• Les Bleus en stage de préparation pour la Coupe du monde à Valence en Espagne
    Les Bleus en stage de préparation pour la Coupe du monde à Valence en Espagne Raul Mulà Iborra / Raul Mulà Iborra
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Edito

Paroles d’avenir

L'édito d'Emmanuel Massicard... Il est l’un des totems du Stade toulousain. Au milieu d’une farandole de gamins qui s’est imposée à la face du rugby français et qui porte sur des épaules plus vraiment frêles l’idée d’un renouveau général, Maxime Médard fait même figure de vieux sage. Parce qu’il a gagné et, surtout, parce qu’il dure depuis des années, au sommet du rugby français.

Ainsi, à l’orée d’un Mondial japonais classé à hauts risques pour les Bleus et alors que le champion de France en titre doit assumer son standing, les mots de l’arrière sont à lire sans modération. D’abord pour ce qu’ils couchent d’expérience sur le papier. Ensuite, pour ce qu’ils laissent à comprendre des enjeux sportifs qui vont présider dans les prochaines semaines. Enfin, pour le plaisir retrouvé dans l’expression d’un rugby différent, qui s’est affirmé l’an dernier dans le sillage du Stade toulousain autour du triptyque « vitesse-mouvement-transmission » sur les ruines du jeu de démolition qui présidait depuis trop longtemps et menait le rugby français dans le mur.

Un retour aux sources, en quelque sorte. Et une aubaine, très claire : autour de Médard et des autres « anciens » du Top 14, tant de gamins talentueux ont profité des Jiff et des doublons pour prendre une partie du pouvoir qui leur était alors octroyé par défaut.

En cherchant à faire cohabiter sur un même plan les exigences du championnat avec celles de la sélection, le rugby français a indirectement créé les conditions d’émergence d’une classe biberon longtemps considérée sans avenir ; le talent des Bleuets, qui sont pour certains devenus doubles champions du monde, a fait le reste…

Il y a donc aujourd’hui une forme d’évidence à voir les jeunes s’imposer au plus haut de la hiérarchie, encadrés par les Médard, Huget, Guirado, Slimani et compagnie. Si l’on en croit les enseignements après les premiers stages des Bleus, certains sont en passe de bouleverser la hiérarchie tricolore. On pense, entre autres, à Cros et Mauvaka qui ont marqué des points précieux face à certains de leurs aînés ; comme Ollivon. Le nouveau projet de jeu porté par Fabien Galthié n’y est certainement pas étranger, vous l’aurez compris.

Mais ne soyons pas dupes : pour eux, les minots, le plus dur commence. Après la saison des promesses est venu le temps de la confirmation. Il faut durer, prouver et même tenir la baraque en club et en sélection, dont l’intérêt se confond désormais pour bon nombre de Toulousains notamment.

Confirmer n’est jamais facile, surtout quand on porte l’étiquette du favori… Les Bleus y échappent même si les attentes placées en eux restent vives. Pas les Rouge et Noir qui portent désormais le statut de l’équipe à battre, avec une cible accrochée au paletot. Si le club aux 20 Boucliers de Brennus est redevenu une référence, il devra puiser plus profond qu’il ne l’a jamais fait dans son stock d’espoirs en devenir pour résister à la concurrence et continuer à gagner. C’est une obligation pour un club en pleine mutation, qui a grillé toutes les étapes pour redevenir l’un des phares du rugby français mais qui peine à asseoir son modèle économique et reste dès lors suspendu à la qualité de ses résultats sportifs… Aux exploits d’une jeunesse qui mérite bien, à Toulouse chez les Bleus et partout ailleurs, notre confiance et notre bienveillance. L’avenir est en marche. 

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