• Première sortie réussie pour les Rochelais en amical, ici avec Pierre Bourgarit avec Thomas Jolmes au soutien, qui sont venus à bout des Clermontois. Photo Icon Sport
    Première sortie réussie pour les Rochelais en amical, ici avec Pierre Bourgarit avec Thomas Jolmes au soutien, qui sont venus à bout des Clermontois. Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Saga La Rochelle

La Rochelle : L’ombre avant la lumière

Le Stade rochelais débute cette saison avec un staff quatre étoiles et un statut de cador. Tapis dans l’ombre, les Rochelais ne peuvent pourtant plus se cacher. Car une nouvelle fois, il faudra compter sur eux dans la lutte au Bouclier de Brennus.

« On mesure le chemin qui nous reste mais on mesure aussi le chemin parcouru. On est frustrés mais la fierté est là. » Les mots du capitaine Romain Sazy à l’issue de la demi-finale perdue face au Stade toulousain (6-20, le 8 juin) résonnent encore dans la tête de tous les supporters rochelais. Depuis ? Plus rien, ou presque. À se mettre sous la dent, un bilan de fin de saison où les dirigeants maritimes ont notamment annoncé les trois recrues (Reda Wardi, Brock James et Facundo Bosch), ainsi que le nouvel entraîneur principal Ronan O’Gara. Pour les curieux, il faudra repasser. La Rochelle préfère se préparer à l’abri des regards, bien que bienveillants. Pourtant, les Golgoths de l’Atlantique peuvent être fiers de leur progression. À l’aube de leur sixième saison dans l’élite depuis leur remontée en 2014, un petit coup d’œil dans le rétroviseur s’impose. Deux demi-finales du Top 14 en trois ans, un premier quart de Champions Cup en 2018 et une finale de Challenge Cup la saison dernière face à Clermont (défaite 36-16 le 10 mai) : les résultats sont satisfaisants et la régularité a de quoi faire frissonner le voisin girondin.

On promettait aux Maritimes il y a un an le début d’une dérive dans les eaux troubles du championnat après le départ soudain de Patrice Collazo, il n’en fut rien. Xavier Garbajosa (désormais envolé à Montpellier) a tenu la barre avant de laisser le commandement progressivement au Néo-Zélandais Jono Gibbes, arrivé en novembre et qui a, au fil des mois, pris les choses en main sans jamais imposer, toujours en écoutant. À l’instar d’un jeune surdoué grillant les étapes mais gardant une humilité qui l’honore, le Stade rochelais se protège. De qui ? De quoi ? On l’ignore. Mais à l’heure de la surmédiatisation à outrance et au phénomène de "buzz", il faut reconnaître que cette discrétion loin des micros et des paillettes a le mérite d’exister. Et au diable la frustration. Ainsi, les Jaunards se sont préparés dans l’ombre mais ne se cachent pas. Il a fallu tout d’abord rencontrer le nouvel entraîneur Ronan O’Gara, débarqué des Crusaders après un nouveau titre glané en Super Rugby. Puis accélérer la préparation physique. Les arrivées du Néo-Zélandais Johnny Claxter (directeur de la performance) et Philippe Gardent (responsable de la préparation physique venu de Clermont) ont bousculé les habitudes en place et le stage commando à Collioure dans les Pyrénées Orientales fin juillet a été le point culminant du façonnage du nouveau projet rochelais.

L’ère Gibbes : acte I, scène II

« Je pense que c’est une bonne chose pour donner l’opportunité aux joueurs de mettre en place toutes les choses que nous avons travaillées durant l’intersaison. Qui était assez courte mais avec une grosse implication. » Avant le premier match amical contre Clermont, le manager Jono Gibbes était satisfait de l’application de ses hommes durant l’été. L’ancien coach de l’Ulster connaît là sa première préparation avec le Stade rochelais. En retrait la saison dernière, il a eu le temps d’observer, de mieux connaître ses joueurs et de façonner son nouveau projet. C’est désormais l’heure de ses vrais grands débuts comme capitaine de la caravelle rochelaise.

En restant fidèle aux principes de jeu des Jaune et Noir, symbolisés par un rugby offensif et de mouvement et portés par des trois-quarts rapides, la mission de Jono Gibbes et de son staff sera de trouver une régularité tout au long de la saison, qui a parfois fait défaut aux Jaune et Noir. On se rappelle notamment de la longe période creuse à l’hiver dernier après avoir débuté la saison en trombe. À quelques jours de la rentrée des classes, le Stade Rochelais a positionné ses pions sur l’échiquier du rugby français. L’esquisse est devenue un projet. Au temps désormais d’en déterminer sa réussite.

Paul ARNOULD
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