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Interview croisée

Lucu : «Avec son bandeau, je croyais que c'était le talonneur»

Pendant une saison, Gauthier Doubrère et Maxime Lucu ont été en concurrence à la mêlée du BO, avant de finir associés à la charnière. Un an, c’est court, mais les deux garçons ont tissé des liens. Lucu, parti à Bordeaux, occupe même l’appartement Bordelais de Doubrère. Mardi soir, nous les avons réunis par téléphone pendant une demi-heure. « Merci, c’était cool » a conclu un Maxime Lucu un brin nostalgique d’un stade Aguilera qu’il retrouvera samedi, en amical.

Midi Olympique : À quoi vous attendez-vous ce week-end, pour ce match qui sera forcément particulier ?

Gauthier Doubrère : J’ai joué à Bordeaux donc je connais pas mal de mecs, ça va être drôle. Après, ça reste un match de préparation, donc il faudra être sérieux. En tout cas, j’espère qu’on fera la même mi-temps avec Max. Mais si on peut se retrouver une ou deux fois dans un ruck, ça sera rigolo !

Maxime Lucu : L’an dernier, aux entraînements déjà, on essayait de se retrouver dans les oppositions. On se chamaillait un peu et Gauthier me lançait beaucoup de boue, déjà. En tout cas, ça va être trop bien de rejouer contre les mecs de l’an dernier et de retrouver Biarritz où j’ai passé de super bons moments, si ce n’est les meilleurs depuis que je joue au rugby. En plus, il y a deux ans, nous avions joué, face à face, en amical. Moi au BO, lui à l’UBB. Là, ce sera le contraire. D’ailleurs, avant ce jour-là, je n’avais jamais vu un neuf avec un bandeau ! En rentrant, je ne le connaissais pas, je croyais que c’était le talonneur !

G. D. : J’avais une oreille qui me faisait mal donc j’avais mis un petit bandeau. C’est fini tout ça. Quoi que, je ne sais pas… 

Que saviez-vous, l’un de l’autre, avant l’an dernier ?

G. D. : Que c’était le chef à Biarritz, le capitaine, le petit prince d’Aguilera.

M. L. : Pas grand-chose. Après, j’ai tendance à m’entendre avec ce que les gens appellent « la concurrence ». Nous, les neuf, on passe pas mal de temps ensemble et j’aime bien quand ça s’entraide. Alex Roumat m’avait dit que Gauthier était un super mec et qu’on allait bien s’entendre.

Vous avez été, pendant une saison, en concurrence à la mêlée. Comment ça s’est passé ?

M. L. : Franchement, c’était affreux (rires). Nous avons bien travaillé. Il n’y a pas eu de tir dans les pattes. Il a essayé au début, mais ça n’a pas marché. Après, avec le groupe, nous étions quelques-uns à traîner ensemble en dehors du rugby donc ça aide aussi. Les quelques bringues également. Je pense qu’il est dans le top 3 de mes rencontres à Biarritz. Je me suis régalé, même si c’était un peu court.

Gauthier Doubrère sous le maillot biarrot
Gauthier Doubrère sous le maillot biarrot - Icon Sport

Gauthier, comment fait-on lorsque l’on a Maxime Lucu, devant, dans la hiérarchie ?

G. D. : On patiente et on essaye de jouer un quart d’heure, par-ci, par-là. Puis on essaye de le pousser en dix ! En arrivant ici, je savais qu’il était titulaire indiscutable, donc qu’il fallait que je bosse de mon côté. Au final, ça a payé puisque nous avons joué ensemble, donc c’est très bien. Nous nous sommes régalés.

Qu’avez-vous appris, l’un de l’autre ?

G. D. : Que Max aime plaquer, qu’il met la tête n’importe où et qu’il a un jeu au pied impressionnant. Enfin, le gauche, ce n’est pas encore ça, mais ça arrive.

M. L. : Sportivement, j’ai pu voir que l’entente 9-10 est importante. Vu que nous nous entendions bien, nous avons directement pu aider l’équipe et la mettre dans l’avancée. Sur le jeu, Gauthier s’est imposé en demi de mêlée. Il ne s’est pas posé de questions et il a fait six mois vraiment bons à la mêlée. C’est bien pour la suite, parce qu’il a les automatismes et l’équipe est rodée avec lui.

G. D. : Tu ne veux pas venir en coach à Biarritz, cette année ?

M. L. : Non, ça c’est toi au golf ou à la pétanque, ça me sert !

Quels sont les défauts et qualités de l’autre ?

M. L. : Gauthier est adorable, toujours là pour l’autre. Dans le groupe, ça a été une des recrues qui s’est le plus vite intégrée. Il a toutes les qualités du bon mec. Après, il est très râleur et déconneur, mais ça, j’adorais ! Le matin, jusqu’à 10 h 30, c’est très dur pour lui. Et puis, il est bringueur. Mais je dirais que c’est plutôt une qualité, parce qu’il te fait sortir du cadre du rugby, ça fait du bien.

G. D. : Max a le cœur sur la main, il propose sans cesse de l’aide. Il est très aimable et sans défaut. Ah si, il est un peu casanier. Au début, il ne me suivait pas trop quand je lui proposais d’aller boire une bière, mais c’était mieux en fin d’année.

Maxime Lucu à l'entraînement avec Bordeaux
Maxime Lucu à l'entraînement avec Bordeaux - Icon Sport

Et dans le jeu ?

G. D. : Sa défense et sa vision du jeu sont ses grosses qualités. Quand il était en dix, je ne faisais plus rien, je n’avais qu’à exécuter ce qu’il disait. Son jeu au pied aussi, puis c’est un meneur d’hommes. Son défaut ? Il faisait une ou deux roulades par match.

M. L. : C’est vrai qu’il y en avait tout le temps. Dans sa capacité à coller au ballon, Gauthier est très bon. Sur l’éjection et la vitesse aussi. Il veut faire péter les défenses donc son jeu est basé sur le rythme. Après, en défense première main, sur mêlée ou dans les intervalles, il est toujours fort, donc tu pouvais avoir confiance en lui. Les mecs en face devaient se demander pourquoi on jouait neuf d’ailleurs, parce que c’est vrai qu’on est un peu bête sur ça. Sinon, son pied gauche est son gros défaut.

Comment voyez-vous la saison de l’autre, par rapport à la concurrence ?

G. D. : Yann Lesgourgues a une pointe de vitesse et une vision du jeu qui font qu’il est en place à l’UBB. Max est complémentaire sur la défense et son jeu au pied. Je pense que ça va bien se passer et j’espère pour lui qu’il va régler tout le monde assez vite.

M. L. : Gauthier a pris le système de jeu à son compte. Il le connaît par cœur avec toutes les alternatives. Les mecs le connaissent, même s’ils ont râlé en fin d’année, donc je pense que cette année, ce sera le même scénario sur les intentions de jeu. Dans le groupe, Gauthier est apprécié fois dix, donc je pense qu’il va faire une super saison. L’équipe devra compter sur lui, même si Hart apportera dans la gestion du jeu. Je ne connais pas trop Barnabé Couilloud donc je ne peux pas juger, mais s’il est comme le frère…

Gauthier Doubrère face à Angoulême
Gauthier Doubrère face à Angoulême - Icon Sport

Attendez, vos coéquipiers râlaient parce que vous jouiez trop l’an dernier ?

M. L. : C’était une saison en demi-teinte, où on ne se faisait pas plaisir. Nous avions des prérogatives un peu contre le jeu. Nous avons donc décidé d’envoyer de partout. Gauthier jouait donc des pénalités rapidement et il s’est fait taper sur les doigts par les premières lignes parce qu’il y avait des capots ouverts…

Samedi, préférez-vous vous croiser avant le match, au cœur d’un ruck, ou pour la troisième mi-temps ?

M. L. : J’irai les voir avant la rencontre parce que ce n’est pas un match avec énormément de pression non plus. Il faut profiter du moment, ce n’est pas comme si nous allions jouer un match de championnat avec le maintien ou la qualification au bout. Après, si on peut se croiser dans un ruck pour une petite fourchette sans être vu par l’arbitre…

G. D. : Même si on est vu, on s’en fout ! On déclenche une générale (rires).

M. L. Nous allons ensuite directement rentrer sur Bordeaux, donc ce sera rideau pour la troisième mi-temps. Mais ce sera pour une prochaine fois, je n’ai pas peur…

Pablo Ordas
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