• Jean Noel Spitzer (Vannes)
    Jean Noel Spitzer (Vannes)
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Rugby à XIII

Dragons Catalans : Retour sur terre

Balayés 48 à 8 à Leeds vendredi soir, les Dragons catalans ont fortement compromis leurs chances de qualification.

Encore une fois, les Dragons catalans sont revenus d’Angleterre les valises pleines. Six jours après leur démonstration face à Warrington (30-10), l’équipe a essuyé la sixième défaite à quarante points ou plus de la saison. «C’est notre mal, on n’arrive pas à enchaîner deux bons matchs et, encore une fois, on prend une leçon», a résumé l’assistant entraîneur, Thomas Bosc qui a eu bien du mal à analyser la prestation des siens. «Nous faisons dix bonnes premières minutes puis on tombe dans nos travers, en rendant tous les ballons, en ne défendant plus en équipe et sans aucune solidarité. On a l’impression que les joueurs subissent la situation en attendant que ça passe». Un état de fait qui fragilise la position de l’équipe au classement. à quatre journées de la fin, les Dragons quittent le top 5 qualificatif.

«ça fait mal, encore une fois. J’ai l’impression de me répéter mais c’est tout le temps, la même chose. On s’arrête de jouer, de défendre et notre indiscipline vient pourrir notre ambition. Nous encaissons un, deux, trois essais et après, nous avons l’impression que tout le monde baisse les bras. C’est impardonnable à ce niveau et le résultat parle tout seul, encore une fois» a glissé, dépité, le capitaine Rémi Casty qui pensait que l’issue serait favorable à l’heure de jeu. «Leeds écope d’un carton rouge à vingt-cinq minutes de la fin. Nous n’avons alors que huit points de retard et, à cet instant, nous nous sommes sûrement vu trop beaux. Leeds, poussé par ses fans, en a profité et à l’inverse de nous, ils ont couru partout. Ils se sont jetés sur tous les ballons et nous n’avons plus existé.»

Cinq essais encaissés en supériorité…

Aussi incroyable qu’inquiétant, c’est une fois réduits à douze, que les Rhinos ont planté cinq de leurs sept réalisations. Un tour de force difficile à vivre pour l’encadrement et les joueurs : «Encore une fois, on se tire une balle dans le pied. Pourtant, la préparation était bonne mais d’un coup, on s’arrête de jouer et il ne se passe plus rien», a essayé de résumer l’arrière Tony Gigot. Un discours qui a trouvé écho auprès du jeune centre Arthur Romano : «Nous étions vraiment chauds avant cette rencontre pour faire quelque chose. C’est dur à encaisser. Pourtant, à la mi-temps, nous revenons bien, il y a un bon discours à la pause et puis, c’est devenu n’importe quoi. Le problème n’est pas physique. On s’arrête de faire les choses comme il faut, on s’agace et nous finissons par perdre pied.» à une semaine de la réception de Londres et avant d’accueillir Hull KR et de finir à Wigan et à Huddersfield, la qualification relève du miracle pour une équipe qui enchaîne les désillusions.

Portée par neuf joueurs français, l’équipe a perdu gros à Leeds. Trop inconstante cette saison, elle ne mérite pas de rejoindre le top 5. Il est vrai que les blessures des Moa, Baitieri, Yaha, Broughton et Garcia et les suspensions de McIlorum et Tomkins n’ont pas arrangé les affaires. Pire, cette équipe est orpheline de ses leaders et on n’imagine mal les Dragons devenir constant sur les quatre dernières journées. Si la formation a de l’allure sur le papier, compte tenu des nombreux joueurs de talent qui la compose aujourd’hui, les Dragons ne jouent pas en équipe. Finalement, la meilleure chose qui puisse arriver aux Dragons, serait de ne pas se qualifier, pour réellement tirer les enseignements qui s’imposent, en axant le recrutement sur les carences de 2019. Une qualification ne ferait que masquer le mal en appliquant un pansement qui ne tiendrait pas longtemps en 2020.

Bruno ONTENIENTE
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