• Pour un premier contact avec l’élite, les Bayonnais de Peyo Muscarditz, balle en main, s’en sont plutôt bien sortis face à Pau. De bon augure pour la suite ?
    Pour un premier contact avec l’élite, les Bayonnais de Peyo Muscarditz, balle en main, s’en sont plutôt bien sortis face à Pau. De bon augure pour la suite ? Pablo Ordas - Pablo Ordas
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Saga Bayonne

Bayonne : S’ancrer dans l’élite

Retour dans l’élite trois ans après. L’aviron ne vaut pas connaître une nouvelle désillusion, souvent promise aux promus. Sportivement, Yannick Bru y veille. Dans les coulisses, on s’active.

L’Aviron est-il en avance ou en retard ? Les deux. Le titre de champion de France, le premier depuis 1943, certes en Pro D2, n’était pas prévu. En fait, plutôt la montée qui va avec. La nouvelle équipe dirigeante, personnalisée par le tandem Tayeb-Bru, avait espéré un retour vers l’élite en trois ans. Alors, le sportif a débordé l’administratif qui doit maintenant accélérer. Sur le terrain, il s’agira, même si le patron du rugby bayonnais le voit autrement (lire ci-dessous), de pérenniser l’équipe dans le gotha du rugby français. En a-t-elle les moyens ? La jeunesse, le manque d’expérience et de puissance ont été pondérés au mieux par un recrutement judicieux. Peut être meilleur qu’il y a trois ans lorsque Bayonne était remonté en Top 14. Le jugement objectif viendra en cours d’exercice. La confiance faite à Yannick Bru, qu’on le veuille ou non, artisan du retour au premier plan, sera accrue. «Sa compétence ne fait aucunement débat, considère Philippe Tayeb. Mais est-ce qu’on lui a donné tous les moyens pour qu’il puisse bien travailler ?» L’effort a été, en effet, en direction du staff. Un staff déjà aux allures de Top 14, l’an passé. Renforcé dernièrement par Sébastien Fauqué, ancien joueur du club et toujours en activité à Anglet, qui a en charge le secteur du pied.

Une liste d’attente pour les partenaires

Cette année voit aussi la création du centre d’entraînement cher au manager. Il permet aux jeunes les plus performants du club de travailler encore plus et de façon élitiste. La formation à identité bayonnaise est ainsi sur les rails, encadrée par Jean-Baptiste Lartigot, le directeur, avec l’aide de deux anciens joueurs reconvertis, Benjamin Thiéry et Juan Pablo Orlandi. Ce centre d’entraînement, déjà effectif, n’est encore pas ses murs. Toute son infrastructure prendra place à Jean-Dauger. Les locaux - abritant les logements des jeunes, la partie scolaire et la restauration - débuteront début 2020. Ainsi, le projet «Jean Dauger Etxea», la maison de Jean Dauger, déjà dans les cartons la saison dernière, prend forme. La partie administrative a aussi déménagé au stade. En attendant des locaux plus confortables. L’enceinte sportive doit également être débarrassé de ses constructions provisoires pour laisser place nette à des bâtiments neufs. Sans parler de la réfection du stade lui-même qui commence à faire «vieillot». «Nous avons pris du retard, regrette le président du directoire. On manque de loges, de places au «palco» (en tribune officielle). Nous avons été obligé de créer une liste d’attente pour les partenaires.» Le succès, en effet, ne résiste pas à l’élite. Si le budget de l’Aviron va frôler les 17 millions d’euros, modeste dans la division, il faut y voir une nette augmentation du montant du partenariat (2 millions d’euros).

Le nombre d’abonnés n’est pas en reste. à ce jour, ils sont 5000, un millier de plus étant espéré à l’ouverture du championnat. Du côté des actionnaires, la mobilisation ne faiblit pas. S’il faut rajouter au pot, ils sont très vite opérationnels. «Nous avons la chance, poursuit Philippe Tayeb, d’avoir des actionnaires locaux stables. Ils ont recapitalisé deux fois dernièrement.» Ils sont tous du Pays Basque et, dans l’ombre, œuvrent efficacement. à l’image de l’entreprise aéronautique, Lauak, qui rayonne dans le monde depuis Hasparren, au cœur du Pays basque, sous la direction de Jean-Marc Charriton. C’est elle qui sera présente cette saison sur le maillot. à noter aussi dans l’organigramme le retour de Jean Grenet, ancien député-maire de Bayonne et ex-président du club. Il épaulera Philippe Tayeb dans la relation avec les institutions.

Bayonne se tient donc prêt pour ne pas renouveler sa désillusion d’il y a trois ans. Avec de la stabilité retrouvée. Sauf que… «Bayonne est le seul club en France où les gens parlent, critiquent. Qu’on nous laisse travailler en paix !» conclut Philippe Tayeb qui a, pour l’instant, un bilan positif et enviable.

Edmond Lataillade
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