• Même s’il faut efficace au pied, c’est surtout dans l’animation que Nic White a montré tout ce dont il était capable et qu’il est fin prêt pour la Coupe du monde.
    Même s’il faut efficace au pied, c’est surtout dans l’animation que Nic White a montré tout ce dont il était capable et qu’il est fin prêt pour la Coupe du monde. Actionplus / Icon Sport - Actionplus / Icon Sport
Publié le / Modifié le
Rugby Championship

White s’offre les blacks

L’ancien joueur de Montpellier fut le brillant chef d’orchestre d’un succès inattendu des Wallabies. Ont-ils été vraiment brillants ou ont-il bénéficié du carton rouge reçu par Barrett ?

Il est parfois difficile de s’y retrouver dans ces étés d’avant Coupe du monde. Les équipes sont peut-être en mode préparation mais quand même, le tournoi des quatre nations sudistes reste un rendez-vous majeur. Et les Wallabies ne mégoteront pas sur leur exploit dans ce stade de Perth rénové, six essais infligés aux champions du monde néo-zélandais, même si l’expulsion de Scott Barrett (39e) leur a facilité la tâche. On retiendra de ce succès magnifique le doublé de Reece Hodge, le grand blond des Rebels, le bon retour du surdoué James O’Connor, après six ans d’absence, et la puissance des méconnus Isireli Naisarini et Lukhan Salakai-Loto en troisième ligne. Pour clarifier les choses, il faut préciser que ce dernier avait déjà joué pour l’Autralie… sous un autre nom. Il se faisait appeler Lukhan Tui jusqu’en octobre dernier.

Mais si l’on doit retenir un fait marquant de ce succès "historique" quant à son ampleur, c’est la performance du demi de mêlée Nic White. Le succès de l’Australie s’est articulé autour de l’ancien joueur de Montpellier et d’Exeter, qui avait décidé de jouer les animateurs à outrance, en collant au ballon et en faisant jouer sa vivacité sur chacune de ses prises de balle. Son entente avec Leali’ifano fut impressionnante et il a marqué lui-même un essai dès la reprise en profitant d’un déboulé surpuissant de Marika Korobeite. Derrière des avants vraiment dans un grand jour, il a passé quatre-vingts fois le ballon et l’a porté quatorze fois, toujours avec ce coup de rien qui donne de la vitesse au jeu. Par comparaison, Aaron Smith, son vis-à-vis, pourtant pas le premier venu, n’a passé que quarante-six fois la balle et ne l’a porté que deux fois. Nic White a réussi deux percées franches dans la défense adverse en échappant à cinq défenseurs au total.

Beau mano a mano en perspective avec Genia

Ces dernières semaines, Michael Cheika avait laissé entendre qu’il appréciait largement le style de ce demi de mêlée poids plume (80 kg à force de musculation), pas toujours apprécié à sa juste valeur au cours d’une carrière «intercontinentale». à Montpellier par exemple, il fut souvent barré par Benoît Paillaugue. Jake White, qui l’avait pourtant fait débuter en Super Rugby avec les Brumbies, ne lui fit soudain plus du tout confiance. Ceci dit, il fut mieux entendu à Exeter où il joua quand même deux finales du championnat anglais.

Michael Cheika avait une idée derrière la tête en le faisant revenir au pays l’été dernier et il l’avait trouvé très bon malgré la défaite initiale face aux Sud-Africains à Johannesbourg. Samedi, à Perth, il l’avait mis visiblement au cœur d’une stratégie destinée à électriser le jeu autour des points de rencontre avec comme objectif de resserrer la défense adverse. Et visiblement, la mission a été accomplie. «Notre jeu n’est pas encore en place mais nous sommes en bonne voie. Nous avons su contrôler le match et éviter de leur donner des ballons faciles à jouer. Notre jeu au pied a été maîtrisé. Mais au prochain match, tout peut changer et, s’il nous faut jouer au pied, nous taperons. Il faut savoir s’adapter en rugby…», confiait-il, tout sourire, après la rencontre. Il sait déjà que sauf blessure, il sera au Japon, avec un beau mano a mano en perspective avec Will Genia.

Sur le même sujet
Réagir