• Christian Leali'ifano (Australie) contre la France
    Christian Leali'ifano (Australie) contre la France Dave Winter / Icon Sport / Dave Winter / Icon Sport
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Rugby Championship

Leali'ifano : « Incroyablement fier »

Christian Leali’ifano, demi d'ouverture des Brumbies et de l'Australie, est de retour sur la scène internationale après une absence de trois ans et un gros coup dur médical.

Il y a pratiquement trois ans, Christian Leali’ifano se voyait diagnostiquer une leucémie, mettant un terme provisoire à sa carrière. Après des séances de chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse, il revenait doucement au rugby. Cette année, après une grande saison avec les Brumbies, sa forme lui a valu un rappel en équipe nationale. Samedi dernier, il faisait un retour gagnant sous le maillot des Wallabies comme titulaire au poste d’ouvreur pour sa vingtième cape (16-10 contre l’Argentine). Il s’est confié sur son retour en sélection et les sentiments qui l’ont accompagné.  noter qu’il n’avait plus joué depuis juin 2016 avec les Wallabies et n’avait plus été titulaire depuis 2014.

Que représente pour vous ce retour en sélection nationale ?

Je suis incroyablement fier, pas seulement pour moi mais aussi pour tous ceux qui m’ont soutenu pendant ma maladie, que ce soit ma famille, mes partenaires ou les entraîneurs. C’est monumental d’être de retour à ce niveau. Il y a beaucoup d’émotions. C’est vraiment spécial, surtout quand ce retour est accompagné d’une victoire.

On a beaucoup parlé de votre retour. Est-ce que ça vous a posé des problèmes ?

C’est une grande leçon d’humilité de pouvoir jouer à nouveau au rugby, avant même de pouvoir penser à revenir en équipe nationale. Mais mon but était de contribuer au groupe. Je suis reconnaissant pour l’opportunité qui m’a été donnée. Je me suis donc efforcé face à l’Argentine de faire mon boulot du mieux possible en essayant de faire abstraction du contexte. Je ne pouvais pas essayer de tirer la couverture à moi et la jouer perso. J’ai donc joué comme j’ai joué toute la saison. C’était super d’être de nouveau sur le terrain et de jouer à ce niveau.

Justement, avez-vous trouvé une grande différence rythme et d’intensité par rapport à votre dernier match en 2016 ?

C’est difficile à dire. Les tests-matchs sont toujours très intenses. Ce dont je me souviens, c’est cette intensité et cela n’a pas changé. Le Pumas nous ont mis une très grosse pression. C’est une équipe de qualité qui a su pousser les All Blacks dans leurs retranchements la semaine dernière. L’équipe a bien su faire face et notre mêlée s’est bien débrouillée. Mais c’est sûr que ça va plus vite qu’en Super Rugby et, surtout, c’est plus dur au niveau des contacts.

Est-ce que vous pensiez que vous aviez ce qu’il fallait pour jouer à ce niveau ?

C’est difficile à dire car ça faisait très longtemps que je n’avais pas évolué à ce niveau. Il y a des trucs qu’il me faut encore travailler. Mon principal souci était de savoir comment j’allais pouvoir me fondre dans le collectif car je n’avais jamais joué avec ce groupe. L’assimilation du plan de jeu était le principal challenge pour moi. J’ai tout fait pour l’assimiler sans faille dans les jours qui ont précédé.

Le fait d’avoir eu cette maladie grave a-t-il servi de motivation supplémentaire pour votre retour ?

Pas vraiment. Mon but était de retrouver la santé afin de pouvoir être un bon fils, un frère, un père de famille et un mari. Mon ambition première a été ma santé et être la meilleure personne possible. Tout ce qui m’arrive sur les terrains de rugby est un bonus. J’ai maintenant une perspective différente des choses et je profite de tous ces moments. Quand j’étais plus jeune, je me mettais une très grosse pression alors que maintenant je relativise.

Que faites-vous pour travailler votre association avec Will Genia votre partenaire de la charnière quand vous avez si peu de temps ensemble ?

On s’assoit et on discute afin de trouver cette connexion. La conversation tourne autour de ce que l’on doit faire et ce sur quoi il nous faut nous concentrer. Nous avons regardé des extraits de match ensemble avec Will Genia. Comme nous avons peu de temps pour nous entraîner ensemble, il nous faut beaucoup parler. C’est bien sur un challenge mais c’est plus facile quand vous êtes avec un joueur comme Genia qui lit le jeu à la perfection.

Jacques Broquet
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