• Au retour du titre remporté sur la pelouse de Mauléon-Licharre, les Vert et Noir, tout sourire, savourent cette première historique.
    Au retour du titre remporté sur la pelouse de Mauléon-Licharre, les Vert et Noir, tout sourire, savourent cette première historique. Photo DR / Photo DR
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Ils sont champions

Urrugne : Tremplin vers le futur

En quarante-neuf ans, l’AS Urruñarrak décroche son premier bouclier. Le troisième de la saison avec ceux du terroir et de la Ligue Nouvelle-Aquitaine. Une véritable renaissance pour les basques.

Les 50 ans du club seront dignement fêtés l’année prochaine. Avec un titre de champion de France, jamais décroché, même si trois finales avaient été frôlées auparavant dont la dernière… en 1982. Les anciens s’en souviennent. Comme le président actuel, Patrick Duchochoy, qui avait été de l’aventure. «C’est inespéré ! souligne-t-il. Va-t-on encore le revivre ? C’est le résultat du sérieux, du mélange de l’expérience et de la jeunesse. Mais surtout du travail des bénévoles. Nous sommes comme tous les clubs en France, on souffre. Mais tous les dimanches, nous sommes une quarantaine à travailler. Et les joueurs le ressentent.»

Inattendu, certes, surtout en début de saison. Urrugne commençait à peine à se reconstruire. Les Basques se montraient même pessimistes. «On ne savait pas trop où on allait !», confirme Pascal Larzabal, l’entraîneur des trois-quarts. Qui jamais ne pensait au titre comme chacun des membres du club. Il n’y avait que quarante-huit seniors pour deux équipes sur la ligne de départ. D’où l’inquiétude. Mais «il n’y a pas de hasard dans la vie», souligne le président-délégué, Daniel Irazoqui, bien connu dans le milieu de l’arbitrage, en paraphrasant Albert Einstein. «Le club s’est restructuré depuis deux ans, explique-t-il. Et l’image a évolué favorablement. Notre but était de faire du jeu. Cela passait par le comportement des joueurs et des supporters, la base de tout. Aujourd’hui, le plaisir est pour tout le monde. Nous avons évolué toute la saison avec un effectif très réduit mais nous avons eu très peu de blessés et de joueurs sanctionnés. Pas un carton rouge. Un facteur déterminant.»

C’est fin décembre que s’est dessiné un virage décisif. Après un début de saison qui avait conforté l’ensemble du club, une réunion a orienté son avenir. «Y ont participé, raconte Daniel Irazoqui, les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs cadres. Nous avons envisagé la montée pour la saison 2020-2021.» Et la montée a été obtenue avec un an d’avance. Car les Urruñars ont terminé premiers de leur poule et ont ainsi gagné la montée en Fédérale 3. Il a donc fallu accélérer les plans prévus au niveau de l’organisation et du recrutement. Le club s’est rapproché de Saint-Jean-de-Luz pour les équipes de jeunes. Et a décidé de continuer l’aventure, seul, au niveau des seniors à l’heure où l’entente avec ses voisins est d’actualité. Mais les joueurs sont venus en masse pour la saison prochaine. Il y en aura vingt-trois de plus.

Le chat noir n’est plus

Fort alors de sa montée en Fédérale 3, Urruñarrak a réalisé le triplé en remportant la finale du terroir face à Barcus, celle de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, toujours face à Barcus, puis le bouclier. Pas de hasard donc, risquerait-on à se répéter. C’est le 29 mars quand ils ont remporté le titre du terroir que les joueurs se sont mis en tête d’aller chercher les deux autres. «Nous en avons a presque oublié la montée, complète Pascal Larzabal. Nous avons eu confiance en notre jeu, qui se complaît dans le déplacement. Notre force, c’est le plaisir. Personnellement, j’avais perdu quatre demi-finales en tant que joueur. Je pensais que j’étais le chat noir. Mais non. Nous avons franchi le cap. Ma fierté a été de ramener le club là où il était.» Huit ans après et au terme d’une saison noire où les équipes première et réserve n’avaient pas remporté un seul match, Urrugne revient, en effet, en Fédérale 3. Mais avec de l’ambition. «Notre objectif, conclut le président-délégué, sera de jouer la première moitié du classement et non le maintien.» Sur la lancée, rien d’impossible.

Edmond LATAILLADE
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