• Les Bayonnais sont tout à leur joie : l’Aviron, fraîchement promu en Top 14, signe déjà le premier exploit de sa saison. Et prend un départ idéal.
    Les Bayonnais sont tout à leur joie : l’Aviron, fraîchement promu en Top 14, signe déjà le premier exploit de sa saison. Et prend un départ idéal. Photo Julien Poupart / Photo Julien Poupart
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Top 14

Bayonne : Taillé pour le Top 14

Dans la droite lignée du jeu produit l’an passé en Pro D2, l’Aviron a fait preuve d’audace pour créer la surprise lors de sa première apparition en Top 14. Explications.

Par définition, un promu, c’est ce club à qui l’on promet l’enfer. Celui vers qui tous les pronostics se tournent lorsqu’il s’agit de désigner les équipes qui vont lutter pour éviter la relégation. C’est aussi la formation qui se réfugie trop souvent dans un jeu minimaliste, frileux, reposant sur du combat, des valeurs et un peu de jeu au pied. Évidemment, on caricature. On exagère. Comme pour mieux souligner la performance de l’Aviron bayonnais. Dans la droite lignée de sa fin de saison, le club basque, sacré champion de France à l’étage inférieur, a fait preuve d’audace et de maturité pour créer la première surprise de la saison. Et pour cause. Qui aurait parié sur une victoire bayonnaise avant la rencontre ? Que les menteurs lèvent le doigt.

Pourtant, ce succès ne souffre d’aucune contestation. D’abord, les joueurs de Yannick Bru ont affiché une très bonne organisation défensive. À l’exception de l’essai de Juan Imhoff, inscrit en première main derrière une mêlée, où on laissa l’Argentin quasiment sans opposition sur son aile, les Bayonnais n’ont que très peu été pris à défaut. Les statistiques affichent quatorze franchissements du premier rideau. Seulement, à l’instant de concrétiser les Racingmen se sont heurtés à une volonté de ne rien lâcher de la part des Bayonnais. Tout sauf un hasard. L’an passé, Bayonne avait déjà été couronné meilleure défense de Pro D2.

Le jeu pour s’imposer durablement

Ensuite, c’est sur le plan offensif que les Basques ont impressionné. Antoine Battut et ses partenaires n’ont pas montré le visage timide et frileux habituel d’un promu. Au contraire. À plusieurs reprises, ils ont cherché à remonter le terrain à la main, faisant passer le ballon d’un aile à l’autre avec une certaine aisance. À ce jeu-là, des garçons comme Peio Muscarditz ou encore Aymeric Luc qui se sont révélés en Pro D2, n’ont pas eu à rougir de la moindre comparaison. Jouer dans son camp, se faire des passes devant ou dans le dos de la défense, prendre des risques, voilà ce que l’Aviron a montré à «Paris La Défense Arena». Des attitudes qui n’ont rien de caractéristiques d’un club promu. «On a essayé de jouer avec nos armes, a commenté Antoine Battut. Qu’on soit en Pro D2 ou en Top 14, quelque soit le statut de l’adversaire, on regarde d’abord si le fond du terrain est occupé. Si il l’est, on ne va pas donner le ballon. Si il ne l’est pas, on peut alors jouer au pied. On a fonctionné ainsi l’an dernier, on n’a rien changé cette saison.» Et ça réussit plutôt bien. Un exemple ? Si le premier essai inscrit par le demi de mêlée australien, né en Nouvelle-Zélande, Michaël Ruru doit beaucoup à la rage et aux multiples raffûts de Djibril Camara, il est aussi le fruit de beaucoup de maîtrise. Un essai qui a pris naissance dans les quarante mètres basques. Idem pour l’essai de la victoire signé Aymeric Luc. Le jeune arrière a conclu une action débutée dans le camp bayonnais, même si force est de souligner que les Racingmen étaient alors en infériorité numérique (carton jaune de Tanga-Mangene, N.D.L.R.). «L’an passé, c’était une force de l’Aviron de beaucoup jouer, de prendre des risques, se souvient Jean Monribot, qui portait alors les couleurs du RC Toulon. Aujourd’hui (samedi), on a parfois été euphoriques en jouant beaucoup de ballons.» Une performance qui n’est pas sans rappeler celle aperçue en demi-finale de Pro D2 l’an passé contre Oyonnax, pourtant favori pour la montée en Top 14. «À la mi-temps, on s’est dit la même chose, raconte d’ailleurs le trois-quarts centre Peio Muscarditz, qu’il fallait y croire, que si on marquait des points, l’équipe en face pouvait douter.» «Quand on monte de Pro D2, on a forcément plein de rêves, reprend Djibril Camara. Mais on doit surtout jouer les matchs sans complexe. Aujourd’hui, c’est ce qu’on a fait !»  Clairement, à l’issue de cette rencontre, le sentiment dominant est que cette équipe a le jeu pour s’imposer durablement en Top 14. La question de la profondeur de l’effectif se posera plus tard. Et de façon inévitable.

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