• Combat, état d’esprit et projet afin de pérenniser le club dans le haut niveau sera le triptyque de cette saison pour Oyonnax. Photo
    Combat, état d’esprit et projet afin de pérenniser le club dans le haut niveau sera le triptyque de cette saison pour Oyonnax. Photo
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Saga Oyonnax

Oyonnax : nouveau projet et nouvelles bases

Autour d’un nouveau projet sportif porté par Joe El Abd, le club de l’Ain veut aussi faire évoluer son modèle économique et renforcer ses liens avec son public.

À Oyonnax, une évidence s’impose, la saison qui s’annonce ne pourra pas être une saison comme les autres. La plaie de la défaite en match d’accession face à Grenoble en mai 2018 à peine refermée, une autre s’est ouverte après l’élimination en mai dernier, en demi-finale de Pro D2, face à Bayonne. Ce double traumatisme, Thierry Emin, le président du club de l’Ain et des montagnes du Jura, n’a pas cherché à l’éluder lors du traditionnel rendez-vous de présentation de la nouvelle saison, le 9 juillet dernier : "nous n’avons pas été en capacité de gagner les matchs décisifs. Il y a eu la défaite contre Grenoble, il y a un peu plus d’un an, puis celles face à Brive et Bayonne lors de nos deux derniers matchs de la saison à Mathon. Mais il y en a eu d’autres aussi, à domicile contre Biarritz ou en déplacement à Bourg-en-Bresse. Nous n’avions sans doute pas l’état d’esprit nécessaire pour faire basculer ces rencontres."

Plus de 1000 supporters étaient présents pour entendre ce discours et surtout découvrir le nouveau projet qu’Oyonnax Rugby veut porter et que Thierry Emin a présenté : "nous avons atteint notre objectif initial qui était de terminer à l’une des deux premières places de la compétition mais nous avons perdu nos deux derniers matchs face aux deux clubs promus en Top 14, cela signifie certainement que la marche était trop haute pour nous. Pour la franchir, il apparaît nécessaire de remettre en place des bases afin de positionner durablement notre club dans le haut de tableau de Pro D2. Notre ambition n’est pas d’accéder au Top 14 pour faire le yoyo. Si nous devons franchir ce cap, cela se fera avant tout par la cohésion que nous aurons su instaurer dans notre groupe."

Au pied des sapins, l’ambition demeure mais la part de l’humain a été recentrée au cœur même d’un projet et ce à tous les niveaux, en interne bien sûr mais aussi en direction du public avec une volonté affirmée de resserrer les liens qui unissent le club et ses supporters. Cette nouvelle orientation marque en fait un retour aux sources symbolisé par l’arrivée de Joe El Abd à la tête de la phalange sportive d’Oyonnax Rugby. "En 2012, nous avions choisi de faire appel à Joe pour ses qualités de joueurs, mais aussi d’homme. Avec 39 matchs disputés sous le maillot d’Oyonnax, il a marqué l’histoire de notre club au point de figurer sur le mur d’honneur des joueurs les plus emblématiques", explique Thierry Emin. La tâche de l’ancien 3e ligne s’annonce simple dans son énoncé, "apporter au groupe un bagage supplémentaire pour construire un nouveau projet. " Dans les faits elle sera plus compliquée. "Il faut être conscient qu’être là où nous sommes demeure une performance pour un club comme le nôtre", souligne Thierry Emin dont le propos renvoie au cri d’alarme qu’il avait lancé en octobre dernier : "il était justifié. Pour faire face à un déficit nous avons dû procéder à une augmentation de capital. L’équilibre du club ne pourra reposer éternellement sur les épaules du directoire et du conseil de surveillance."

L’atout de la formation

Mettre en place une nouvelle approche des impératifs financiers s’impose comme un passage incontournable avec toutefois l’opportunité d’une solution interne pour Oyonnax Rugby. "Nous avons des fondations solides, avec nos infrastructures, le centre d’entraînement et le centre de formation, mais il y a aussi le travail de qualité réalisé par l’association. La saison passée 13 joueurs passés par notre centre de formation ont disputé des matchs en ProD2. Cette saison, nous comptons 16 joueurs issus de notre formation dans notre groupe, soit 41 %. Cela ne nous était jamais arrivé. C’est une évolution qui peut nous permettre de sortir par le haut", explique Thierry Emin. Pour poser ces nouvelles bases un projet sur trois années a été établi avec Joe El Abd. À lui seul son intitulé a valeur de promesse : "Fiers d’Oyo".

Jean-Pierre Dunand
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