun pour trouver le meilleur jeu collectif. C’est ma mission, oui. Mais la mission elle est plus de les faire bien jouer entre eux et, surtout, de gagner des matchs. C’est ça le plus important."

Pour satisfaire son président Mohed Altrad, gagner du temps et s’enlever de la pression. Xavier Garbajosa est un homme averti qui a réussi sa rentrée dans son nouveau costume.

Julien Louis
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