• Jérôme Garcès, arbitre international au coeur de l'oeil du cyclone
    Jérôme Garcès, arbitre international au coeur de l'oeil du cyclone PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Rugby Championship

Garcès sous pression

À peine le match terminé que le carton rouge était déjà contesté. L’arbitre français est déjà sous pression avant le Mondial.

Le match était à peine terminé que les observateurs néo-zélandais commençaient à se déchaîner contre Jérôme Garcès qui venait d’expulser Scott Barrett pour un coup de coude au niveau du cou de Hooper. Le NZ Herald et ses reporters à titre personnel ont twitté illico. Même Will Greenwood, l’ancien international anglais a pris position contre l’arbitre français : "M. Garcès se cache derrière les règlements ! S’il y a carton rouge dans ce cas, on peut en donner sur chaque regroupement." Gregor Paul, journaliste important, titrait : "Le carton rouge le moins mérité de l’histoire."

On le sait, ce n’est pas la première fois que les Néo-Zélandais s’en prennent à un directeur de jeu français. C’est même devenu un grand classique. Dans le cas de Garcès, cela prend un tour vraiment particulier car le dernier Néo-Zélandais expulsé avant Scott Barrett était Sonny Bill Williams lors du deuxième test contre les Lions britanniques et irlandais en 2017. Match arbitré par Jérôme Garcès. Lors du troisième test de cette fameuse tournée, c’est lui qui avait demandé à Romain Poite de revenir sur sa décision et d’annuler la pénalité de fin de match qui aurait pu offrir la victoire aux All Blacks. Et qui va officier pour le match des All Blacks face aux Sud-Africains lors du Mondial ? Jérôme Garcès, comme un fait exprès !

Les Néo-Zélandais vont commencer à avoir des cauchemars en entendant son nom… Mais on leur fait confiance pour lui mettre la pression et pour faire en sorte qu’il soit habité d’un esprit de compensation le 21 septembre à Yokohama. Si l’on prend un peu de recul, on se dit que les All Blacks appelleront la superstition à la rescousse. En 2011 et 2015, ils ont été champions du monde alors qu’ils avaient été devancés lors du tournoi sudiste qui précédait.

Conséquences sur la liste des trente et un ?

Steve Hansen et son staff en auront bien besoin si l’on se borne aux constats froids d’après-match. Jamais les All Blacks n’avaient encaissé autant de points face aux Wallabies, l’écart de vingt et un points égale aussi le précédent record entre les deux nations. Mais le carton rouge de Scott Barrett risque d’avoir de sérieuses conséquences. Ce dernier va devoir se présenter devant le tribunal disciplinaire de la Sanzaar et, si l’on se réfère au barème en cours, il devrait écoper d’un minimum de six semaines de suspension. Si la sanction porte sur six tests-matchs, faut-il prendre le risque de l’emmener pour jouer seulement à partir des quarts de finale ? Il est quasiment sûr qu’il manquera le premier match de Coupe du monde contre l’Afrique du Sud.

Cette absence, combinée à celle probable de Brodie Retallick (blessure à une épaule) va forcer Steve Hansen à repenser sa liste de trente et un. Il penchait pour un groupe ne comprenant que trois deuxième ligne (Whitelock, Retallick et Barrett). Privé de deux de ces joueurs, il va devoir prendre un autre deuxième ligne de métier qui sera sans doute Patrick Tuipulotu, même si ce dernier n’a pas convaincu lors de ses dernières sorties. Se reposer sur un joueur polyvalent comme Jackson Hemopo présente un très gros risque face au pack physique que les Boks ne manqueront pas d’aligner.

Le problème est que si Hansen est contraint de prendre cette option, il devra éliminer un de ses troisième ligne et, du coup, revoir le profils des joueurs qu’il amènera au Japon. Si Kieran Read, Sam Cane et Ardie Savea sont déjà dans l’avion, le quatrième larron ne serait pas celui prévu. La porte se refermerait sur un Liam Squire en phase de retour ou sur un Matt Todd (ferait-il suffisamment le poids ?). Et que dire des Vaea Fifita, Shannon Frizell ou Dalton Papali’i ? Ces malabars pourraient-ils à faire pencher la balance en leur faveur, malgré leur manque d’expérience internationale ? Fifita a déjà joué en deuxième ligne avec les Hurricanes tout comme Hemopo avec les Highlanders. Ces deux-là ont un avantage certain. La sélection pour le deuxième match face aux Wallabies samedi donnera des indications.

Jérôme Prévôt avec Jacques Broquet
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