• Romain Barthélémy (Bayonne)
    Romain Barthélémy (Bayonne) Midi Olympique / Midi Olympique
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Entretiens

Barthélémy : « Ce qu’on a réalisé est beau ! »

Midi Olympique : Aviez-vous imaginé une victoire à Paris ? L’aviez-vous dans un coin de la tête ?

Romain Barthélémy : Franchement non. On est simplement venu à Paris sans pression, face à une équipe de haut de tableau qui se qualifie chaque saison, avec l’envie de faire un bon match de rugby. On pensait avoir plus de pression samedi prochain face à Clermont pour une première à domicile. Finalement, ça s’est bien passé.

À quel moment avez-vous cru en la victoire ?

R.B. : En début de deuxième mi-temps. Ils mènent 17 à 7 et dans leurs temps forts, ils n’arrivent pas à marquer. Là, on se dit qu’ils ont raté le coche. S’ils avaient fait le break, ça aurait été compliqué pour nous. Mais, derrière, on arrive à marquer des pénalités sur leur indiscipline. C’est le tournant.

Comment avez-vous vécu justement votre rôle de buteur ?

R.B. : Je n’avais quasiment pas buté depuis l’époque où je jouais en jeunes à Toulon. J’avais de la pression. Les pénalités n’étaient pas non plus compliquées.

Ce sont celles-là qui sont peut-être les plus difficiles ?

R.B. : Oui, peut être. Mais un buteur, c’est important. Il faut qu’on arrive à être performant sur ce secteur. C’est une arme de plus.

Comment avez-vous vécu cette joie de fin de match ?

R.B. : Il faut aussi rester humble et lucide. Il n’y a eu qu’un match. Bien sûr, on était content. Ce qu’on a réalisé est beau. Il faut passer tout de suite à autre chose.

Cette joie était-elle comparable à celle des phases finales de la saison dernière ?

R.B. : Quand même pas, surtout à celle d’Oyonnax et celle du titre. C’était plus fort.

Vous êtes restés dans le droit fil de la saison dernière sur le plan du jeu…

R.B. : Oui. On essaie d’être dangereux sur toutes les zones du terrain, avec des lancements de jeu travaillés à l’entraînement. Sans pression, c’est aussi plus facile de jouer. Samedi sera un match totalement différent. Mais on est dans la lignée de la saison de Pro D2.

Avec toujours une bonne défense.

R.B. : Oui, c’était notre point fort avec la discipline. Au Racing aussi, on a joué à quinze tout le match. En défense, on a été particulièrement performant.

Encaisser cet essai en fin de match aurait suscité quel sentiment ?

R.B. : Au pire il y avait match nul. C’est bizarre, jusque-là, on n’avait pas été inquiet. On s’est fait peur mais on a montré qu’on était courageux et solidaire. On n’a rien lâché.

Yannick Bru disait que le plus dur était d’intégrer les nouveaux. Cette victoire est-elle bienvenue pour souder le groupe ?

R.B. : Les groupes se construisent dans les victoires, pas dans les défaites ou les soirées. C’est le terrain. Ça prend ou ça ne prend pas. La victoire, c’est l’idéal pour créer un groupe.

Quelle est votre vision de la suite et, plus près, de la réception de Clermont ?

R.B. : Il ne faudra pas dilapider ce succès. Ce sera un match vraiment compliqué et différent. Beaucoup de suiveurs nous voient déjà en Pro D2. On va se battre sans complexe. L’objectif est de n’avoir aucun regret en fin de saison.

Avez-vous conscience d’avoir donné l’image d’une équipe confirmée de Top 14 plutôt que de promue ?

R.B. : On a fait, c’est vrai, un bon match. Mais face à un Racing diminué. On reste les pieds sur terre.

Avez-vous particulièrement fêté ce succès ?

R.B. : On a partagé notre joie au stade avec les supporters. On a fait quelques sauts ensemble avec eux comme en phases finales et comme si on était à Bayonne On a ensuite profité un peu entre nous à l’hôtel. Simplement. Il faut basculer vite sur Clermont.

À titre personnel, c’est une semaine riche pour vous…

R.B. : Je n’avais disputé que quelques matchs en Top 14 avec Toulon, il y a dix ans. Le niveau a évolué. Je vis quelque chose d’exceptionnel. Maintenant, il faut y rester. Et puis, ma femme vient juste d’accoucher d’une petite fille. Une semaine idéale…

Edmond LATAILLADE
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