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Entretiens

Galletier : «J’aurais bien aimé te tirer les oreilles»

En marge du match remporté 29-21 par les Héraultais, Kélian et Guillaume Galletier, cousins et adversaires d’un jour, se sont livrés, avec humour et émotion, sur cette opposition pas comme les autres.

Midi Olympique : Que retenez-vous de ce match ?

Kélian Galletier : Nous avons gagné. Et surtout, j’ai gagné contre lui, ça c’était la base. Parce qu’il y a une sacrée rivalité entre nous. Il m’a chambré toute la semaine. Je ne voulais pas trop entrer dans ce jeu… Voilà, nous avons mis les points sur les i (rires). Pour le reste, au niveau du contenu, c’est un autre débat. En termes de possession, ça a été un peu déséquilibré mais ce n’est pas ça qui fait gagner les matchs non plus. Il y a beaucoup de choses à revoir.

Guillaume Galletier : D’un point de vue collectif, je suis plutôt content parce que nous appréhendions un peu ce match contre une des grosses équipes du Top 14. Le contenu est plutôt satisfaisant : l’équipe a tenu la balle mais a payé cher ses pertes de balle.

Comment aviez-vous appréhendé ce rendez-vous pas comme les autres, sachant que Guillaume vient de quitter le MHR ?

K. G. : Toute la semaine, j’ai dit que je lui tirerai les oreilles dans les rucks. Mais bon, je ne l’ai pas croisé une fois. Il m’a plaqué une fois, c’est tout…

G. G. : Et sans ballon en plus !

K. G. : Ah oui, sans ballon. Super, bel état d’esprit. Et par derrière en plus (rires) ! À défaut de lui tirer les oreilles, j’aurais aimé lui mettre un petit genou dans la gueule. Gentiment, comme ça en passant. Mais je ne l’ai pas croisé une fois dans les rucks, il a eu de la chance. Ou bien il a eu peur.

G. G. : Je ne sais pas lequel des deux a eu de la chance !

K. G. : Il faut savoir que c’est le seul de la famille qui joue derrière. Donc il faut bien lui apprendre ce que c’est que le vrai rugby. Comme je dis souvent, nous les avants on fait du rugby, eux ils jouent au rugby. Il y a une nuance très importante.

Rien à répondre à cela, Guillaume ?

G. G. : Ça fait 22 ans que je lui réponds. Que voulez-vous que je dise ? Il n’avait qu’à moins manger quand il était jeune. S’il était moins gros, il aurait joué derrière !

Guillaume, après avoir chambré avant, ne craignez-vous pas le retour du bâton ?

G. G. J’ai la chance de rentrer à Montpellier. Nous allons passer le week-end ensemble. Ce sera l’occasion d’en reparler à froid.

Vous pourrez au moins vous targuer d’avoir marqué pour votre première avec Brive…

G. G. : Pour être honnête, c’est un peu venu par hasard. Ça part de Julien Blanc qui franchit au ras du ruck et se fait reprendre en allant de travers. Je ne suis pas le premier soutien mais les deux devant moi arrivent un peu trop tôt, il ne parvient pas à leur donner et c’est moi qui me retrouve avec le ballon entre les mains. Je vois qu’il y a un petit espace donc j’accélère. Ça va un peu vite, je passe l’arrière et je finis sous les poteaux. Ce n’est que du bonheur de marquer, surtout contre Montpellier.

K. G. : Quitte à prendre un essai, autant que ce soit par lui, à la limite. Honnêtement, c’est bien joué car il était loin d’être fait. Je suis content car je sais que ça lui fait du bien.

Comment avez-vous vécu le départ de votre jeune cousin de Montpellier, cet été ?

K. G. : Il a vécu des années très difficiles. Ce départ est, je pense, plus que bénéfique. Il lance vraiment sa carrière désormais à Brive. Et ça, il le mérite.

G. G. : À Montpellier, ça a été dur pour moi, même si j’étais à la maison avec mon cousin qui m’a bien guidé pendant deux ans. Ça a été difficile moralement parce que je ne jouais pas. À Brive, c’est vraiment un renouveau pour moi. J’ai bien travaillé dans mon coin à l’ombre et aujourd’hui j’ai envie de jouer, de me confronter à ce qui se fait de mieux. Je veux prouver ma valeur.

Kelian, vous devez aussi être quelque peu revanchard après votre non-sélection pour le Mondial ? Le train est parti sans vous…

K. G. : Oui, je suis resté sur le quai de la gare… C’est un objectif raté, une frustration. Mais il faut se remettre en question pour savoir pourquoi. Je m’attelle à le faire. Et puis il y a une nouvelle saison qui débute avec Montpellier avec de beaux challenges à relever. Je ne suis pas défaitiste. Je n’ai que 27 ans.

Guillaume, ça a dû être une déception pour vous aussi…

G. G. Forcément, j’attendais la liste autant que lui. Mais je n’ai pas de doutes, je sais qu’il ne lâchera rien. Il reviendra, c’est sûr !

Vous semblez très proches et complices. Comme des frères…

K. G. : On a passé toute notre jeunesse ensemble. On est même associés dans un restaurant, Chez Bebelle à Montpellier. Oui, nous sommes comme des frères.

G. G. : Je n’ai que des sœurs, donc il a vite été comme mon grand frère. J’ai suivi son exemple parce qu’avant d’être un bon joueur, c’est un gars en or. J’ai eu la chance de pouvoir grandir dans ses pas, il m’a montré ce qu’il fallait pour réussir dans ce sport.

Passer derrière lui, c’était plus facile. J’ai eu beaucoup de chance de l’avoir quand ça a été dur à Montpellier et même avant. Il a constamment été à mes côtés et je lui en serai reconnaissant pour toujours.

Avez-vous noté la date des prochaines retrouvailles ?

K. G. : Le 4 janvier, à Montpellier. À cette date, mieux vaut que ce soit là qu’à Brive, d’ailleurs.

Clément Argoud et Vincent Bissonnet
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