• Fabien Galthié lors d'un entraînement du XV de France à Marcoussis
    Fabien Galthié lors d'un entraînement du XV de France à Marcoussis Icon Sport / Icon Sport
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Edito

Balles neuves, balle à blanc

L'édito de Léo Faure... De prime abord, peu de choses ont changé. Julien Marchand blessé, Camille Chat est le remplaçant naturel au talonnage du capitaine Guirado, dont on saura bientôt plus sur la nature exacte de son absence. Le Racingman est donc titulaire. Certes disponibles, Iturria et Bamba ne se sont pas suffisamment entraînés et, logiquement, ils figurent hors du groupe. Dupont, Médard, Penaud et Fofana sont des évidences, de longue date, pour le staff en place. Jusqu’ici, rien ne bouge.

À y regarder de plus près, il y a pourtant bien des choses à dire sur cette première composition du XV de France, version « Coupe du monde ou presque ». Des premières pistes, pas encore des enseignements définitifs. Mais tout de même. On veut bien croire que Galthié est « un adjoint comme les autres » selon Jacques Brunel, il est aussi « un adjoint bientôt sélectionneur » selon l’évidence. Galthié n’a peut-être pas participé à l’élaboration de la première liste de 31 joueurs et 6 réservistes, comme le jure le patron gersois. Encore que. Mais il est désormais clair que son mot fut nettement plus présent au moment de coucher un premier XV de départ. Sinon, comment Ollivon et Cros, promis aux dépannages des réservistes, auraient subitement supplanté Camara dans la hiérarchie pré-établie des troisième ligne ailes ?

Galthié est en place avant l’heure, ce n’est plus un secret. Cela a rapidement sauté aux yeux des joueurs, dès les premiers entraînements de l’été. Son verbe est celui qui rythma la préparation des Bleus de France, de Marcoussis à Valence en passant par Monaco, où sa voix domina celle des autres - Brunel compris - tout au long des entraînements.

Galthié est-il le sauveur ? On n’en sait fichtrement rien. Le Japon livrera son verdict. Pour l’instant, on sait seulement que plusieurs choix sont signés de sa main. Picamoles qui sort du XV de départ, par exemple, alors qu’il était pleinement apte. Longtemps, « Pica » était considéré comme le meilleur 8 de France. D’une part, parce que son physique est hors-norme. D’autre part, parce qu’il était seul prétendant sérieux au poste.

Face à l’Écosse ce samedi, à Nice, c’est le jeune Rochelais Alldritt qui aura sa chance en troisième ligne centre. À ses côtés, à l’aile de la troisième ligne, Ollivon a impressionné ses entraîneurs, depuis sept semaines qu’a débuté sa préparation. Il peut également jouer huit, tiens donc.

Les deux joueurs, comme l’ensemble de ce XV de départ concocté par les Bleus sur la Côte d’Azur, ressemblent étrangement aux aspirations de Gatlhié. Beaucoup plus qu’aux inclinaisons de Brunel, qui avait repêché Bastareaud – avant de le fusiller – et alignait, dans le dernier Tournoi, un paquet d’avants pachydermique s’enregistrant comme le plus lourd de l’histoire du XV de France.

Voilà, le vent de nouveauté est venu. Comme pressenti et annoncé, les modifications de personnes, dans le staff, ont amorcé un changement de joueurs et de philosophie. Samedi, la rencontre face à l’Écosse livrera un premier verdict sur sa raison d’être. Une balle à blanc. Tirons-la avec ambition : il nous en reste si peu avant de voir Tokyo. 

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