• Camille Chat, remplaçant de Guilhem Guirado a fait plus que son devoir. Nous l’avons trouvé particulièrement percutant. Assurément il a marqué des points. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Camille Chat, remplaçant de Guilhem Guirado a fait plus que son devoir. Nous l’avons trouvé particulièrement percutant. Assurément il a marqué des points. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le / Modifié le
XV de France

Un homme dans le match : Chat marque son territoire

Le talonneur du Racing fut assez époustouflant en terme de dynamisme, de force et de puissance. La doublure du capitaine a maintenu ses positions.

Être la doublure du capitaine, à un poste aussi spécifique que celui de talonneur n’est pas un cadeau. Camille Chat vit cette situation depuis ses grands débuts en février 2016. Ça lui donne des statistiques particulières, vingt capes dont seize comme remplaçant. Un destin que l’Anglais Jamie George a également vécu dans l’ombre de Dylan Hartley. Ainsi, Camille Chat n’avait pas débuté un match en équipe de France depuis juin 2018 et la tournée en Nouvelle-Zélande (Guirado était laissé au repos). Depuis, il est revenu à son statut de numéro 2 des numéros 2, mais il a vu débarquer un nouveau concurrent, le Toulousain Peato Mauvaka, totalement inconnu il y a un an, mais propulsé par l’euphorie toulousaine. Depuis le début des stages, on parlait d’une vraie compétition entre les deux hommes…

À Nice, le joueur du Racing n’a pas laissé passer sa chance pour ce premier match de préparation facilité par la blessure aux côtes de Guirado. Chat fut l’auteur d’une première mi-temps assez époustouflante au sein d’un collectif dominateur. L’a-t-il entraîné ? A-t-il été entraîné par lui ? C’est le charme du rugby et des sports collectifs en général.

Mais le bilan de sa première mi-temps fut assez ébouriffant en terme d’activité. Sept fois, il a couru ballon en main, échappant à quatre défenseurs pour treize mètres parcourus, pas mal pour un joueur sollicité dans le trafic. En défense sa feuille de route fut parfaite : six plaquages réussis sur six. Idem pour la discipline : zéro pénalité concédée. Camille Chat eut encore quinze minutes supplémentaires pour s’exprimer en seconde période avec le temps de faire deux charges : une belle course dans l’espace à la 49e puis une progression toute en puissance, au ras dans un registre très direct dans un duel face à un avant écossais. Physiquement, le Racingman semblait alors à son zénith.

Quand il sortit à la 55e, son compteur personnel affichait 23 mètres parcourus, pour un joueur de première ligne c’est une vraie performance, neuf courses, 5 défenseurs battus, une passe classique et un huit sur huit en défense. Et pas la moindre sanction à signaler de la part de Nigel Owens. On peut aussi estimer qu’il fut pour quelque chose dans la supériorité de la mêlée tricolore.

La question de la touche

On n’ira pas jusqu’à dire que sa copie fut parfaite car, par trois fois, ses lancers en touche furent interceptés par les sauteurs adverses. Sur neuf lancers, le pourcentage n’est pas fameux. Peato Mauvaka, son successeur ne connut pas la moindre déconvenue dans ce domaine (mais en seulement vingt-cinq minutes, il n’eut que trois lancers à effectuer). Ce dernier trouva quand même le moyen de parcourir dix mètres, de réussir quatre courses, une passe plus un offload.

Mais c’est incontestable, Camille Chat fait incontestablement partie des satisfactions de cette soirée de samedi à un poste ingrat du fait de sa spécificité, mais où la pression est plutôt moindre. Il ne fait pas de doute que Jacques Brunel amènera trois talonneurs au Japon comme c’est l’usage. Camille Chat ne souffrira pas probablement pas le martyr en attendant le 2 septembre, mais il tâchera de conserver ses positions qu’il a acquises depuis trois ans. Le dynamisme, la puissance et la force sont de son côté. Il sait dans quel domaine, il doit patiemment se répéter ses gammes et passer du rôle du bélier à celui d’un orfèvre. C’est une spécificité de plus de ce poste de talonneur, plus délicat qu’on le pense. Dans le cas précis de cette équipe de France, il demande une vraie patience. Chat a tenu plus de trois ans, à l’affût dans le sillage de son "leader" il ne compte pas se faire doubler in extremis. On le comprend.

Réagir